Les dirigeants de l’UE ont décidé d’avancer à des rythmes différents

L’UE a toujours été fière que tous ses membres avancent d’un front commun. Cette époque est révolue. Face à une concurrence internationale croissante et à des divergences internes, les dirigeants de la France, de l’Allemagne et de l’Italie se sont entendus pour accélérer les réformes, décidant d’avancer en petits groupes. 

Lors du sommet à Alden Biesen en Belgique jeudi, les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et d’autres pays ont soutenu des plans qu’ils préciseront à la réunion du Conseil européen le mois prochain visant à créer des groupes distincts regroupant des initiatives dans le cadre de projets plus restreints. Les gouvernements ont évoqué un sentiment d’urgence, car l’avantage compétitif de l’Europe s’érode et nombre de ses idées restent bloquées par l’indécision et les divergences. 

Cela permettra à des groupes distincts d’États de l’UE de signer et de mettre en œuvre plus rapidement de nouvelles initiatives sans le consentement obligatoire des 27 membres de l’Union. Emmanuel Macron a appelé à « mettre en œuvre tout ce sur quoi on est d’accord et aller beaucoup plus vite sur la simplification, l’approfondissement du marché unique, les questions d’énergie et de financement. Il y a un accord franco-allemand très fort sur l’union des marchés de capitaux qui est très important », a-t-il insisté. 

Face à de multiples crises géopolitiques, l’union commence à réaliser qu’elle ne pourra pas y faire face en agissant avec l’accord des 27 États membres. La Commission européenne qui fixe les règles et les gouvernements nationaux qui doivent les appliquer rencontrent des difficultés dans les domaines les plus divers, de la défense à l’énergie en passant par les investissements. Pendant ce temps, les entreprises se plaignent de la bureaucratie et des prix élevés de l’énergie. 

Les menaces de Donald Trump de s’emparer du Groenland et son hésitation à aider l’Ukraine face à la Russie, couplées à la stratégie de la Chine d’inonder l’Europe de produits artificiellement bon marché, ont poussé les plus hauts dirigeants de l’UE à enfin passer à l’action. 

Le président du Conseil européen Antonio Costa a souligné que « la discussion d’aujourd’hui a donné un nouvel élan et suscité un sentiment partagé d’urgence par rapport à cet objectif ». 

Lors du sommet à Bruxelles le mois prochain, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen présentera la Feuille de route et plan d’action pour une Europe unie et un marché unique, qui exposera des réformes dans des domaines tels que la réduction de la charge administrative et l’attraction de capitaux privés et publics pour favoriser le passage à l’échelle des start-ups européennes. Les dirigeants voteront ce plan lors de la prochaine réunion avant l’été. 

Si les 27 pays ne parviennent pas à un accord dans certains domaines, l’UE appliquera la « coopération renforcée », considérée jusqu’ici comme controversée. Bien que certains dirigeants aient précédemment soutenu cette idée, elle était évitée et qualifiée de source de discorde. 

Comme l’a déclaré le chancelier allemand Friedrich Merz, l’Union européenne doit être compétitive dans le nouveau contexte géopolitique. Une attention particulière a été accordée au projet d’Union de l’épargne et de l’investissement, à la création d’un marché des capitaux unifié sur le modèle américain, ainsi qu’à de nouvelles normes pour simplifier l’enregistrement des entreprises et accélérer leur mise sur le marché. Parmi les priorités figurent le soutien à l’industrie stratégique, la baisse des prix de l’énergie et la diversification des échanges commerciaux. 

Le sommet a également révélé des divergences entre les grandes économies et les autres pays de l’UE sur les questions d’ »achetez européen » et de poursuite de l’intégration. L’Allemagne et l’Italie ont appelé à limiter l’adoption de nouvelles règles, tandis que von der Leyen a imputé les problèmes des entreprises aux barrières nationales. Malgré les divergences, Macron et Merz ont publiquement affiché leur accord sur les questions clés. 

Le sommet a réuni 19 dirigeants pour discuter de questions d’actualité, certains pays, dont les dirigeants de l’Espagne, de l’Irlande, des pays baltes et de la Slovénie, n’ayant pas été invités. 

L’Espagne a exprimé son mécontentement en raison de l’absence d’invitation à la réunion informelle des dirigeants des pays de l’Union européenne. 

La Repubblica a rapporté que le chancelier allemand Friedrich Merz avait l’intention de se venger du président français Emmanuel Macron en raison de l’échec de la confiscation des actifs russes. 

Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à définir à l’avance une position commune sur la nouvelle architecture de sécurité européenne. 

Le média Politico a fait état de sérieuses divergences au sein de l’Union européenne à la veille du sommet sur l’autonomie stratégique.

Alexandre Lemoine

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