
Par Philippe Germain
La lecture de cette rubrique doit être précédée de celles des CR113, CR114 et CR115.
Une fois le processus de dissolution de la francité enrayée, le dictateur butera sur le manque d’autorité de la Ve République tant sur la souveraineté que s’agissant de l’impartialité et la légitimité. C’est pourquoi, incapable de passer de l’épée à la truelle de la reconstruction, le dictateur devra réaliser une révolution gantée pour assurer le transfert du pouvoir suprême au prétendant capétien. Eh oui, le sauveur, cet inconnu non prévu par les fabriques d’opinion, aura été associé au malheur, comme Louis XVIII a pâti de ce mécanisme de sauveur-réprouvé.
D’autant que la République n’est pas irréversiblement installée sinon pourquoi s’alarme-t-on à ce point dès qu’on la croit menacée ? D’ailleurs, le définitif est provisoire comme l’expérience l’a encore prouvé lorsque Leningrad est redevenue Saint-Pétersbourg alors que les intellectuels français affirmaient le communisme inéluctable. Voilà pourquoi la résurgence de la royauté en France n’est ni plus ni moins impossible que l’était la disparition du Mur de Berlin. En tout cas elle est envisageable.
Le prétendant actuel, Jean IV comte de Paris, est le continuateur d’une lignée éminente dont les chefs n’ont cessé de lutter pour reprendre le pouvoir. Ce fut le cas du comte de Paris Philippe VII aux élections de 1885 puis derrière le général Boulanger en 1889. Le cas ensuite du duc d’Orléans Philippe VIII lors de l’Affaire Dreyfus en 1899. Celui également de son successeur Henri VI comte de Paris poussant l’Action française dans la rue en 1934, puis lors du débarquement américain de 1942 à Alger et, enfin, avec le général De Gaulle pour la présidentielle de 1965. Six coups de force dont certains près du but. Aujourd’hui, alors que 43 pays ont un monarque comme chef d’État, Jean IV affirme la même volonté car, dit-il, cette histoire qui se confond avec celle de la France lui crée des devoirs et son grand-père Henri VI a voulu qu’il soit en mesure de les accomplir si le destin l’y conduit. Le prétendant assure avoir une perception aiguë de son devoir et de ses responsabilités. Il écrit être dans les mêmes dispositions d’esprit que son grand-père qui a toujours cru possible un retour de la monarchie. D’ailleurs, il précise : « Qui sait ce qui peut arriver ? Notre pays doit affronter depuis plusieurs années une profonde crise de structures ».
D’autant que les tentatives de restauration ne furent pas toutes des échecs si on se souvient de celle de 1814 réalisée avec succès par Talleyrand sous l’inspiration d’Aimée de Coigny, surnommée Mademoiselle Monk par Maurras. En revanche, les expériences démocratiques finissent toutes en échecs : Ire République, Ier Empire, IIe République, second Empire, IIIe République, État français et IVe République. Certes, le retour du roi rencontrera des oppositions car dans son ensemble le peuple se croit républicain, mais une conversion générale de l’opinion au royalisme n’est pas une condition indispensable à l’arrivée d’un capétien au pouvoir. Seule l’absence de rejet massif est une condition nécessaire. La route de l’aventure capétienne est donc bel et bien ouverte.
https://www.actionfrancaise.net/2026/03/10/combat-royaliste-116-un-pretendant-qui-pretend/
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