Autopsie du vieux monde aux idées tordues

(Chronique à lire dans Causeur de mars)

Comme à ses plus belles heures, le vieux monde progressiste rameute ses pétitionnaires. Mais, cette fois, le camp du Bien se sait en danger de mort. Il a du sang sur les mains, avec le meurtre à Lyon, le 14 février, de Quentin Deranque, lynché par la milice « antifas » de LFI. Comment prendre encore au sérieux ces clercs aux idées tordues ? Jadis, il s’agissait pour les soixante-huitards de réclamer, dans Le Monde ou Libération, la dépénalisation des rapports sexuels entre adultes et enfants. Puis la gauche caviar sonna la diane contre le peuple oublié, assimilé à l’extrême droite qu’il fallait éradiquer.

Cette fois, la pensée mondaine se retrouve, entre anciens combattants radoteurs, pour faire le procès du député (UDR) Charles Alloncle : le 10 février, 350 représentants du people (de Laure Adler à Laurent Joffrin en passant par Eva Joly) ont accusé, dans Le Monde, le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public de manquer de respect à France Télévision, chasse-gardée d’une intelligentsia réduite au rôle de garde-chiourme d’un système qui coule.

L’époque est un château de cartes. L’écroulement du régime peut intervenir à tout moment (1). Outre les médias d’Etat sommés de rendre des comptes sur leurs pratiques devant des parlementaires, les citadelles de la gauche peuvent s’attendre aux mêmes assauts démocratiques, à commencer par l’Education antinationale et la Justice militante. Non seulement la « mondialisation heureuse » confirme sa fumisterie, mais son élite déracinée est bien cette caste claquemurée et arrogante que les « complotistes » dénonçaient dans ses abus de pouvoir et son mépris des gens. L’omerta mafieuse, qui a couvert les turpitudes du financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein, disqualifie cette oligarchie qui exhibe ses attirails vertueux au nez des infréquentables « populistes ». Ses larmes de crocodile sur la mort de Quentin ne font pas oublier sa détestation du patriote qu’il était. Le 20 février, l’Appel de 180 personnalités à « réaffirmer notre antifascisme » a attisé la confrontation.

La chute de Jack Lang, qui a dû démissionner le 7 février de la présidence de l’Institut du monde arabe, symbolise la débâcle morale des donneurs de leçons. Le beau monde socialiste avait aussi choisi de taire les désinvoltures du pique-assiette de luxe et ses ardoises impayées. Lang et sa fille Caroline sont soupçonnés, par le parquet national financier, de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » à travers la création, avec Epstein, d’une société off-shore dans un paradis fiscal des Iles Vierges, pour commercer l’Art contemporain. Mais la ligne de défense de la gauche à la ramasse désigne déjà la Russie ou les antisémites comme causes de ses déboires. Ces gens-là sont incapables de se remettre en question.

Le dégoût est le mot qui revient. Un sondage du Monde (9 février) a montré que 78% des sondés n’avaient plus confiance en la politique. Ce même pourcentage se retrouve (Le Figaro, 13 février) pour qualifier le rejet de l’affaire Epstein. Rien ne tient plus debout dans cette république coupée de ses citoyens les plus vulnérables. Le 7 juillet, Marine Le Pen saura si ses juges d’appel lui laisseront le champ libre pour 2027. Mais même ce couperet n’est plus supportable dans son principe. Ce vieux monde sent le sapin. Il est à fuir.

(1) Une même réflexion s’impose évidemment concernant le régime iranien, menacé dans sa survie après les bombardements d’Israël et des Etats-Unis lancés depuis samedi, qui ont notamment tué l’ayatollah Ali Khamenei.

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