
En janvier 1977, comparaissaient devant la Cour d’Assises de Versailles, un visiteur médical, Bernard Dejager, un médecin, Jean-Claude Gallien, et un employé, Jean Burckhart, accusés d’attentats à la pudeur sans violence sur mineurs. Quelques années auparavant, dans un camping naturiste Club de France de Meudon, ces trois adultes s’étaient livrés sur des mineurs de 13 à 15 ans, à de soi-disant « jeux sexuels », des photos avaient été prises, et comme le rapportera le chroniqueur du Monde, le 27 janvier 1977 « photos et films pornographiques, masturbation réciproque, fellations réciproques, partouzes, c’est-à-dire une fille de 13 ans et deux garçons dont son frère du même âge, nus dans un même lit pour des exercices pratiques, allant jusqu’à la sodomie ». Tels sont les faits ainsi décrits, car les audiences ne se tiennent pas alors à huis-clos, par le journaliste Pierre Georges.
Les trois prévenus, lorsqu’ils sont jugés, ont déjà fait trois années de détention préventive. C’est dans ces conditions que Gabriel Matzneff va rameuter le ban et l’arrière-ban de la gauche intellectuelle, médiatique, universitaire pour pétitionner en défense de ces trois-là. Tout nous choque aujourd’hui. L’audience se serait tenue à huis-clos et les mis en cause auraient comparu pour viols sur mineurs, par des personnes ayant autorité, la sodomie, comme la fellation étant considérées désormais comme un viol. Et leurs fonctions auraient été une circonstance aggravante. La cour se montrera d’une clémence certaine, puisqu’ils seront condamnés seulement à cinq ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, ils seront donc libérés à l’issue de l’audience. Les pétitionnaires n’avaient pas travaillé pour rien.
Dès le 8 novembre 1976, dans un article du Monde, fer de lance avec le journal Libération du soutien de ces personnages, Matzneff qui a pris mordicus leur défense, entend faire approuver que des mineurs puissent avoir des relations consenties avec des adultes, et que cela même peut développer leurs épanouissements ! Il est vrai qu’il avait publié, trois ans auparavant, un essai au titre explicite, Les moins de seize ans. En janvier 1977, il va donc rédiger une pétition avec l’aide d’un écrivain militant de la cause homosexuelle, Guy Hocquenghem. Cette pétition, envoyée à l’AFP et publiée dans Le Monde, puis dans Libération, se veut un acte militant voulant faire en sorte que des mineurs de 13 ou 14 ans puissent avoir des relations sexuelles libres avec des adultes, sans contraintes.
Vont signer sans état d’âme le communiste Louis Aragon qui dans les années 1920 et 1930 voulait de la Guépéou partout, Roland Barthes qui adorait les tortionnaires Mao et Pol Pot, l’inévitable Simone de Beauvoir, qui en 1944 travaillait pour la radio pétainiste de Paris, François Chalet qui entendait sans doute faire oublier qu’il avait écrit dans le journal de la milice Combats, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Michel Leiris, Jean-François Lyotard, Christiane Rochefort, et bien sûr Jean Paul Sartre, pour qui les révolutionnaires de 1793 n’avaient pas assez guillotiné, comme il l’avait déclaré dans la revue Clarté. On retrouve aussi Patrice Chéreau, l’ancien communiste devenu antistalinien André Glucksmann, l’ancien communiste Bernard Kouchner, qui deviendra ministre sous Sarkozy, Catherine Millet, le super maoïste germanopratin Philippe Sollers et notre Jack Lang national que l’on retrouvera dans les dossiers des mails Epstein avec sa fille.
Ils seront 69 en tout, et ce sans jeu de mot déplacé. Que disent ces pétitionnaires professionnels ? Que les trois ans de préventive sont une sorte d’abus du droit. La pétition invoque « des jeux innocents ». En mai 1977, Le Monde va récidiver en demandant ni plus ni moins la révision du code pénal, jugé alors bien trop répressif pour ce genre de faits. 80 intellectuels et écrivains vont la signer. Aujourd’hui, alors que toute relation d’un majeur avec un mineur de moins de 15 ans est considéré comme un viol, cela nous semble effarant, ahurissant. La gauche caviar et pédophile allait très loin, puisqu’en 1971, Alberto Moravia relativisait dans l’émission Post-scriptum (ORTF), la gravité de l’inceste. En 1973, un dénommé Tony Duvert, se proclamant « écrivain pédophile », soutenu par Roland Barthes, obtenait le prix Médicis, pour un roman décrivant de jeunes garçons élevés à la prostitution. Des philosophes comme René Schérer, un temps l’amant de Guy Hocquenghem, ainsi que Michel Foucault feront l’apologie des relations sexuelles avec des mineurs (cf l’article d’Eugénie Bastié dans Le Figaro du 23/02/2026. Ces intellectuels et médias qui justifiaient la pédophilie dans les années 1970).
Serge July dans Libération publie en 1979 le manifeste d’un Front de libération des pédophiles. Il n’y a pas si longtemps, l’avocat de gauche, Thierry Lévy, en 2011, sur le plateau de « Ce soir ou jamais », attaquait véhémentement des propos de Luc Ferry, qui avait accusé un ministre d’avoir « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons ». Défendant la pédophilie à un point tel qu’il avait fait déclarer à une personne présente sur le plateau, Jacques Guillebon, qui outré, lança à l’encontre de Thierry Lévy : « Votre cynisme donne des envies de comité de salut public ».
Le 7 janvier 2021, Camille Kouchner publiait, La Familia Grande, où elle dénonçait l’inceste qu’avait subi, selon ses dires, son frère jumeau par leur beau-père, le très à gauche politologue Olivier Duhamel, que l’on voyait alors pérorer sur toutes les radios et télévisions et donner des leçons pour le camp du bien. Ce frère jumeau, qui finalement va porter plainte, était le fils de Bernard Kouchner et d’Evelyne Pisier qui s’était remariée avec Olivier Duhamel. Mais les faits étaient prescrits selon le parquet. Olivier Duhamel démissionna néanmoins de l’ensemble de ses fonctions, l’affaire va éclabousser diverses personnalités de gauche, qui auraient pu être informées des faits qu’elles auraient passé sous silence. Comme l’affaire judiciaire toujours en cours concernant le psychanalyste et homme de télévision Gérard Miller, qui se situe à la gauche de la gauche, qui clame son innocence, et qui reste présumé innocent, suite à sa mise en examen pour viols et agressions sexuelles sur six plaignantes, il est actuellement sous contrôle judiciaire.
Il faut sans cesse revenir sur ces dossiers. Les gauches veulent les faire oublier, les passer en pertes et profits. Le 18 janvier 2021, répondant à Sonia Mabrouk, Jack Lang répliquait que cette signature que l’on lui avait presque extorquée, il aurait signé quasiment sans lire : « C’était une connerie et basta ! ». Basta, non, certainement pas. Dirait-on Basta si les signatures avaient été celles d’hommes de droite, et auraient-ils pu poursuivre d’éminentes carrières ? Certainement pas. C’est trop facile. En 1975, dans Le grand bazar, celui qui fut très longtemps un eurodéputé de gauche, Daniel Cohn-Bendit, décrivait comment à plusieurs reprises, certains gosses ouvraient sa braguette et le chatouillaient. En 1982 dans l’émission Apostrophes, il avait osé déclarer : « Quand une petite fille de cinq ans et demi commence à vous déshabiller, c’est fantastique ». Il occupait alors des fonctions dans des crèches « alternatives ». Daniel Cohn Bendit déteste que l’on lui rappelle cela. Je pose toujours la même question : serait-on si oublieux, si ces faits avaient concerné des hommes classés à droite ? Nous connaissons d’avance la réponse, par le prisme immuable du privilège rouge et du deux poids, deux mesures.
Michel Festivi
Laisser un commentaire