L’émancipation des femmes n’a été possible qu’en collaboration avec les hommes : le grand déni féministe

« Protège ta fille, éduque ton fils », « Les fusiller tous, pour n’en éduquer aucun », les pancartes brandies lors des manifestations du 8 mars sont toujours plus misandres et violentes. Et une journée internationale instituée pour célébrer le droits des femmes et mettre en lumière les problématiques restantes, s’est muée en cirque menbashing. Ce qui est très regrettable puisque l’émancipation des femmes a été réalisée en collaboration avec les hommes. Une réalité insupportable au féminisme antagoniste qui  fait de la guerre des sexes son fond de commerce.

En Europe et plus largement en Occident, l’émancipation des femmes a été acceptée et accompagnée par les hommes. Même si cette affirmation n’enlève rien au génie ou à la force combative de femmes qui se sont levées contre des injustices, c’est là une des réalités les plus insupportables aux féministes 2.0.

Quand en 1965, la Sicilienne Franca Viola refuse publiquement le « mariage réparateur » avec son violeur – une abominable coutume profondément ancrée dans l’Italie jusqu’alors – et que ce dernier, au lieu d’échapper aux poursuites est condamné à onze ans de prison, elle accomplit un acte révolutionnaire qui participe au changement de regard que l’on portait alors sur le viol. Elle fait évoluer les mentalités. Mais elle n’a pu le faire que parce qu’elle a trouvé un écho favorable au sein de la gent masculine. Malgré les pressions (menaces de mort, incendie de sa ferme, destruction de ses vignes..) et contre les usages de l’époque, le père de la jeune fille a refusé le mariage réparateur avec la plus grande fermeté et soutenu sa fille dans son recours à la justice. Trois juges, Giovanni Giovanniello, Ludovico Giustolisi et Salvatore Cassata, émirent une sentence historique choisissant de ne pas appliquer l’extinction du délit par le « mariage réparateur » comme prévu par l’article 544 du code civil italien de l’époque. Quelques années plus tard, en 1981, une majorité de parlementaires masculins votera l’abrogation de cette pratique.

Le rappeler n’enlève rien au combat de Franca Viola. Mais, il est aussi nécessaire de souligner que si elle avait été confrontée à un mur de misogynie, son sort aurait été identique à ceux des victimes qui, des pays d’Afrique noire à l’Afghanistan, sont si stigmatisées – lorsqu’elles ne sont pas accusées de « crimes moraux » – et les agresseurs tellement peu inquiétés, qu’elles évitent de porter plainte ou sont contraintes d’épouser leur bourreau (le mariage réparateur étant encore en vigueur dans une vingtaine de pays).

Dans son ouvrage « Où en sont-elles, esquisse d’une histoire des femmes« , l’anthropologue spécialisé dans l’étude des structures familiales affirme que chez nous : « aucun affrontement révolutionnaire sanglant n’a été nécessaire pour ouvrir la voie à l’émancipation éducative et sexuelle des femmes, tout simplement parce que les hommes – maris, pères ou frères – y trouvaient leur compte. »

Ce compte étant, pour l’anthropologue, la constitution d’une famille de parenté bilatérale, où le père et la mère sont tous deux investis dans l’éducation de leurs enfants. Un modèle familial qui a fait les preuves de son efficacité puisque les sociétés où la femme n’est pas enfermée sont historiquement plus performantes.

Qu’il ne soit pas avantageux pour les hommes à nos latitudes de dévaloriser la femme, pour un succès sociétal ou parce que cela est inscrit dans leur ADN, il n’empêche que, comme le rappelle Emmanuel Todd : « L’absence d’un refus masculin sérieux et solide aura été un élément fondamental de l’évolution anthropologique [que représente l’émancipation des femmes]. Je serais tenté de dire que la destruction du patriarcat fut facile chez nous parce qu’il n’y avait jamais vraiment existé. »

Voilà qui plaira difficilement aux féministes les plus aguerries. C’est pourtant une réalité qui mériterait d’être davantage reconnue, histoire d’en finir avec cette stérile et contre-productive guerre des sexes qui nous meurtrit.

Et parce que « nous sommes dans une situation où devrait dominer une réflexion amicale et réformiste, en aucun cas une perception des hommes comme des assassins. »

Audrey D’aguanno

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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