Veiller à ce que le prix de l’essence ne flambe pas…

Ces prix qui devancent les augmentations futures agacent, c’est en substance ce que le consommateur constate depuis quelques jours notamment quand il va à la pompe faire son plein. On vous dira que c’est normal compte tenu des événements. Le détroit d’Ormuz fermé, seulement 20% des navires et la Chine qui ne veut plus vendre ni diesel ni essence, présage d’une tension sur les marché et voit le prix du baril grimper. Tout ça légitime une hausse quasiment automatique et instantanée. Certes l’essence que nous consommons actuellement a été payée il y a plusieurs mois, à un moment où le baril n’était pas à 80 dollars.

Le commun des mortels ne peut pas comprendre qu’on applique une augmentation sur un produit qui a été acheté à un tarif plus bas. Quelle est la logique de cette répercussion immédiate ? On serait même tenté d’affirmer que les compagnies et l’État prennent cet alibi pour se faire de la trésorerie sur notre dos. Le pétrole que nous allons acheter dans les jours qui viennent sera consommé dans quatre ou six mois. C’est donc à cet instant-là que nous devrions subir l’augmentation, mais certainement pas aujourd’hui, or en réalité les compagnies appliquent le principe de la substitution du stock, ou coût de remplacement. Ils anticipent dès aujourd’hui le prix qu’ils devront payer, ils travaillent en flux tendu.

N’en demeure pas moins que si, lorsqu’ils vont réellement payer, le prix du baril a baissé à nouveau, eux auront encaissé un excédent de trésorerie. A l’inverse s’il est plus haut, eh bien ils auront de toute façon augmenté en amont, il y a donc peu de risque qu’ils perdent de l’argent. Que faire ? Pour le consommateur à part rouspéter et payer, pas grand-chose. Pour les élus, ils pourraient demander un moratoire du prix aujourd’hui et en fonction de la tension géopolitique exceptionnelle que nous connaissons, le temps que les fluctuations du marché du brut cessent ou du moins que l’on y voie plus clair, et surtout exiger qu’un système soit adopté pour que le consommateur, qui est aussi un électeur, ne soit pas l’otage des compagnies pétrolières ou de l’État qui serait tenté de profiter de cette flambée pour renflouer les caisses à bon compte. Au RPF nous proposons une autre approche. Fixer les prix par période et non plus au jour le jour, puisque entre les stocks que nous avons et les nouveaux achats, il se passe plusieurs mois. Cette opération ne serait possible qu’en envisageant que nos stocks stratégiques soient augmentés, pour servir à la fois de réserve en cas de crise grave et de moyen pour stabiliser les prix. L’inconvénient est que cela demande des infrastructures colossales. En gros une marge de deux à trois semaines de provisions supplémentaires pourrait amortir les chocs courts. L’Etat devrait alors lisser les prix en prélevant quand il est bas et en compensant quand il est haut. Surtout il faudrait négocier avec les producteurs pour bénéficier de contrats à long terme, c’est ce que font la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Au RPF sommes pour la création d’un fonds public qui fonctionnerait comme un amortisseur. Lorsque le prix du baril monte, l’État baisse la TICPE pour stabiliser les prix. Quand le baril baisse, l’État remonte la TICPE, (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) pour reconstituer le fonds. C’est le mécanisme qui est appliqué pour les tarifs régulés de l’électricité, ou les fonds de stabilisation pétroliers en Norvège ou au Canada.

Concrètement cela implique que l’on fixe un prix cible, qui reste fixe pendant six mois. Pendant ce temps la TICPE est calculée en fonction des critères le prix du baril, du coût du raffinage, du coût du transport, et de la marge des distributeurs. Cela permet d’ajuster la TICPE pour que le prix final reste proche du prix cible. Le seul gros inconvénient est la discipline budgétaire, faire en sorte que l’Etat ne se serve pas de ce mécanisme pour siphonner les fonds à d’autres fins, comme il l’a trop souvent fait, l’exemple du fonds de réserve des retraites de Jospin qui a été torpillé par tous les gouvernements et même pillé. Surtout cela demanderait également que le programme d’économies tel que nous l’avons listé au RPF, soit mis en œuvre pour dégager une marge de manœuvre importante et pour faire baisser dans un premier temps cette TICPE, et revenir à un prix de carburant plus conforme à ce qu’il devrait être pour ne plus pénaliser les entreprises et les ménages. C’est une question de volonté politique, mais il est également compliqué de s’assurer que les gouvernements ne viennent pas piller ce qu’ils mettent en place.

https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com/2026/03/07/veiller-a-ce-que-le-prix-de-lessence-ne-flambe-pas/

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