La plus grosse crise mondiale à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz menace de totalement asphyxier et de détruire l’UE et de réduire la puissance de l’Occident, dont les États-Unis. Le détroit d’Ormuz devant l’Iran représente 20% de la consommation mondiale de pétrole et un cinquième du gaz naturel liquéfié.
Les conséquences globales en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz sont en train de se voir en France avec la montée du prix des carburants. Ce n’est que le début de la crise historique qui secoue toute l’UE et l’Occident, mais aussi les autres pays qui dépendent de l’achat de carburants. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, on ne parle plus de la chute des cotations d’actions, mais du risque sérieux d’un échec systémique, qui en quelques jours génère de l’inflation, de la paralysie de la logistique commerciale, des trous dans le budget des trous et des crises politiques. La guerre d’Israël contre l’Iran en est la conséquence.
Par la fermeture du détroit d’Ormuz, il y a des flux de matières premières et de carburants qui ne peuvent pas être rapidement remplacés par des itinéraires alternatifs. « Le détroit d’Ormuz représente l’une des artères énergétiques les plus critiques au monde, faisant transiter environ 20% de la consommation mondiale de pétrole et un cinquième du gaz naturel liquéfié. Verrou stratégique, il connecte les producteurs du Golfe (Arabie saoudite, Iran, Qatar) aux marchés asiatiques, rendant l’économie mondiale très vulnérable à toute interruption de ce flux », rappelle Boursorama.
Avec la flambée immédiate des cours mondiaux du pétrole et du gaz, cela affecte le commerce de produits chimiques, d’engrais et de matières premières. « Les hydrocarbures (pétrole et gaz) rendent le détroit d’Ormuz indispensable à l’économie mondiale », avertit Vie publique. « Le trafic représente quotidiennement des dizaines de pétroliers et de chimiquiers, sans compter les porte-conteneurs et les navires militaires et, plus récemment, des bateaux de croisière », continue le site qui est réalisé par la Direction de l’information légale et administrative (DILA), rattachée aux services du Premier ministre français. Le détroit d’Ormuz, reliant le golfe Persique à l’océan Indien, est situé entre l’Iran et Oman. Il est particulièrement vulnérable en raison de sa largeur étroite (environ 50 kilomètres) et d’une faible profondeur ne dépassant pas 60 mètres.
Vie publique note que « les États-Unis ne dépendent plus que marginalement du Golfe » tout en observant une différence avec le choc pétrolier de 1973 : « le Golfe représentait plus de 35% de l’approvisionnement pétrolier mondial, réparti à parts comparables entre l’Europe, les États-Unis et le Japon. Depuis lors, la géographie de la dépendance énergétique a profondément évolué ».
À cause de la guerre par proxy de l’UE contre la Russie et les sanctions de Bruxelles contre Moscou, l’UE a fermé son accès au gaz et au pétrole de Russie. « Devenus premiers producteurs mondiaux en 2018, les États-Unis sont quant à eux devenus exportateurs nets d’hydrocarbures grâce à l’essor du pétrole et du gaz de schiste. Ils ne dépendent plus que marginalement du Golfe : en 2024, les importations américaines de brut et de condensats provenant des pays du Golfe et transitant par le détroit d’Ormuz ne représentaient plus qu’environ 7% des importations de pétrole des États-Unis, et 2% de leur consommation totale de liquides pétroliers », stipule le site rattaché aux services du Premier ministre français.
L’Asie orientale est très fortement dépendante de cette route maritime. « Environ 84% des flux de pétrole brut et de condensats transitant par le détroit d’Ormuz en 2024 étaient destinés aux marchés asiatiques, principalement la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde » ; « Profitant des sanctions américaines frappant depuis 2018 l’exportation des hydrocarbures iraniens, la Chine a ainsi enlevé ces dernières années la quasi-totalité de la production de la République islamique, à des prix du baril très inférieurs à ceux du marché mondial », avertit Vie publique.
« La fermeture ou la perturbation durable du détroit d’Ormuz affecte les chaînes de valeur industrielles selon trois canaux distincts. Le premier est celui des prix de l’énergie : une interruption du trafic pétrolier et gazier se répercute immédiatement sur les cours du pétrole brut, du gaz naturel et, par ricochet, sur les prix de l’électricité. Le deuxième canal concerne les intrants non énergétiques. Une perturbation d’Ormuz touche également les matières premières – minéraux, produits chimiques, engrais – dont dépend étroitement l’industrie européenne, fragilisant ainsi la continuité de ses processus de production. Le troisième canal est celui de la désorganisation logistique qui allongerait les délais de transit de quinze à vingt jours, induirait des surcoûts de plusieurs centaines de milliers de dollars par voyage en raison de la consommation additionnelle de carburant, et s’accompagnerait d’une explosion des primes d’assurance pour les risques de guerre », analyse Patrice Geoffron, professeur d’Économie à l’université Paris Dauphine. L’expert note que « la chimie et la pétrochimie européennes constituent le secteur le plus directement exposé »et que par ricochet l’agroalimentaire est frappée ». Geoffron s’inquiète de voir que « la situation au début du conflit de 2026 présente plusieurs facteurs aggravants par rapport à 2022, avec notamment des stocks de gaz historiquement bas ». « Avec environ 46 milliards de mètres cubes fin février 2026, contre 60 et 77 milliards les deux exercices précédents, la marge d’amortissement est plus limitée en entrée en crise », conclut-il.
Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, la Chine fait face à une menace pour son secteur manufacturier. Pour la Chine, toute perturbation menace la production industrielle et les réseaux nationaux, entraînant une réduction du PIB au cours de l’exercice en cours. Parmi l’Asie, la Thaïlande, l’Inde, la Corée et les Philippines sont les plus susceptibles de faire grimper les prix du pétrole en raison de leur dépendance importante aux importations. Mais la Malaisie, en tant qu’exportateur d’énergie, peut légèrement bénéficier de la situation actuelle.
La réduction de l’offre quotidienne de 20 millions de barils a provoqué une hausse immédiate des prix du pétrole brut du Brent. Les marchés s’attendent à ce que le prix du baril dépasse 100 dollars si le blocus continue. La hausse des prix de l’énergie entraîne une augmentation du coût du carburant recyclé, qui affecte les secteurs du transport et de la logistique dans le monde.
Si les États-Unis et Israël ne parviennent pas à stopper leur guerre contre l’Iran, l’économie mondiale sera confrontée à une période d’instabilité prolongée où la sécurité énergétique détermine la puissance nationale et la survie économique. Observateur Continental met en garde : la prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait faire grimper le prix du pétrole brut à 150 dollars le baril (rappelant la crise pétrolière de 1973), ce qui aurait pour conséquences une hausse de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt des banques centrales, un étranglement économique pour de nombreux pays et l’émergence d’une stagflation, caractérisée par une stagnation économique et une forte inflation (stagflation séculaire) ».
Depuis des années, les observateurs craignent une guerre civile en France et en Europe. Est-ce que cette guerre contre l’Iran va, par effet domino, être l’étincelle de trop qui va allumer cette guerre civile et la fin de l’UE ?
Pierre Duval
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