Quand les féministes de gauche préfèrent défendre leurs plates-bandes…

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« Le 8 mars, journée d’action et de mobilisation, est l’occasion de réaffirmer l’engagement de l’État à faire progresser l’égalité et les droits des femmes, pour toutes, partout et tout le temps », explique pompeusement le site du ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Un objectif très louable et consensuel, mais dans la réalité, le 8 mars, s’agit-il vraiment de « réaffirmer » les droits pour « toutes les femmes » ? Il est permis d’en douter… à tel point qu’on se demande s’il ne s’agit pas, pour les collectifs féministes de gauche, de défendre leurs plates-bandes avant de réellement défendre les femmes.

Toutes les femmes ?

Le 18 février dernier, l’Assemblée nationale accueillait une « Table ronde sur l’accompagnement des victimes de violences sexistes et sexuelles ». Tout le gratin des associations féministes y étaient rassemblé : « Mine Günbay, directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes, Anne-Cécile Mailfert, présidente, et Floriane Volt, directrice des affaires publiques et juridiques de la Fondation des femmes, Emmanuelle Piet, cofondatrice et présidente du Collectif féministe contre le viol, Claire Quidet, présidente du Mouvement du nid et Clémence Pajot, directrice générale de la Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF) », détaille le site officiel. C’est beau, c’est grand… mais nulle trace d’Éclats de femme, par exemple, l’association créée par Claire Geronimi. On peut s’en indigner mais, hélas, on ne peut pas s’en étonner. Lors de son intervention, Anne-Cécile Mailfert donne d’ailleurs une idée de la raison de cette absence : pour elle, la droite aidée par « certains médias privés » mène des « campagnes de diffamation et de dénigrement » dans le but de diviser les femmes.

Selon elle, la Fondation des femmes à répondu à l’appel de Claire Geronomi quand elle l’a contactée après son agression. « Nous en avons les preuves, nous en avons les traces », dit-elle, « des traces d’échanges par mail avec cette femme […] » Sauf que Claire Geronimi, contactée par BV, garde, elle, la trace du message qu’elle a envoyé personnellement à Anne-Cécile Mailfert sur LinkedIn, une dizaine de jours après son viol. Le message, marqué comme lu, est resté sans réponse. Claire Geronimi se demande si ce silence n’est pas dû à l’article du Figaro qu’elle avait joint à son message : « Paris : un homme visé par une OQTF mis en examen pour deux viols ». Alors, si madame Mailfert argue qu’elle a fait pour Claire Geronimi ce qu’elle fait pour toutes les victimes, c’est-à-dire les « rebasculer vers les associations les plus pertinentes de [leur] réseau […] », il n’en reste pas moins, explique cette dernière à BV, que Mathilde, la deuxième victime de cet étranger sous OQTF, a demandé le soutien physique de la Fondation des femmes lors du procès, et que celle-ci lui a répondu que compte tenu de la présence d’associations féministes d’extrême droite, elle ne viendrait pas. Leur soutien ? Un post dans lequel Anne-Cécile Mailfert accusait l’extrême droite de « faire de la propagande pour ses propres idées sur [leurs] dos, sur [leurs] viols […] » Auprès du Figaro, Marlène Schiappa avait d’ailleurs dénoncé une attitude et un moment particulièrement inopportuns.

Qui divise réellement les femmes ?

Alors, quand Anne-Cécile Mailfert crie au complot de l’extrême droite qui, par « stratégie électorale », chercherait à diviser le vote des femmes censé « bloque[r] [son] ascension », on s’interroge : qui divise, en réalité ? Sans compter qu’essentialiser le vote des femmes, en faire un rempart ultime « à l’ascension de l’extrême droite », n’est-ce pas, en plus d’être simpliste et réducteur, les prendre pour des idiotes incapables de réfléchir autrement qu’avec leurs hormones ? Manifestement, les féministes de gauche préfèrent, en plus, ne pas s’embarrasser de la réalité qui dément leurs préjugés : aux dernières législatives, rapporte TV5 Monde, il y a eu plus d’électrices que d’électeurs pour le RN, et c’est même une spécificité française, puisque ce « virage du vote féminin vers l’extrême droite […] ne se constate pas ailleurs au sein de l’Union européenne ». Qu’à cela ne tienne : les féministes de gauche comptent bien défendre leur pré carré, et tant pis s’il faut, pour cela, laisser sur le bord de la route les quelque 37 % de femmes qui ont fait, en 2024, le choix du RN.

Claire Geronimi, d’ailleurs, ne se fait aucune illusion : « Pour les associations féministes, il est plus facile de soutenir des victimes comme Gisèle Pélicot parce qu’elles ne portent pas de message politique. » Et celui de la Fondation des femmes est clair : en avril 2022, elle avait diffusé un communiqué appelant à voter contre Marine Le Pen, considérant que « l’extrême droite est incompatible avec les droits des femmes ». Un comble, il faut bien l’avouer, de s’ériger en défenseur des femmes tout en appelant à empêcher la seule femme présidentiable d’accéder à l’Élysée.

Alors, ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, à part Éclats de femme, y aura-t-il des pancartes pour dénoncer le viol de Claire Geronimi par un étranger sous OQTF ? Sans prendre trop de risque, on peut parier que non. D’ailleurs, à BV, Claire Geronimi confiait qu’elle hésitait à s’y rendre personnellement : « Le climat est tendu », explique-t-elle, et l’association a déjà fait appel à une société de sécurité privée pour sécuriser leur petit groupe lors de la marche, ce qui n’est pas anodin financièrement. « Certaines sont très violentes », nous dit-elle, tout en confiant ne pas comprendre pourquoi, à cette marche qui devait être « transpartisane », Éclats de femme est accepté, à la différence de Némésis. Elle nous avoue qu’elle « n’y va pas sans peur et avec un sentiment d’insécurité ».

Victoire Riquetti

https://www.bvoltaire.fr/quand-les-feministes-de-gauche-preferent-defendre-leurs-platebandes/

Une réponse à « Quand les féministes de gauche préfèrent défendre leurs plates-bandes… »

  1. Avatar de Paul-Emic

    Féministe ou pas la gauche s’arcboute sur ses « acquis », comme s’il existait un front des femmes un et indivisible et au passage opposé aux hommes et à la famille

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