
Des propos minables
S’il est une chose sur laquelle Laure Lavalette s’applique à la discrétion, c’est bien sa vie familiale et privée. Elle l’a seulement évoquée lors des législatives de 2024. Mère de famille nombreuse – elle a cinq enfants dont une fille trisomique -, la députée RN n’en fait pas état. Simplement, cela nourrit son combat politique par une connaissance particulière des difficultés que rencontrent les familles face au handicap. L’attaque de Philippe Leroy n’en est que plus minable.
Indignée, Laure Lavalette lui a donc demandé de s’excuser. Sur son compte X, elle écrit : « Que je sois insultée ou diffamée, je m’en fiche, j’ai l’habitude. (…) Mais s’attaquer à ma fille, c’est ignoble, Monsieur. Ma vie privée et ma famille ne vous regardent pas. Je m’occupe de ma fille et je vis avec elle. » Elle ajoute : « Et pris la main dans le pot de confiture, au lieu de vous excuser, vous persévérez. » De fait, interrogé par Var Matin, ledit Leroy en remet une couche : « Ce que j’ai dit sur Laure Lavalette et sa fille, ce sont des choses que tout le monde dit. Mais je n’aurais pas dû et je le regrette. » Celui-ci annonce sa mise en retrait de la campagne.
Quant aux membres du collectif qui constitue la liste « citoyenne, écologiste, sociale et solidaire » Toulon en Commun (TEC), ils se posent bien sûr en victimes. Leur communiqué dénonce « un montage malhonnête dont les propos sont détournés de leur contexte (sic !) », une « façon de faire[qui] relève de pratiques de barbouzes (…) preuve que l’extrême-droite est prête à tout pour déstabiliser la démocratie ». Toulon en Commun va donc porter plainte contre Frontières pour diffamation. Ou pas, car on ne voit guère où se situe la diffamation.
Dans le camp du bien, on préfère avorter… et euthanasier
Dans une pirouette hasardeuse, TEC écrit : « Comme tout le monde le sait, Philippe Leroy et Toulon en Commun défendent un projet inclusif des personnes en situation de handicap. » Dont acte. Mais ils s’inscrivent aussi dans ce que l’on appelle communément le « camp du bien ». Ce camp du bien où l’on trouve de vaillants défenseurs de l’IVG jusqu’à la 14e semaine de grossesse, et même jusqu’à la veille de l’accouchement en cas de trisomie 21 ; ou encore des défenseurs d’une euthanasie qui ne dit pas son nom et que, c’est à craindre, certains voudraient voir inscrire demain dans la Constitution.
Si la gauche était si morale qu’elle le prétend, si fraternelle, si “féministe“, les propos ignobles contre Laure Lavalette auraient dû faire la une et indigner jusqu’aux travées de l’Assemblée. C’est toujours deux poids deux mesures et l’inversion accusatoire. Que la salopette d’une Ersilia Soudais ou les envolées déconstructivistes d’une Sandrine Rousseau fassent ricaner dans l’hémicycle, et c’est aussitôt la levée de boucliers contre le patriarcat blanc.
Mais voilà, Laure Lavalette, comme Marine Le Pen, ne sont pas des femmes comme il faut, et surtout pas comme il en faut. Trop femmes, en réalité, trop mères, trop blanches, trop françaises, trop catholiques sans doute et pas assez « inclusives », elles méritent d’être traînées dans la boue par une gauche qui ne fait que se payer de mots. Car dans le monde créolisé, « citoyen, écologiste, social et solidaire » qu’elle appelle de ses vœux, celui des hommes enceints et des ados dégenrés, on imagine qu’il n’y aura plus aucune place pour les enfants trisomiques. Ils seront morts avant de naître.
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