
Vulnérables et sans ressources, ces jeunes exilés tombent facilement entre les mains des trafiquants. À Toulouse comme ailleurs, différents acteurs parlent d’une « délinquance de subsistance », faute de prise en charge adéquate, en augmentation depuis 2019.
C’était en novembre 2025, à Grenoble. Un jeune Algérien a failli perdre la vie alors qu’il faisait le chouf, le guetteur, sur un point de deal. Âgé de 13 ans, il avait été confié à l’aide sociale à l’enfance (ASE), avant de tomber entre les mains du trafic et de fuguer. Comme lui, des mineurs étrangers sont devenus les petites mains des réseaux de trafic de drogue. Le phénomène est observé dans différentes villes de France depuis au moins 2019.
« Ça a commencé à Marseille ; les juges me confiaient voir de plus en plus de MNA », sigle qui désigne les mineurs non accompagnés étrangers, explique le sociologue Olivier Peyroux, spécialisé dans les migrations et la traite d’êtres humains, et directeur de l’association Trajectoires.
La migration fonctionne bien souvent en lien avec la diaspora locale. C’est ainsi que la ville de Toulouse, où existe déjà une communauté algérienne, a vu débarquer des jeunes venus de Mostaganem (aux environs d’Oran). Ils arrivent en France en espérant séjourner chez un membre de leur famille, sans pouvoir s’y établir. « Ils vont se rapprocher de membres de la diaspora, et tomber sur des gens plus ou moins bienveillants. » Confrontés à la rue, ils sont dirigés vers des squats et poussés à la consommation de médicaments très addictifs, tels le Lyrica ou le Rivotril. Un cercle vicieux se dessine.
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