
Le 8 mars dernier, nous disions qu’il n’est pas forcément clair pour tout le monde que le royalisme est parfaitement d’actualité, vous conseillant alors pour le mieux connaître de vous intéresser aux parutions des éditions de Flore. Aujourd’hui, c’est vers d’autres éditions que nous vous renvoyons pour en apprendre toujours plus.
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Alors que les Editions de Flore rééditent les textes classiques de la doctrine « néo-royaliste » et se proposent d’en montrer la fécondité en poursuivant la réflexion à travers des d’essais et des études savantes, l’objectif de Midi blanc-éditions est autre.
Son fondateur, Morgan Cordier, précise qu’elles œuvrent à la diffusion de la pensée royaliste non par des livres mais par de petites brochures de propagande en collaboration, pour certaines, avec la Nouvelle revue universelle. Elles publient aussi les actes des colloques qu’elle organise en Provence. Par leur prix modique, de 2 à 5 euros, ces brochures sont particulièrement adaptées aux nouveaux militants. Elles sont disponibles sur le site de la Librairie de Flore ou directement à l’adresse midiblancprovence@gmail.com.
Après Regard de royalistes sur l’économie et La noblesse française, un héritage actuel, la brochure qui fut éditée ensuite, dans la collection « tiré-à-part », est Maurras : poétique d’abord ? d’Olivier de Lérins, collaborateur des mensuels Le Bien Commun et Politique Magazine.
Olivier de Lérins, doctorant en philosophie à l’Institut catholique de Paris, est une des principales signatures du Le Bien Commun, où il assure notamment les grands entretiens. Il est par ailleurs responsable et animateur des conférences du Cercle de Flore.
Dans cette brochure, Olivier de Lérins nous rappelle que l’éminente place de la poésie dans la vie de Maurras est une réalité bien connue. Quand, au petit matin, il quittait l’imprimerie de l’Action française, il retournait chez lui en traversant la Cour carrée du Louvre et le pont des Arts, puis longeait la Seine en se récitant les milliers de vers retenus par sa stupéfiante mémoire. Et c’était aussi le moment où il composait ses propres poèmes, les polissant sans cesse et les repolissant, en leur confiant ses pensées intimes, ses tendresses, ses angoisses nées de la perte des êtres chers, son inquiétude devant la précarité des choses et l’incertitude de nos destinées, et surtout les vulnérabilités de sa « déesse » la France. C’est par là que l’on peut très naturellement rejoindre la démarche d’Olivier de Lérins. Depuis la parution en 1925 de la Musique intérieure et sa célèbre préface, la question de la relation entre poétique et politique chez Maurras a agité les meilleurs esprits. C’est dans une tradition illustrée notamment par Pierre Boutang qu’Olivier de Lérins s’inscrit ici, une tradition qu’il contribue à garder vivante en la formulant à l’intention des jeunes générations. C’est à de jeunes Périgourdins – partagés entre baudelairiens et bainvilliens – que s’adressait Maurras quand il écrivit un petit texte particulièrement pénétrant intitulé « Entre Bainville et Baudelaire » (dans Critique et Poésie) : « Ô jeunes gens et jeunes filles, leur disait Maurras, il y a deux chemins, celui qui pend et mène aux lieux inférieurs (…) et celui qui monte, celui des hommes, des citoyens, des pères et des mères de la patrie, tous et toutes de fort bons lettrés, mais non décadents : renaissants ». Sa critique, toute en nuance mais sévère, du « mauvais enchanteur » Baudelaire ne l’empêchait pas de rappeler que le poète des Fleurs du mal avait fait sienne la critique de la démocratie du poète américain Edgar Poe, dont il fut le grand traducteur. Mais, tout en respectant le choix de ses jeunes interlocuteurs, Maurras les incite à prendre une autre voie, en suivant le haut exemple de recherche de la perfection de Bainville, qui mêlant, lui aussi, poétique et politique, acheva sur ces mots son discours de réception à l’Académie française, en 1935 : « Pour les renaissances, il est encore de la foi ».
Des mots que le regard d’Olivier de Lérins ne peut qu’inciter à méditer.
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