
Les conséquences politiques du meurtre de Quentin seront certainement très importantes. Notre chroniqueur Pierre Boisguilbert évoque l’impact de ce drame sur la prochaine présidentielle.
Polémia
Mobilisation du système contre le camp national
Les leçons du lynchage du jeune Quentin vont au-delà des conséquences immédiates. Une chose est maintenant sûre : le système appuyé sur l’idéologie médiatique encore dominante n’acceptera pas une victoire du camp national à la présidentielle. De la même manière, la gauche sous l’emprise de ses extrêmes ne l’acceptera pas non plus. Tous les organismes de l’État sont actuellement dans la construction, par des nominations du fait du prince, d’un contre-pouvoir pouvant s’opposer à la volonté populaire au nom de la défense de l’État de droit. Quant à LFI, elle n’hésitera sans doute pas à tenter de prendre la rue au nom d’une insurrection factieuse baptisée « résistance antifasciste ». C’est clair et Jordan Bardella, dans un remarquable point de presse le 18 février, l’a acté. Au-delà de ses accusations pertinentes, il y avait une volonté de mise en garde lucide pour l’avenir. Cela lui a donné une épaisseur bienvenue. Mais le plus intéressant était dans la salle : la plupart des questions des journalistes ne portaient pas sur le lynchage de Quentin, mais sur comment empêcher de nuire non pas l’extrême gauche mais l’ultra droite. La collusion LFI–Jeune Garde intéressait moins que l’attitude du RN vis-à-vis de groupuscules souvent fantasmés et qui obsèdent les médias.
Le respect du vote comme enjeu central
On a toute la tonalité de la campagne présidentielle et on sait bien ce que le RN au pouvoir devra affronter au moins quelques jours. C’est pourquoi le problème du respect du vote devra être au centre de la campagne du RN. Les municipales seront un test éclatant. S’il y a, comme attendu, une vague bleue qui déferle sur de nombreuses mairies… le vote sera-t-il contesté dans la rue ? Le grand test pourrait être Marseille, d’ailleurs. Ce sera aussi la réaction médiatique face à des résultats qui peuvent fortement déplaire à la caste idéologiste journalistique. Seront-ils beaux joueurs ou tireront-ils déjà le tocsin de la démocratie au risque de la submersion droitière ? On verra.
Une chose est certaine : la France n’est plus totalement une démocratie élective. Certains, dans des institutions aux ordres ou dans les rangs de mouvements extrémistes, ne reconnaissent plus le droit au peuple de décider de manière souveraine. Sa souveraineté est contestée dans un État de droit aux ordres du système et menacée physiquement par une violence de rue prônant l’insurrection contre l’élection.
C’est tout cela que nous dit le malheureux Quentin. Sa mort ne sera pas, on peut donc l’espérer, inutile. Un réveil peut survenir et se manifester dans les urnes dès les municipales contre ceux qui lynchent un jeune homme à terre, ceux qui finalement laissent faire. L’État de droit doit respecter la souveraineté du peuple et le pays ne pas accepter qu’après Quentin ce soit son vote qui soit lynché.
Pierre Boisguilbert 19/02/2026
https://www.polemia.com/lombre-portee-de-quentin-sur-la-future-presidentielle/
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