
À Bélâbre, le maire sortant est évincé
Et ce dimanche 15 mars, la sanction est donc tombée. Emmanuel Moyrand et sa liste « qui compte dans ses rangs d’anciens opposants au CADA », rappelle la presse locale, remportent l’élection municipale au premier tour, avec 50,97 % des voix, soit neuf voix de plus que la liste menée par le maire sortant. Même si Emmanuel Moyrand n’a jamais pris publiquement position sur le sujet du centre pour migrants, il n’a pas manqué de dénoncer « la méthode utilisée » par l’ancien édile pour tenter d’imposer le CADA aux habitants de la commune. À la suite des résultats du scrutin, Laurent Laroche a annoncé, sur ses réseaux sociaux, son intention de « cesser l’ensemble de [s]es fonctions électorales et associatives ».
Pour les opposants de la première heure au projet de CADA, ce résultat est avant tout un « vote sanction » contre l’ancien maire. « Ce résultat permet d’évincer Monsieur Laroche, qui méritait d’être face aux conséquences de ses décisions passées », note l’Union bélâbraise, l’une des principales associations d’opposition à l’ouverture du centre.
Des listes qui réalisent de belles percées
À Châteauneuf-Grasse (Alpes-Maritimes), également, le débat autour du centre pour migrants dans cette commune de 1.500 habitants n’a pas manqué d’influencer la campagne des municipales. Dans ce village, le centre pour migrants, imposé à la municipalité, engendre, selon plusieurs témoignages, des craintes, des incivilités et des nuisances. Face à ce constat, Cyril Malbert, l’un des principaux opposants au centre, a décidé de créer une liste pour continuer son combat dans les urnes. Si le maire sortant, Emmanuel Delmotte, est réélu dès le premier tour, avec 66,48 % des voix, la liste menée par Cyril Malbert réalise une belle percée, avec plus de 33 % des suffrages, et obtient quatre sièges au sein du conseil municipal. « Notre équipe siègera désormais au conseil municipal pour représenter les habitants qui nous ont fait confiance », promet le nouvel élu, qui assure « rester mobilisé pour la commune ».
À Callac (Côtes-d’Armor), autre commune devenue un symbole de la lutte contre l’immigration en France, le maire sortant, qui avait porté un projet d’accueil de migrants – projet, finalement, abandonné, suite à une large mobilisation -, n’a pas, non plus, été réélu. Une liste de « changement » lui succède. Dans cette ville bretonne, les tensions restent toujours vives. L’une des principales figures de l’opposition au projet Horizons explique, ainsi, ne pas avoir pu déposer de liste car ses colistiers recevaient, selon elle, des « pressions et menaces ».
Enfin, à Uzerche (Corrèze), commune vantée par les médias pour son accueil « réussi » de demandeurs d’asile depuis près de dix ans, une liste portée par le Rassemblement national, qui pose la question du maintien ou non de ce centre pour migrants, a réussi à se qualifier pour le second tour (10,71 %) – une première ! Preuve que le débat n’est pas encore totalement clos, dans cette ville…
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