
Avec l’assassinat d’Ali Larijani, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, le potentiel d’un accord entre les États-Unis et l’Iran s’est effondré. Israël ne vise pas une désescalade du conflit avec l’Iran. Ce n’est pas à l’ordre du jour.
« Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a été assassiné dans une frappe menée par les États-Unis et Israël », a rapporté Observateur Continental.C’était le dirigeant de facto du pays après la mort de l’ayatollah Khamenei. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré qu’Israël « avait, en réalité, déjà gagné la guerre », mais il n’a donné aucune indication quant à la date à laquelle le conflit pourrait prendre fin, se contentant de préciser que la campagne se poursuivrait jusqu’à ce que ses objectifs soient atteints.
Avec l’annonce de l’assassinat du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, Gideon Saar, a commenté à sa manière : « Il a été annoncé une récompense de 10 millions de dollars. Nous l’avons fait gratuitement ». Le ton moqueur de la formulation trahit qu’il existe autre chose que seulement un rapport militaire.
En tout cas, le négociateur d’un accord de paix entre l’Iran et Israël a été assassiné ; le détroit d’Ormuz est fermé ; le prix du baril de pétrole a atteint des sommets entre 115 et 119 dollars dans la journée du 19 mars selon Trading Economics. Pour rappel, Larijani a joué un rôle clé dans les tentatives diplomatiques avec les États-Unis début 2026. Et c’est pendant ces négociations que l’attaque israélo-américaine a eu lieu.
L’axe israélo-américain a assassiné celui qui avait une analyse pragmatique de la situation. Les ultraconservateurs iraniens ont bloqué pendant des années ses ambitions présidentielles. C’était une personne qui était capable de penser de manière pragmatique. C’était un intellectuel de haut niveau, un philosophe. Il a écrit des livres sur Kant. Il était prêt pour l’accord et il savait comment le conclure.
En 2015, c’est lui qui a apporté son soutien à un accord nucléaire avec Obama au Parlement iranien, lorsque les députés à la direction ont crié que tout traité avec l’Amérique était une trahison. L’axe israélo-américain a éliminé celui qui pouvait aider à terminer cette guerre au Moyen-Orient.
Alors pourquoi donc tuer celui qui pouvait garantir la réalisation d’accords avec les États-Unis et Israël ? N’y a-t-il pas à la volonté claire de ne pas avoir la paix pour justifier une guerre contre l’Iran ? Larijani était l’homme à qui la Maison Blanche pouvait parler. Des gens avec qui les États-Unis ont déjà parlé dans le passé.
Avec la mort de Larijani, personne ne sait qui détient le pouvoir en Iran. Donald Trump, apparemment, s’est engagé dans cette guerre avec un plan d’affaires. Il a misé sur un coup rapide pour décapiter le gouvernement iranien dans l’idée de remplir ensuite un vide dans le pouvoir par des pragmatiques qui sont prêts à travailler avec Washington.
Il pensait réaliser le scénario vénézuélien : enlever Maduro, mettre un fidèle successeur pour obtenir du pétrole. Il n’y a pas de remplaçant de Larijani et cela va dans les intérêts d’Israël après avoir entraîné Trump dans un piège. Chaque fois que les États-Unis et l’Iran approchaient de l’accord – en 2015, en 2022, au début de l’année, lorsque des négociations sur le dossier nucléaire étaient en cours à Genève – Israël faisait tout pour le perturber. Netanyahou a personnellement parlé au Congrès américain contre l’accord d’Obama. Israël a été le premier à frapper lorsque Téhéran et Washington auraient été proches d’un accord-cadre.
Les « signaux alarmants » augmentent à l’intérieur de l’administration Trump. Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, un vétéran de onze missions militaires, un homme que Trump lui-même a qualifié de « chasseur terroriste » – a démissionné. « Après mûre réflexion, j’ai décidé de démissionner de mon poste de directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, avec effet immédiat », a-t-il annoncé sur X. Dans sa lettre de démission, il écrit : « Je ne peux, en bonne conscience, soutenir la guerre en cours en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain ».
Avec l’assassinat de Larijani, la possibilité d’un accord entre les États-Unis et l’Iran s’est envolée. Et si l’on suit la logique d’Israël qu’elle met en avant depuis trois semaines, les prochains sur la « liste noire » sont Abbas Araghtchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, et Masoud Pezeshkian, le Président de la République islamique d’Iran. L’assassinat de Larijani montre bien que la guerre ne prendra fin que lorsque l’Israël en décidera ainsi — et non Trump.
Philippe Rosenthal
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