À quelques jours du débat en commission au Sénat sur une future loi sur la fin de vie, la France des lodens et des poussettes a repris du service, en ce dimanche 18 janvier 2026. Ironie mise à part, ils étaient plus de dix mille, lors de cette dix-neuvième Marche pour la vie, à protester contre la menace de légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Une resucée de la Manif pour Tous dont le centre névralgique était encore la place Vauban où un immense podium accueillait les différents intervenants ?
La province n’était pas de reste car des Marches pour la vie ont aussi été organisées à Lille, Lyon, Angers, Metz, Toulouse et Strasbourg le même jour.
L’incontournable Frigide Barjot était d’ailleurs venue apporter son soutien.
Après l’intervention de l’ex-évêque de Fréjus-Toulon, monseigneur Dominique Rey, viré par le pape François en janvier 2025 car jugé trop à droite, le cortège a fait une boucle par le boulevard des Invalides, la rue de Sèvre, le boulevard Garibaldi pour revenir au point de départ par l’avenue de Suffren. Des slogans variés : « Macron, touche pas aux embryons ! », « Tous pour la vie, la vie pour tous », « génération pro-vie ».
Le tout baignant dans une impressionnante logistique.
Mardi 20 janvier 2026, les débats doivent reprendre dans l’hémicycle du Sénat. Déjà, les éléments de langage ont changé par rapport à ceux de l’Assemblée nationale : le « droit à l’aide à mourir » est remplacé par « l’assistance médicale à mourir ». On légifère « pour ceux qui vont mourir » et non « pour ceux qui veulent mourir ». Guillaume de Thieulloy, président de la Marche Pour la Vie 2026 a déclaré à l’AFP : « on espère que la majorité sénatoriale s’opposera à la mort administrée ».
La proposition de loi sur la fin de vie devra ensuite être réexaminée par les députés de l’Assemblée nationale, courant février.
https://www.lejdd.fr/Societe/fin-de-vie-le-senat-cedera-t-il-sur-leuthanasie-165788
Affichant un catholicisme décomplexé, beaucoup n’hésitaient pas à manifester leur foi dans la bonne humeur : croix, vente de chapelets bénits, prêtres en soutane, religieuses en tenue, au point que l’on pouvait se demander si les laïcs pouvaient trouver leur place dans cette lutte contre la culture de mort imposée par les « progressistes ». Comme s’il fallait « être croyant » pour désapprouver le funeste projet d’aide au suicide assisté !
Si la lutte contre l’euthanasie était le thème officiel de la manif, la contestation du droit à l’avortement animait la plupart des intervenants. On n’a pas cessé de le répéter : le nombre d’avortements atteint des records : 250 000 l’année dernière, alors qu’on se lamente sur la dépopulation dans l’Hexagone.
Parmi les intervenants, des délégués de divers pays européens (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Slovaquie, Italie) prennent la parole dans un français impeccable.
Roxane, amoureuse de Paris, qui voit un signe inquiétant dans l’incendie de Notre-Dame…
Sébastien, un Américain membre d’un mouvement Pro-vie du Michigan, entend renverser la vapeur avec le temps et faire abolir la loi pro-avortement de son État : « Nous nous battons avec Dieu ! Catholiques, protestants, orthodoxes, nous devons nous unir pour abolir ces lois sur l’entrave ».
Il compte parmi les intervenants qui ont fait un vibrant hommage à Charlie Kirk, militant conservateur américain, sauvagement assassiné le 10 septembre 2025.
Cornélien, militant canadien, nous rappelle qu’un décès sur six au Québec est le résultat de l’euthanasie : « Ne suivez pas l’exemple du Canada » nous dit-il !
Nous assistons ensuite au témoignage de Charlène, qui nous raconte son calvaire, lorsque son entourage l’a poussée à avorter à 26 ans. Elle dénonce le cynisme d’une intervenante du Planning Familial, l’absence de propositions d’alternative à l’avortement : « Quelle mère suis-je pour avoir accepté cela ? (…) On a disposé de mon corps. (…) l’IVG n’était pas mon choix (…) On ne s’est jamais préoccupé des conséquences (…) Mon histoire n’est pas un cas isolé ! ». Après une longue période de dépression qu’elle raconte, seule l’association AGAPA l’a aidée à faire le deuil périnatal.
Elle dénonce ensuite la complicité de l’Union européenne, toujours dans les mauvais coups, qui a cédé au lobbying pro-avortement de l’association « My Voice, My Choice ». Cette dernière avait décidé de porter devant la commission une « initiative citoyenne » visant à accorder un soutien financier aux États membres pour que toute personne n’ayant pas accès à un avortement sûr et légal puisse bénéficier d’un avortement en toute sécurité. Cette initiative a été approuvée par le Parlement européen le 17 décembre 2025. La commission a jusqu’au 2 mars 2026 pour donner une réponse officielle et présenter d’éventuelles mesures.
Un temps fort de la manif : le rappel des dix revendications de la Marche dont on peut remarquer que huit sont en lien avec l’avortement.
1 – Déployer un grand plan pour que les soins palliatifs soient accessibles à tout Français qui en aurait besoin ;
2 – Rejeter toute légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie, contraire à la solidarité ;
3 – Mettre en place une politique familiale pour combattre la précarité et accompagner tous les parents pour que l’IVG ne soit jamais un choix réalisé pour des raisons économiques ;
4 – Faire réaliser une étude sur l’IVG par les pouvoirs publics ou un groupe d’associations, pour mieux comprendre les causes et les conséquences de l’avortement, comme le souhaitent 88 % des Français (sondage IFOP octobre 2020) ;
5 – Permettre le remboursement à 100 % des actes liés à une maternité, alors qu’une prise en charge à 100 % est déjà prévue pour une IVG ;
6 – Encourager dès la sixième semaine de grossesse une échographie qui permette d’entendre battre le cœur du fœtus ;
7 – Rétablir un délai de réflexion de trois jours minima, avant toute IVG ;
8 – Encourager l’accouchement sous X pour permettre aux jeunes femmes en difficulté de mener leur grossesse à terme et de permettre ainsi l’adoption :
9 – Déployer une éducation affective et sexuelle respectueuse d’autrui et de la vie naissante dans le système éducatif ;
10 – Défendre le droit absolu à l’objection de conscience des personnels de santé et protéger la clause de conscience spécifique.
Marylise, porte-parole de la Marche dit un grand BRAVO à ceux et celles qui ont eu le courage de braver les pressions de leur entourage pour venir manifester contre l’avortement.
Entre deux crêpes au chocolat, de nombreux jeunes ont pu profiter du concert de clôture avant la dispersion.
L’électorat catholique est-il en train de changer ? On ne peut que regretter que les tenants de la culture de mort n’aient pas été davantage ciblés, contrairement à ce que l’on observe dans d’autres pays occidentaux.
Rappelons que, globalement, 55 % des catholiques ont voté Macron au second tour des présidentielles de 2017, même si ce taux est resté inférieur à la moyenne nationale (58 %). Il est vrai qu’en 2022, ce taux avait considérablement chuté.
https://politiquemagazine.fr/france/la-reelection-de-macron-est-en-partie-due-au-vote-catholique/
Hector Poupon
Crédit Photos Riposte Laïque
https://ripostelaique.com/marche-pour-la-vie-2026-on-etait-10-000-on-ne-lache-rien.html
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