
Combat royaliste 117
Par Philippe Germain
La lecture de cette rubrique doit être précédée de celle desCR113, CR114, CR115 et CR116.
Une fois le prétendant capétien démophile placé à la tête du pouvoir par le dictateur, il procédera à la reconstruction de la francité.
L’identité historique française, disons la francité, a subi un ébranlement général avec l’urbanisation forcée, la disparition de la paysannerie comme de la classe ouvrière, l’exchristianisation populaire, la décolonisation accompagnée d’un excessif repli hexagonal, l’abandon de souveraineté à l’Europe et une immigration de peuplement essentiellement maghrébine et musulmane. À l’érosion de l’identité nationale a correspondu la montée en puissance d’identités sociales, nourrissant chacune son imaginaire, sa mémoire affective, émotionnelle, souffrantes et donc revendicatives. La cathédrale France est non seulement fissurée, mais archipelisée explique le sociologue Jérôme Fourquet. Pendant deux mandats, pour éviter l’effondrement de la francité, le dictateur n’aura que jeté une bâche de fortune sur elle. La chimère serait d’espérer opérer sa reconstruction d’en-bas, par la libre réaction du pays réel esclave des partis parlementaires.
L’indispensable reconstruction de la francité ne pourra se faire que par en-haut, moyennant le mélange de diplomatie et d’autorité par la truelle d’un pouvoir pensant chrétien et agissant français. Le prétendant commencera par refaire du citoyen français, métropolitain ou d’outre-mer, un être responsable. Pour cela, il réinventera nos institutions politiques à partir de ce qu’il trouvera au cœur de l’histoire de France qui permette de régénérer nos pouvoirs locaux et de réduire l’État providence infantilisant. Il inversera l’architectonique de la société en mettant en place un régime qui, expliqua Charles Maurras, sera celui de l’ordre conforme à la nature de la nation française et aux règles de la raison universelle. Ce régime politique sera le contrepied de l’ordre républicain car il placera les libertés en bas et l’autorité en haut. L’administration sera républicaine puisqu’elle doit servir le public et le gouvernement monarchique puisqu’il doit gouverner. La formule de la constitution royaliste sera : l’autorité en-haut, en-bas les libertés. C’est la formule de lamonarchie fédérale avec les républiques autogestionnaires fédérées.
En dehors de cette formule simple et des lois fondamentales du Royaume, nous ignorons ce que sera le Gouvernement royal. S’évertuer à mettre en forme une constitution monarchique relèverait d’un délire théoricien. En revanche, il est probable que les institutions d’une francité post-moderne, adaptées aux exigences de la technologie et de la démographie, ressembleraient davantage à ce qu’elles furent avant 1789 qu’à ce qu’elles devinrent depuis.
Certes, l’opinion, la doxa grecque, pourrait être hostile à la monarchie restaurée mais l’inconscient collectif national ? Cette nostalgie du roi, analysée par Philippe Ariès le fondateur de l’histoire des mentalités. Cette survivance mal connue autour de trois composantes essentielles : le roi est le père, l’enracinement dans le passé grâce à l’hérédité, la monarchie comme gouvernement d’un seul. Longtemps tenues à l’écart sous le régime des partis, elles auront eu tendance à se répandre. Sous des formes dégradées, elles pourraient devenir contagieuses et sans provoquer de refus, revenir subrepticement dans la vie quotidienne.
De plus, l’éloignement du dernier règne donnera à son rétablissement l’attrait du neuf auprès du pays réel ayant ressenti le vertige de sa propre disparition pour faire appel au sauveur de l’héritage. Devant le sentiment de vide, comment ne pas imaginer que certains se rappellent alors qu’il existe une dynastie dont la spécialité et la raison d’être est la reconstruction du pays ? Le peuple pourrait même finir par établir une convergence avec le descendant des bâtisseurs originels de la France.
Quelques concepts : Mondialisme, post-nationalisme, multipolaire, Frexit, géopolitique, Occident, Civilisation, antisionisme, race, créolisation, outre-mer, Dissuasion, Régime, populisme, europhilie
Quelques expressions : « pays légal », « gouvernement des juges », « régime des partis« , « crise de Régime », « dictature préalable », « droit du sang », « ennemis extérieurs », « cathédrale France », « nationalisme intégral »
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