
Si la publication – partielle – du dossier Epstein semble agir comme un électrochoc auprès du public occidental, celle-ci ne fait que révéler, une fois de plus, que ceux que les médias de grand chemin appellent des « conspirationnistes » sont en fait des prévisionnistes remarquables avec une capacité d’anticipation et d’exactitude largement supérieure à celle de Météo France, notamment dans ses prévisions réchauffistes les plus caniculaires.
En effet, parmi les « révélations » du dossier sulfureux, on retrouve l’essentiel de ce qui était déjà sorti aux Etats-Unis à l’occasion de la première élection de Donald Trump en 2016 : le pizzagate, les frères Podesta, les Clinton, Woody Allen, le Lolita express, Ghislaine Maxwell, le Mossad… Tout au plus apprend on quelques détails supplémentaires – et pas inintéressants – sur le modus operandi et sur l’ampleur du réseau de cette formidable opération de contrôle des élites.
Bien évidemment les mesures de diversion ont été mises en place immédiatement, notamment en France où la célèbre série « Célérus » nous a été resservie par les suspects habituels, BFMTV, LCI, Cnews etc. Mais cela étant, l’ampleur du scandale est telle qu’il a bien fallu sacrifier quelques boucs émissaires et l’inamovible Jack Lang, président (à vie ?) de l’Institut du Monde Arabe est passé à son tour du Capitole à la Roche tarpéïenne, accompagné de sa fille Caroline, qui d’après ses dires, n’a toujours pas compris pourquoi elle figurait dans le testament du prédateur sexuel pour un montant modeste de 5 millions de dollars. Encore une qui a dû trop jouer au Monopoly du temps de sa folle jeunesse et qui était sans doute convaincue qu’il s’agissait d’une simple erreur de la banque en sa faveur et qu’elle pouvait benoîtement les encaisser sans passer par la case prison. Nous n’en sommes pas encore là, et gageons qu’Hermès doit savoir faire aujourd’hui pour sa clientèle privilégiée, quelques jolis bracelets électroniques émaillés d’or et de diamants, mais reconnaissons toutefois qu’après le suicide présumé du fournisseur de chair fraîche Jean-Luc Brunel/Benchemoul à la prison de la Santé en 2020, les Lang sont les dernières victimes en France de l’affaire Epstein, et il y en aura d’autres.
Chez nos voisins teutons pas de scandale majeur avec mise en cause de personnalités éminentes, du moins pour l’instant, mais confirmation quand même du rôle majeur de la Deutsche Bank au service des intérêts du pédophile étatsunien. La Deutsche Bank a été en effet un rouage essentiel dans les affaires financières de Jeffrey Epstein de 2013 à 2018, en lui fournissant des services bancaires malgré sa condamnation en 2008 pour des délits sexuels impliquant une mineure et des accusations de proxénétisme. La banque a ouvert plus de 40 comptes pour Epstein, ses associés et entités liées (comme la Southern Trust Company Inc. et la Southern Financial LLC), classés comme « à haut risque » et « PEP honoraire » (personne politiquement exposée) en raison de ses connexions avec des figures politiques et de la jet set mondiale sans oublier la très haute finance. La banque traitera des centaines de transactions totalisant des millions de dollars, incluant des virements à au moins trois complices présumés d’Epstein, des paiements à des femmes décrits comme des « frais de scolarité » – la vie est une dure école ! – et des retraits en espèces structurés pour éviter les rapports obligatoires.
Chez nos voisins d’outre-Manche en revanche, le scandale commence à secouer très fort. Peter Mandelson, ambassadeur du Royaume-Uni à Washington a été limogé pour avoir dissimulé l’ampleur de ses liens avec le pédophile et dans la foulée, le chef de cabinet ainsi que le porte-parole du Premier ministre Keir Starmer viennent de démissionner. Nombreux à Londres sont ceux qui parient sur l’éviction prochaine du locataire du 10 Downing street.
Mais parmi les curiosités marquantes que ces dossiers révèlent, figure la relation étroite – jusqu’en 2019, c’est-à-dire jusqu’à son incarcération – entre Epstein et Steve Bannon, un des principaux idéologues du mouvement MAGA qui travaillait alors à un documentaire visant à redorer l’image d’Epstein. Dans un de ses courriels, Bannon se vante de l’influence qu’il aurait sur les mouvements nationalistes en Europe ce qui semble avoir suscité un intérêt certain de la part de son interlocuteur.
Cette proximité, étrange à première vue, entre le thuriféraire de ce qui est appelé l’Alt-right aux USA et le financier pédophile s’explique mieux si l’on se rappelle le parcours tortueux de M. Bannon à travers certaines banques de Wall Street et ses liens étroits avec certains patrons de la Silicon Valley et de la finance internationale.
Ce qui découle de ce constat est que le Système a parfaitement intégré que l’avenir des sociétés occidentales n’était plus dans le wokisme mais dans le populisme de « droite » ce que l’on appelle plus volontiers le conservatisme aux Etats-Unis, mais toujours dans un cadre libéral bien évidemment.
Autrement dit et pour résumer, les libertariens du Tea Party à travers le phénomène trumpiste, et certaines églises évangélistes, ont effectué une percée idéologique qui les a amenés à contester le leadership des élites libérales – au sens américain de ce terme, c’est-à-dire de gauche –, créant ainsi un ligne de fracture que l’on voit se dessiner depuis plusieurs années entre le clan Clinton/Obama/Biden et Donald Trump. Mais d’un point de vue européen, nous avons affaire dans les deux cas à des adeptes du libéralisme souhaitant maintenir la domination anglo-saxonne sur le reste du monde, la différence résidant principalement dans les méthodes employées. Avec Trump, nous avons un mondialiste de « droite » désinhibé et erratique alors qu’avec ses prédécesseurs nous avions des mondialistes de « gauche » nettement plus fins dans la manière de dominer leurs vassaux, mais en définitive, ces personnages restent des globalistes dont le but final demeure l’asservissement du monde au bénéfice exclusif de l’idéologie marchande.
Mais ce qui transparaît à travers ce lien apparemment incongru Epstein/Bannon, est que ceux qui sont à la manœuvre, depuis très longtemps, continuent à tirer les ficelles pour perpétuer leur domination. Le point positif est que ce qui va se dessiner en Europe dans les temps qui viennent, sera une reconfiguration politique complète où les anciennes élites de « gauche » vont progressivement laisser leur place aux nouvelles élites de « droite » et où l’on verra peut-être l’Union européenne sinon disparaître complètement, du moins être profondément remaniée dans sa structure et son fonctionnement, ce qui mettra peut-être un coup de frein au phénomène de décadence accélérée dont est victime l’Europe depuis des décennies.
Cela signifiera sans doute une remise en question brutale – cela ne se fera pas sans heurts – de la politique d’immigration forcée, de la propagande LGBT avec toutes ses dérives connexes, de l’agenda climatique et de tout ce qu’il implique (énergies vertes, développement durable, éradication définitive de notre paysannerie…). On ne peut qu’espérer voir tout cet édifice partir à vau l’eau avec ceux qui l’ont mis en place mais il serait naïf de croire que nous en aurons fini pour autant avec la Pieuvre. Car tout se passe en fait comme si le Système sentait qu’il était allé trop loin dans le maniement de la schlague et qu’un mouvement correctif était nécessaire pour conserver le pouvoir et la confiance des peuples hébétés.
Quoi qu’il en soit, avec cette dernière révélation de connivence avec le sieur Epstein, M. Bannon nous montre une fois de plus qu’il a oublié ses racines irlandaises et qu’il est définitivement au service des anglo-saxons qui ont martyrisé ses ancêtres.
Très peu pour moi !
Emmanuel Leroy
https://lesakerfrancophone.fr/reflexions-derangeantes-autour-du-dossier-epstein
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