Synthèse nationale a 20 ans !

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L’éditorial du n°72 de Synthèse nationale

Roland Hélie, directeur de la revue

Pour Synthèse nationale, 2026 est une année particulièrement importante. Au mois de mai prochain, en effet, cela fera 20 ans que notre site, quotidiennement et sans interruption, participe à la nécessaire réinformation de nos compatriotes ; et en octobre, nous fêterons également le vingtième anniversaire de la parution du premier numéro de cette revue dont vous avez la 72e livraison entre les mains…

En deux décennies, le monde a bien changé. Ces dernières années, les choses semblent même s’accélérer. Souvenez-vous de l’état dans lequel se trouvait la droite nationale et identitaire en 2005… En France, le Front national se remettait à peine de la scission de 1998 qui avait entraîné la création du Mouvement national républicain de Bruno Mégret. Les cicatrices étaient profondes et les rancunes tenaces. Cette division finit par déboucher sur l’élection, en 2007, de Sarkozy, un leurre politique qui, pendant les cinq années suivantes a continué d’affaiblir la France. Dans le reste de l’Europe, les formidables espérances qu’avait suscitées un peu partout, durant les années 1990, l’émergence de partis nationaux semblaient s’estomper, à quelques exceptions près.

Bref, la situation n’était pas des plus brillantes. Pour autant, elle n’insuffla en nous aucun découragement. Bien au contraire…

C’est ainsi qu’en 2006, avec quelques amis, nous avons décidé de créer un média destiné à introduire un nouvel état d’esprit au sein de notre famille d’idées. Il fallait, à notre avis, revoir les rapports, parfois tumultueux, qui régissaient la droite de conviction. La multiplication des mouvements et courants d’idées qui la caractérisait faisait sans doute sa force, mais ne pouvait être bénéfique que si toutes les énergies, additionnées, tiraient dans le même sens avec un seul but commun : sauver notre nation et notre civilisation. Le pari était audacieux et loin d’être gagné… Ainsi sont nés le site et la revue Synthèse nationale.

20 ans plus tard, il reste indéniablement beaucoup à faire. Toutefois, force est de constater que beaucoup de paramètres ont évolué dans le bon sens. Tout d’abord, et nous ne pouvons que nous en réjouir, le mouvement dextrogyre, tel que l’a défini il y a quelques années l’historien Guillaume Bernard, ne cesse de s’amplifier, en France, en Europe et dans ce que nous appellerons « l’Occident chrétien ». Peu à peu, nos peuples, à force d’être humiliés, à la fois par leurs propres élites, par l’éternel parti de l’étranger (toujours prompt à épouser la cause des nouveau-venus) et par les puissances conquérantes, finissent par se souvenir qu’ils ont eux-mêmes une identité et qu’ils doivent impérativement se réveiller s’ils veulent la conserver… Ainsi, désormais, il ne se passe plus une semaine sans que, ici ou là, des signaux (rassemblements gigantesques ou percées électorales) ne viennent donner corps à cette « nouvelle révolution conservatrice mondiale » que nous annoncions dans notre précédente livrai-son. Espérons seulement que la France n’échappera pas à ce mouvement général…

Parlons de la France

Revenons justement à notre cher pays et, plus prosaïquement, à Synthèse nationale, à ce qu’elle a fait, ces 20 dernières années, pour essayer d’atteindre les objectifs fixés lors de sa création, et au rôle qu’elle a joué.

Dans la seconde moitié du XXe siècle et au début du XXIe, notre famille politique passait plus de temps à se chamailler qu’à essayer de s’entendre. Certes, il y avait eu la campagne Tixier-Vignancour en 1965 ou la création d’un éphémère Front national unitaire en 1972, mais ces entreprises s’étaient terminées en scissions et rivalités stériles. Dans le contexte de cette époque, l’abondance de mouvements était source d’une certaine richesse intellectuelle ; mais elle avait aussi l’inconvénient de rendre difficile l’affirmation de notre courant de pensée sur la scène politique. La première percée du Front national de Jean-Marie Le Pen, en 1984, a eu au moins le mérite de redonner une place non négligeable à la Droite nationale, sociale et populaire (telle qu’elle se définissait alors).

En cette fin des années 2000, après bien des vicissitudes, le mouvement national semblait donc faire du surplace. Il avait besoin de reprendre sa marche en avant. Certains ont pensé alors que la « dédiabolisation », le recentrage du FN, sa mue en un parti  » respectable », à l’image de ceux qui, justement, à droite, avaient conduit la France au bord du gouffre, était la condition sine qua non de toute progression. Quelle illusion ! Jean-Marie Le Pen lui-même, avec raison, a tout de suite fait un sort à ce mirage : « Ce n’est pas au moment où le diable devient sympathique, qu’il faut dédiaboliser »… Déjà, en effet, les événements étaient en train de nous donner raison. Aujourd’hui, si la droite nationale se trouve aux portes du pouvoir, ce n’est pas grâce au ripolinage du parti qui est censé l’incarner ; c’est grâce au mouvement de fond, à la réaction salutaire qui secoue l’Oc-cident et vient bousculer l’illusion mondialiste ainsi que ses avatars wokistes, immigrationnistes, etc.

Deux décennies de combat

Durant ces deux décennies, Synthèse nationale a œuvré sans relâche pour maintenir une véritable force nationale et identitaire digne de ce nom dans notre pays. Ma plus grande fierté est d’avoir mis à la même tribune, à plusieurs reprises, lors de nos Journées nationales et identitaires annuelles (devenues par la suite les « Rendez-vous Bleu-Blanc-Rouge) des personnalités aussi différentes que Pierre Vial, président de Terre et Peuple, Alain Escada, président de Civitas et Pierre Cassen, fondateur de Riposte laïque. En revanche, mon plus grand regret est de ne pas avoir réussi à faire de même avec Jean-Marie Le Pen (qui, cependant, y a par-ticipé à plusieurs reprises) et Bruno Mégret : ils m’avaient donné leur accord respectif mais l’accélération du temps n’a pas permis la réali-sation du projet… Au total, ce sont près de 200 responsables de partis, mouvements et journaux qui, à un moment ou à un autre, ont pris part à nos diverses initiatives, qu’il s’agisse de réunions ou de productions édi-toriales.

Désormais, nous avons donc, d’un côté, un mouvement national certes en progression mais englué dans sa recherche illusoire de respectabilité et, de l’autre, une droite nationale et identitaire affirmée, militante et conquérante qui ne cesse, elle aussi, de progresser. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en 2022, lors de la dernière élection présidentielle, que nous avons apporté sans hésitation notre soutien à la candidature d’Éric Zemmour.

Prendre conscience des changements dans le monde

Une autre raison d’être de Synthèse nationale, nous l’avons dit à plu-sieurs reprises, est d’amener nos amis à prendre conscience que le monde est en train de changer. Les enjeux d’aujourd’hui ne sont plus tout à fait les mêmes que ceux d’hier. La Guerre froide des années 1950 à 1980 appartient au passé. La menace principale qui pèse sur nous, ce ne sont plus les chars soviétiques qui ont écrasé en 1953, 1956, ou encore 1968 les tentatives de révolutions nationales en Europe de l’Est ; c’est la déferlante migratoire, c’est la montée de l’islam, ce sont ces millions de jeunes individus privés d’avenir sur leur sol par des gouvernants prédateurs qui tournent leurs yeux vers le nôtre, et ce sont tous les collabos qui, au sein de nos élites et de notre population, préparent, consciemment ou non, mais avec constance, l’avènement du « grand remplacement », l’anéantissement de la France française et de l’Europe européenne.

Cette bataille est essentielle. Elle est existentielle. Notre famille politique, nos peuples ne peuvent pas, ne doivent pas la perdre. Pour la gagner, nos mouvements, associations, publications doivent s’affranchir des querelles d’ego, s’extraire des logiques partisanes et des divisions mortifères qui les accompagnent. Ils doivent réserver leurs flèches à leurs adversaires, à leurs ennemis. Ils doivent rechercher les ententes, s’employer à rassembler leurs forces, fédérer leurs entreprises, leurs initiatives, chaque fois que possible, à l’image de ce que Synthèse nationale a fait, à son modeste niveau, à plusieurs reprises. Alors, la reconquête pourra triompher.  Notre combat est loin d’être terminé… 

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