
Ce texte revient sur la trajectoire médiatique de Raphaël Glucksmann : des sondages flatteurs à la déconvenue face à Éric Zemmour, puis l’opération de rattrapage autour d’un documentaire sur ses origines. Il interroge surtout une « découverte » familiale tardive et ce qu’elle révèle de son discours public et de ses postures politiques.
Polémia
Sondages et confrontation au réel
À l’automne dernier, de flatteurs sondages créditaient Raphaël Glucksmann, ouvertement candidat à la présidentielle de 2027, de 14 à 16 % des suffrages au premier tour. Ce qui lui donnait toutes ses chances pour accéder au second tour et peut-être l’emporter contre Marine Le Pen ou Jordan Bardella. En effet, la gauche unanime se ralliant alors à lui, bon gré mal gré, pourrait possiblement faire échec la maudite « extrême droite ». Mais cela, c’était avant le 20 novembre, date de sa calamiteuse « Grande confrontation » sur LCI avec Éric Zemmour, lequel l’étrilla et même le ridiculisa de si belle façon que, depuis, les sondages n’accordent plus au mieux que 12 % des votes au fondateur du fantomatique parti Place publique qui devait ensuite avouer, penaud : « J’aurais pu faire mieux, mais cette émission est difficile. »
Est-ce pour redorer son blason que la chaîne Public Sénat a programmé pour le 31 janvier un documentaire intitulé « Les Glucksmann, une histoire de famille » ? Une histoire qui, selon ses dires, a frappé de stupéfaction l’époux de Léa Salamé car il aurait ignoré que son grand-père Ruben, né austro-hongrois dans l’actuelle Ukraine puis exilé en Israël, qu’on appelait alors la Palestine, avait été un agent soviétique.
Grand-père agent soviétique : une information de notoriété publique
Particularité bien connue de nos lecteurs puisque, consacrant le 15 octobre un long portrait à l’avantageux Raphaël, nous y notions, en nous référant au n° 408 de Faits & Documents, lettre d’information créé par le regretté Emmanuel Ratier, mort en 2015 et dont les révélations n’avaient jamais été contredites : « Son grand-père paternel Rubin Glücksmann, agent de renseignement du GRU (renseignement militaire soviétique), gagna la France en 1935, mais continua ses activités pour le Komintern au sein de la Wostwag, qui livrait du matériel aux Républicains espagnols. C’est d’ailleurs en l’honneur du Petit Père des peuples que ce stalinien d’élite donna Joseph comme premier prénom à son fils André », le futur néo-philosophe.
Ajoutons que l’activisme stalinien du défunt camarade Rubin est de notoriété publique puisque mentionné par Wikipédia. Dès lors, marié à une journaliste et homme de médias lui-même, comment Raphaël Glucksmann peut-il feindre n’avoir rien su jusqu’à ces derniers jours de l’engagement de son aïeul ? Engagement qui fait tache dans son curriculum vitae de parfait européo-atlantiste et d’ennemi numéro un de Vladimir Poutine. Ainsi, ne riez pas, que de meilleur défenseur des Français. « S’il y a un patriote à cette table, c’est moi », avait-il eu le front de lancer à Zemmour, alors qu’il venait de préconiser à Bruxelles de nouvelles « voix d’immigration légales vers l’Europe afin de répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs ».
Tout homme n’étant responsable que de ses propres actions, nous ne reprocherons pas au petit-fils les crimes de son grand-père. Mais on peut reprocher à Raphaël Glucksmann, ce preux chevalier de tous les bons combats (Géorgie, Ukraine, antiracisme militant) sa lâcheté, devant la vérité. Une honteuse dérobade qui en dit long sur ce personnage
Claude Lorne
https://www.polemia.com/raphael-glucksmann-face-a-zemmour-et-a-son-passe/
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