Sécurité sociale : vers un recul historique des remboursements, les Français toujours plus mis à contribution

Le gouvernement prépare un nouveau tour de vis sur les remboursements de santé. Objectif affiché : contenir le déficit de la Sécurité sociale, estimé à près de 23 milliards d’euros en 2025, et le ramener autour de 17 milliards en 2026. Pour y parvenir, l’exécutif assume un ralentissement drastique de la progression des dépenses d’assurance maladie et un transfert d’une partie des coûts vers les assurés et leurs complémentaires santé.

Derrière les lignes budgétaires, la réalité est simple : le reste à charge des patients va augmenter.

Consultations et médicaments dans le viseur

Plusieurs mesures ont déjà été actées ou sont en préparation. Le taux de remboursement des consultations médicales, qui devait initialement passer de 70 % à 60 %, serait finalement fixé à 65 %. Cela représente malgré tout une hausse mécanique du ticket modérateur pour les patients.

Les médicaments sont également concernés. Les principaux taux de remboursement – aujourd’hui fixés à 65 %, 30 % et 15 % selon l’utilité médicale – doivent être abaissés. Seuls les traitements pris en charge à 100 %, notamment pour les affections longues durées, resteraient protégés.

En parallèle, la participation forfaitaire sur les consultations devrait doubler, passant de 2 à 4 euros à partir de 2026. Un montant qui peut paraître limité à l’unité, mais qui pèse lourd pour les malades chroniques ou les personnes âgées multipliant les rendez-vous.

Hôpital et urgences : des forfaits relevés

Les séjours hospitaliers et passages aux urgences ne sont pas épargnés. Le forfait journalier hospitalier, correspondant aux frais d’hébergement, passerait de 20 à 23 euros par jour. Le forfait patient urgences, notamment pour les personnes non hospitalisées, serait également relevé.

La participation forfaitaire sur certains actes lourds – lorsque leur tarif dépasse 120 euros – pourrait passer de 24 à 32 euros. En psychiatrie, le forfait d’hospitalisation serait lui aussi augmenté.

Au total, ces ajustements représenteraient plusieurs centaines de millions d’euros d’économies pour les comptes sociaux. Mais ces économies pour l’État se traduisent par des dépenses supplémentaires pour les ménages.

Mutuelles sous pression, assurés en première ligne

Le gouvernement assume un transfert de charges vers les complémentaires santé. Or, lorsque les mutuelles remboursent davantage, elles répercutent généralement ces coûts sur les cotisations. Le risque d’une nouvelle hausse des primes annuelles est donc réel.

Les plus exposés restent les Français sans complémentaire santé, soit environ 2,5 millions de personnes. Pour eux, chaque baisse de remboursement se traduit immédiatement par une facture plus lourde. Les acteurs du secteur redoutent un accroissement du renoncement aux soins, notamment chez les plus fragiles.

Un malaise plus large

Officiellement, il s’agit de garantir la « soutenabilité » du système face au vieillissement de la population et à la diminution relative du nombre d’actifs. Mais dans le pays, la question dépasse désormais la seule équation budgétaire.

Des millions de Français s’interrogent : pourquoi continuer à payer des charges et des impôts parmi les plus élevés d’Europe, si, dans le même temps, le système de santé rembourse moins, l’hôpital public s’enfonce dans le déficit, l’école ne garantit plus toujours une instruction solide et la sécurité quotidienne semble reculer ?

La réforme des remboursements n’est qu’un symptôme d’un malaise plus profond. Entre déficit chronique et pression fiscale persistante, c’est le contrat social implicite qui vacille : celui qui liait effort contributif élevé et protection collective forte.

En cherchant à redresser les comptes, l’exécutif prend le risque d’alimenter ce sentiment de déclassement. Car pour de nombreux ménages, la question n’est plus seulement budgétaire. Elle devient existentielle : que reste-t-il du modèle social français lorsque l’on paie toujours plus pour recevoir toujours moins ? Où va notre argent ?

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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