
Mais comme le dit l’adage, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. En dépit des belles déclarations, socialistes et insoumis feront liste commune dans pas moins de 60 villes, dans le cadre des municipales 2026. Le décompte effectué par nos confrères de l’Opinion indique que l’alliance comprend en général les socialistes, les écolos, les communistes et les insoumis, mais qu’elle inclut aussi, dans au moins quatre communes, le mouvement de Raphaël Glucksmann, Place publique, pourtant adversaire revendiqué de LFI…
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Conscient de ses incohérences, le Parti socialiste a déjà trouvé la parade. Il a mis au point un discours expliquant que la position des chefs à plumes ne concerne que les alliances à l’échelle nationale et n’engage en aucun cas les pactes conclus localement. Ainsi, s’il « n’y a pas d’accord national entre le PS et LFI pour ces élections municipales », indique à BFM TV un cadre socialiste, ce dernier reconnaît qu’« il peut exister des particularités locales, notamment liées à l’absence d’implantation territoriale de LFI »… Et, hop ! Ni vu ni connu, j’t’embrouille.
Un sketch lassant et vain
Cela fait plusieurs années que gauche et extrême gauche mettent en scène leurs désaccords et leurs disputes. Pour, finalement, se rabibocher in extremis avant chaque nouvelle élection. « La rupture entre le PS et LFI est consommée », annonçait l’émission C dans l’air, en décembre 2024. À l’époque, Raphaël Glucksmann surjouait la mésentente et poussait ses amis socialistes à s’éloigner de Mélenchon pour se rapprocher d’Emmanuel Macron. « Le PS se libère de LFI », voulait croire Patrick Cohen, au mois de février 2025. Quelques jours plus tard, le leader insoumis en avait encore rajouté une couche, promettant lui aussi que les deux partis étaient définitivement fâchés et que le temps des « alliances toxiques » était à jamais révolu. « Ce ne sont plus nos alliés », clamait-il. On se souvient aussi des mots du député de l’Essonne Jérôme Guedj et de sa « meurtrissure terrible » à l’égard de son ancien mentor, Jean-Luc Mélenchon, l’homme qu’il a « aimé profondément » mais qui est, selon lui, « devenu un salopard antisémite ». « Ne vendons pas notre âme au nom de ces huées fanatiques », enfonçait-il, devant les militants.
Depuis le temps, les Français ont bien compris que tout ceci n’était que du vent. D’ailleurs, chers lecteurs de BV, vous ne vous y trompez pas. La semaine dernière, lorsque BV vous a demandé si, malgré le meurtre de Quentin, la gauche s’allierait à LFI, vous avez été 98 % à répondre « oui » ! Ils savent que la gauche n’existe électoralement qu’à condition d’être unie. « La survie politique des socialistes dépend de leur alliance indigne avec LFI, note Edwige Diaz, députée RN de Gironde. Quand le PS se présente seul, ses résultats sont anémiques ! » À Paris comme à Marseille, les candidats PS auront besoin du report des voix des insoumis pour l’emporter. Le député LFI Aurélien Taché ne manque d’ailleurs pas de le rappeler au JDD : « Les socialistes feraient bien de se souvenir que nous appartenons au même camp, qu’il n’y a pas si longtemps nous faisions front commun… » D’où les paroles ambiguës d’Olivier Faure, les revirements de Jérôme Guedj finalement prêt à « voter pour le candidat quel qu’il soit face au RN, même LFI » et les renoncements de Place publique dont la co-présidente assure que, face au RN, elle serait prête à voter pour n’importe qui, « même pour une chèvre ».
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