
Diabolisation de l’ennemi et simplifications de l’histoire
La guerre est donc la pire des choses, l’horreur absolue, la négation de la civilisation. Certes, mais est-elle évitable, et comment démonter les arguments de propagande qui la présentent comme un avenir inéluctable, sans possibilité aucune de réformer nos relations avec l’est du continent ?
Il n’est possible de commettre les horreurs de la guerre que si l’on s’est préalablement convaincu que l’on combattait le démon. Il faut donc inventer ou construire, faire croire à l’existence du démon.
Dans ce cas précis, tout commence par une ostracisation de la Russie sous couvert de poutinophobie, et l’on voit se mettre en place la diabolisation d’un ennemi la plupart du temps réduit à une personnalité, plus tangible, plus aisément détestable. Cela a pour effet – sinon pour but – d’introduire l’affect dans une problématique géopolitique, et d’esquiver ainsi les analyses politiques. La méthode a fait ses preuves25.
Certes, la Russie est l’agresseur, et a transgressé le droit international26. Certes, des éléments de l’armée russe ont franchi la frontière ukrainienne en février 2023.
Mais aucune guerre ne surgit brusquement du néant, toute guerre s’inscrit dans une longue histoire à rebondissement, ou chaque offensive s’appuie sur des ressentiments savamment exploités par ceux qui ont intérêt au conflit. Et la rhétorique guerrière est passée maîtresse dans l’art de choisir le point de départ d’un affrontement, et de le choisir de manière à disqualifier d’emblée l’adversaire.
Nous savons pertinemment que le 24 février 2022 n’est pas le commencement de l’histoire. Nous savons pertinemment que le drame couvait au sein de la guerre du Donbass, et fut abordé en particulier lors des accords de Minsk27. Les puissances européennes et singulièrement la France et l’Allemagne traitèrent ces accords sans grande conviction, et la question de l’adhésion à l’OTAN ne fut pas considérée comme fondamentale.
Il semble donc indispensable de rappeler que les conflits naissent très rarement sur un terrain vierge.
Ainsi l’histoire dominante raconte-t-elle que de traîtres japonais attaquèrent la plus paisible des nations sans que rien ne le justifie. Cette tromperie, qui fut en décembre 1941 d’une redoutable efficacité est restée ancrée dans bien des mémoires, témoignant de la grandeur d’âme US face à la duplicité de son adversaire.
Or ce demi-mensonge glisse sous le tapis l’embargo complet décrété dès l’été 1941 par Washington sur le pétrole et l’acier, ainsi que le gel des avoirs japonais sur le sol américain. Autrement dit l’étouffement économique du pays et l’exigence de sa capitulation aux condition des intérêts US28.
La menace à l’est et l’hypertrophie de l’armement
S’agissant maintenant du « risque » représenté par la Russie – pour reprendre les mots employés par le CEMA – souvenons-nous que la génération d’après la capitulation de l’Allemagne fut bercée, dès les années 50, du danger représenté par l’URSS. Hors même de la période du Maccarthysme, le communisme était alors largement perçu comme le « mal absolu »29.
Si les États-Unis pensaient en 1945 disposer de l’arme de dissuasion totale, ils durent rapidement déchanter lors de la première expérience nucléaire soviétique30. Leur obsession fut dès lors de conserver toujours une longueur d’avance. Cette obsession se traduisit rapidement par un développement de l’armement, lequel conduisit rapidement à une hypertrophie de ce secteur industriel.
Cette démesure – et le lobbying forcené qui s’ensuivit – alla de pair avec une dénonciation obstinée et en largement fantasmée de la « menace à l’Est ». A tel point que le président Eisenhower lui-même, peu soupçonnable de sympathie pour le régime communiste, crut bon de mettre en garde le peuple américain contre le risque – pour le coup réel – de l’influence du « Lobby militaro-industriel » (17 janvier 1961)31.
Cette « menace soviétique » ne se concrétisa jamais autrement que par une mainmise jalouse sur le « glacis » constitué par les pays restés dans l’orbite soviétique aux termes des conférences de Moscou et de Yalta, et de leur occupation par l’armée rouge. Et aucun des innombrables chars soviétiques imaginés par la propagande ne menaça jamais le « rideau de fer ».
L’effondrement du bloc communiste, de l’URSS elle-même, puis la disparition de facto du Pacte de Varsovie semblait donc pouvoir clore cette ère de méfiance. Mais tel ne fut pas le cas, ce qui suggère au minimum que la menace communiste n’était pas la véritable raison de cette défiance, mais bien plutôt un alibi facile.
Le concept de « menace russe » vient donc de loin, et n’a pas attendu l’invasion de l’Ukraine32.
Et du reste, la mise en avant d’un contexte conflictuel et angoissant peuplé d’ennemis irréductibles et pervers s’étend insidieusement à la Chine, à l’Iran, et plus récemment à l’Algérie toute proche.
Une obsession dans un entourage peuplé d’ennemis irréductibles
Pour ce qui est de la France, on peut ajouter que la volonté d’un « réarmement moral » apparaît depuis de nombreuses années dans des sphères proches des pouvoirs politiques et de l’armée elle-même33.
Enfin, il semble juste de dire dans le contexte de tension qui se développe, qu’en effet la Russie ne nous a pas attaqués, et ne nous a pas non plus déclaré la guerre. C’est bien l’Europe, sous la houlette de Mme Van der Leyen – outrepassant éventuellement ses compétences – , et singulièrement la France de M. Macron, qui ont décidé que l’attaque contre l’Ukraine nous concernait et nous menaçait à terme, alors qu’aucune alliance militaire ne nous liait à ce pays.
Par ailleurs, n’étant pas à une contradiction près, éditorialistes et « analystes » n’hésitent pas à nous avertir de l’invasion imminente de l’Europe tout en moquant l’inefficacité de l’organisation russe, et cela alors même que l’armée russe piétine devant l’armée Ukrainienne depuis bientôt 3 ans, sans démontrer une supériorité flagrante.
Et il semble alors évident que la promesse faite à l’Ukraine – et sans cesse réitérée – d’un soutien financier et matériel indéfectible, les mesures de rétorsion, et les nombreux mensonges (Voir note 14) et imprécations proférées contre la Russie, son régime et ses dirigeants, permettent de comprendre pourquoi ce pays devient progressivement et inévitablement notre ennemi.
Les déclarations de MM. Mandon et Macron sont autant de pas dans ce sens.
Petite genèse de la marginalisation de la Russie
Or il semble bien que la relégation de la Russie soit beaucoup plus profonde que les alibis agités à nos yeux, de l’idéologie néfaste du communisme à la personnalité dangereuse de M. Poutine.
En effet, rien n’a été fait depuis la fin de la seconde guerre mondiale pour rapprocher les deux parties de l’Europe, et tout au contraire a été fait pour dresser une barrière culturelle en grande partie fictive. Tandis que les populations de l’Europe occidentale étaient biberonnées au plan Marshall, au cinéma américain, à la folk-music, et que l’« anglais » envahissait notre langue, alors que dès l’enfance jeans, chewing-gum et westerns berçaient notre quotidien, bien peu de d’images et de sons nous parvenaient de l’est du continent… et ces aperçus étaient généralement négatifs et méprisants, pendant comme après l’épisode communiste.
La manière dont la Russie a été obstinément gommée des commémorations de la victoire contre le nazisme est à cet égard très significative, alors que l’effort déterminant revenait bel et bien à l’Armée Rouge, et que les pays de l’est avaient été les principales victimes34…
Tout se passa comme si l’Europe occidentale, sidérée de l’autodestruction dont elle s’était rendue coupable et de son incapacité à y résister, restait fascinée par l’Amérique, et inapte à prendre en mains son destin s’en remettait aux fantasmes dominateurs des USA. Ses élites, percluses de culpabilité devant leur défaite, devant leur soumission au nazisme, ne pouvaient alors qu’emboîter le pas à la vision atlantiste.
Et aucune nation, même après la chute de « l’Empire soviétique » ne sut ensuite sortir de la vision négative et méfiante vis à vis de la désormais Russie35.
L’on peut ajouter pour conclure que le cataclysme des deux guerres mondiales a amené l’Europe à tenter de mettre fin à ses ardeurs suicidaires en s’efforçant de réconcilier des ennemis mortels avérés – Allemagne et France en particulier. Mais que pas le moindre effort n’a été fait, depuis l’effondrement du communisme qui nous avait été présenté comme le nouvel ennemi irrémédiable, pour construire un équilibre pacifique sur tout le continent.
Le prétexte majeur : la Démocratie
Reste enfin l’argument de fond, ressassé depuis l’origine du conflit ouvert : c’est à la défense de « Nos Valeurs » que nous devons être prêts à sacrifier nos enfants, et en tout premier lieu à la défense de La Démocratie, qui serait notre apanage et le garant de la primauté de notre civilisation.
Or l’ensemble des événements de la fin de de la Seconde Guerre, ainsi que les nombreux conflits qui ont émaillé l’après guerre, nous démontrent qu’une démocratie est parfaitement capable du pire dès que la guerre est enclenchée.
Il est inutile de revenir sur les innombrables horreurs qui lui sont dues, de Tokyo et Hiroshima jusqu’à la destruction de Gaza, en passant par la guerre d’Algérie, la crucifixion du Vietnam, du Cambodge, de l’Irak et de la Libye, et des nombreux conflits actuellement en cours.
Certains épisodes, comme celui du déclenchement de la guerre contre l’Irak par l’administration de G.W. Bush sont resté ancrés dans les esprits comme des monuments de cynisme.
Inutile de rappeler que ces faits ont tous été commis au nom de la liberté, de la démocratie, et de la civilisation …
On peine alors à croire que nos dirigeants soient si fortement attachés aux valeurs de la démocratie.
Il faudrait donc balayer d’emblée l’argument de la défense de la « démocratie », qui est lui-même foulé aux pieds dès le premier pas vers la guerre.
Cette simple affirmation ne résiste d’ailleurs pas une seconde lorsqu’on observe la manière dont sont conduits ces pas.
En France même, les premières allusions à la situation en Ukraine ont conduit le président à énoncer en public, face caméra bien entendu, des formules où domine le « Je », guère compatible avec la démocratie parlementaire.
Car même en V° République, une déclaration de guerre n’est constitutionnellement pas de la responsabilité unique et personnelle du président36.
Il et ainsi parfaitement emblématique que toutes les déclarations guerrières dont nous parlons soient faites au mépris du gouvernement en place, au mépris de l’Assemblée élue, sans parler du mépris du peuple lui-même.
En effet s’il est un sujet majeur dans la vie d’une nation, s’il est un sujet qui concerne tous les citoyens, et principalement ceux qui ont des enfants et qu’on invite à accepter de les perdre, il est parfaitement évident que jamais au grand jamais ce sujet ne sera soumis au peuple d’une manière ou d’une autre.
Ce sujet, qui plus est, n’a fait l’objet d’aucun programme politique, ni celui de l’élection présidentielle, ni celui de l’élection législative.
En conséquence seule une nouvelle interrogation du peuple dans cette circonstance pourrait se prétendre démocratique.
Une nation dans laquelle la décision de faire la guerre ou de ne pas la faire repose entre les mains d’un individu sans expérience, sans histoire, sans descendance, conduit par un ego d’une hypertrophie ridicule et dangereuse… est tout simplement un déni absolu de démocratie.
C’est donc une totale mystification que cette décision soit prise au nom de la défense de nos valeurs démocratiques.
Pour couronner le tout, la dérive inégalitaire sous ce régime politique, conduit à concentrer entre des mains privées un pouvoir politique et médiatique important.
Un clou de plus au cercueil de la Démocratie.
Sur un plan plus terre-à-terre, il est clair que dès le déclenchement d’une guerre la démocratie n’est plus qu’un mot. Les exigences opérationnelles priment d’emblée sur toute autre considération et toute opposition devient défaitisme et traîtrise. L’information doit être contrôlée et censurée.
Dès le début des hostilités, dès l’envoi des premiers « enfants » sur un front, tout discours pacifiste, tout discours sur la vérité des faits serait escamoté, toute image déplaisante considérée comme défaitiste, tout discours d’opposition condamné comme une trahison au profit de l’ennemi.
Enfin, l’on sait que des hommes et des femmes avides de pouvoir ont existé à toutes les époques, et ne disparaissent pas avec la démocratie. Et « il faut dire les mots » comme le suggérait notre CEMA, celle-ci n’intéresse ces ambitieux que dans la mesure où elle leur permet d’accéder au pouvoir.
Leur seule préoccupation ultérieure est alors de le préserver. Toute occasion leur est bonne, et la guerre en est une excellente depuis toujours.
Plus loin de nous, l’exemple en est donné par la séquence tristement caricaturale de l’impensable lettre de Netanyahu au président israélien, demandant sa grâce au motif de « l’Union nationale » !
Les raisons de fond
La « nature humaine »
« La guerre est dans la nature de l’Homme ! »
Voilà bien une manière de « naturaliser » la guerre, et de couper court à tout raisonnement et à toute considération politique.
Or si une certaine agressivité est sans doute inhérente à notre espèce, il n’est pas vrai que la guerre est dans la nature de l’homme en tant qu’individu37. Aucun individu informé et sain d’esprit ne peut l’envisager sereinement38.
La guerre n’est au fond que le produit des formes d’organisation sociale des groupes humains et des relations entre ces groupes, et l’un des buts que s’est donnée la civilisation est précisément d’éviter l’autodestruction – autant que faire se peut, et de tenter de contenir cette agressivité en la ramenant à des formes symboliques.
Dans les sociétés actuelles, c’est au niveau diplomatique, et donc localement au niveau politique, que peuvent être domptés les instincts belliqueux, de même que c’est au niveau politique qu’ils peuvent être ravivés, mis en scène, exacerbés. L’histoire nous l’apprend, nous le percevons tous.
Cette question majeure agite la philosophie depuis que l’histoire existe, et il peut sembler à tout esprit sain que le « progrès » devrait tout d’abord s’attacher à éviter les conflits majeurs, bien davantage qu’à améliorer la productivité, les profits, ou à promouvoir l’IA39.
C’est donc une question fort ancienne, mais dont l’actualité et l’urgence ne font que croître avec le pouvoir de destruction dont nous dote l’innovation militaire. Nous savons tous in petto qu’un seuil impensable fut franchi à Hiroshima, celui qui fit dire à l’un des pilotes de l’US Air Force : « God, what have we done ! » Et les guerres en cours ne démentent pas cet effet du « progrès ».
Cette menace existentielle, nous le savons aujourd’hui, est décuplée par l’augmentation de la rapidité des armements stratégiques et tactiques, qui rend indispensable l’automatisation des ripostes… voire des anticipations. De plus, quiconque s’est heurté à l’aveuglement de la machinerie informatique, à ses inévitables erreurs de fonctionnement… et aux possibilités de piratage de ses algorithmes, ne peut que trembler devant l’absurdité croissante de la situation.
Fi donc des explications naturalistes, et vive la civilisation, la diplomatie, et le droit international, seul espoir de coexistence entre nations.
Désordre du Monde et profiteurs de guerre en tous genres
Mais, hélas, il existe des forces et des intérêts qui œuvrent à jouer avec le feu et à rendre les populations résignées à cette fatalité inéluctable. Ces manœuvres peuvent certes provenir d’agresseurs patentés déjà dans le collimateur, mais elles peuvent également provenir du camp du bien, qui prétend percevoir une menace, qui se prétend pacifique et entend nous défendre en anticipant l’attaque. Les exemples fourmillent dans notre passé récent, et hélas dans notre présent comme chacun le sait.
Or il n’échappe à personne que les tensions se multiplient à une vitesse croissante.
Des conflits éclatent en d’innombrables régions, d’autres semblent en germe, et nous pressentons tous que cela ne peut être le fait du hasard.
Que se produit-il donc dans le monde qui puisse ainsi semer la discorde ?
Le désordre global qui sème la guerre depuis le Vénézuéla jusqu’au Soudan, en passant par le Congo et le Moyen-Orient, peut difficilement être imputé à la seule Russie de Poutine, même si une certaine rhétorique s’y emploie. Comme elle s’emploie aussi à diaboliser la Chine ou l’Iran40.
La marche à la guerre qui nous est prônée au cœur de l’Europe n’est sans doute pas non plus uniquement due à la Russie ; il s’agit plutôt comme on l’a vu d’une menace construite, relayée par les média, souvent étayée par des indices peu probants, voire par des mensonges flagrants. Elle tient probablement bien davantage à cette conjonction trouble où se rencontrent de très nombreux et puissants intérêts privés, et au dérèglement d’un ordre international qui s’appuyait sur une domination monopolistique globale et tyrannique. Cet ordre perçu comme inique par un nombre grandissant de pays est désormais bousculé par l’ascension de la Chine, de l’Inde, des Brics, et par la perte d’influence de l’Europe et des USA.
A une longue période de domination par un occident en possession des savoirs scientifiques et industriels, disposant d’accès privilégiés aux ressources de la planète via les tentacules du néocolonialisme, d’un système bancaire et monétaire omnipotents et d’un surarmement indépassable, fait place une remise en question de ce partage inique des ressources, des aptitudes techniques et des moyens de pression pour préserver ces privilèges41.
On comprend bien que la maîtrise stratégique42 des ressources minérales, des voies maritimes, des technologies et des systèmes bancaires constitue le réel enjeu, avec en dernier ressort la supériorité des armes, de quelque type qu’elles soient. Vieille histoire, ravivée ces jours-ci par l’attaque du Vénézuéla.
Il est crucial de constater que loin d’être essentiellement matérielle, cette régression est également morale, les puissances occidentales n’hésitant pas à fouler aux pieds les valeurs dont elles se prévalaient lors de leur toute-puissance. Allant même depuis peu jusqu’à la disqualification des instances internationales qu’elles avaient elles-mêmes mises en place, et dont elles imposaient les décisions – manu militari si nécessaire – lorsqu’elles en étaient les principales forces d’influence.
Crucial car ce « double langage », très mal perçu dans tout le reste du Monde, mine également la confiance au sein même des pays donnés en exemple de la démocratie libérale.
Alors, quelles raisons exactes peuvent pousser certains dirigeants européens, certains cadres dirigeants de la Commission européenne, à prétendre entreprendre une guerre dont les buts ne sont pas explicités, et qui est au dessus de leurs moyens, ou mortifère ?
Quels intérêts pratiques et non pas moraux ou idéologiques, peuvent donc motiver les classes dirigeantes élues, ou les lobbies sous-jacents dont les intérêts sont purement trébuchants (vente d’armes, ressources de l’Ukraine, hypothétique main d’œuvre ukrainienne, …) ?
On peut penser bien entendu aux profits de l’armement. Cela peut sembler trivial et anecdotique, mais les chiffres donnent le vertige, et l’on imagine que ce vertige saisit aussi les industriels du secteur lorsqu’ils découvrent le nombre de zéros que l’Union européenne, sous la houlette de Mme Van Der Leyen, se déclare prête à trouver au fond des tiroirs qui naguère étaient réputés vides.
L’on sait pertinemment que pour la France en particulier, ce secteur industriel reste un fleuron43.
Là ne peut pas être la seule raison majeure du bellicisme… cependant on ne doit pas balayer d’un revers de main le rôle déterminant des marchands d’armes dans les belles guerres mondiales…
Les magazines spécialisés se font d’ailleurs volontiers l’écho de l’embellie de ce marché – pour s’en réjouir souvent – mais jamais ne hasardent l’hypothèse que le complexe militaro-industriel que dénonçait Eisenhower a toutes raisons de pousser de toutes ses forces dans le sens d’une pérennisation voire d’une amplification des guerres en cours.
Et le reste
Mais les raisons de fond comprennent très certainement d’autres lignes de force.
Il se trouve en effet que la mise en coupe réglée de la planète qui prévalait jusqu’alors assura une légitimité durable aux classes dirigeantes et aux classes possédantes, via l’augmentation du niveau de vie des populations.
Car, grâce à ces richesses prélevées dans les contrées conquises44, les classes privilégiées purent s’approprier la « part du lion », tout en laissant des reliefs suffisants pour apaiser les électeurs.
Or voici que la remise en cause à l’échelle planétaire du partage des fruits de la croissance, met en cause par ricochet les équilibres internes à chaque pays avancé. Les classes possédantes n’entendant pas, comme on le sait, renoncer à leurs prébendes, ne trouvent d’autre issue que de contraindre les classes moyennes et prolétaires, de réduire les services publics, de privatiser les biens communs, de délocaliser leurs investissement rendus possibles par leurs profits.
On assiste donc à un discrédit des pouvoirs « démocratiques » sur fond d’appauvrissement des classes défavorisées et des classes moyennes, de corruption, d’incapacité à lutter contre le banditisme organisé, tout cela aggravé par le « séparatisme » éhonté des favorisés.
Voici donc, dans chaque pays « avancé » les équilibres internes détruits, avec les effets politiques bien connus de tous.
Car la réaction des pouvoirs en place pour contrôler « l’ordre public » et préserver leur ascendant, consiste bien entendu à renforcer les moyens policiers, à durcir les cadres juridiques, et in fine à se tourner vers la guerre, ciment coercitif des sociétés malades45.
Le cas du « trumpisme » est emblématique de cette situation, où le pouvoir finit par échoir entre des mains hasardeuses et réactionnaires, où la stabilité sociale du pays semble en grand danger, et qui rend l’agression armée omniprésente.
Il illustre également le rapport entre problématiques économiques et stratégiques d’un côté, et émergence de la guerre comme solution, comme le démontre l’appétit insatiable qui convoite désormais aussi bien le Groenland que le Vénézuéla, dans l’intention de – feindre de – préserver l’ « American way of life ».
Et ce qui est ostensible outre-Atlantique devient perceptible en Europe.
Le populisme de droite, adepte des solutions rapides, simplistes et contraires aux valeurs fondatrices de la « démocratie occidentale » fleurit alors à toute latitude et longitude.
Et puis… on ne peut pas exclure, hélas, la passion des hommes ambitieux pour la guerre, achèvement de leur soif de pouvoir. Elle est connue de César à Georges Bush, en passant par Louis le Grand, Napoléon, Bismarck et tant d’autres…
On ne peut exclure non plus que la culpabilité rentrée des sphères dirigeantes, porteuses des lourds héritages de la cécité diplomatique, de l’incompétence militaire, de la propension éternelle à la collaboration, joue également un rôle. Les élites politiques et militaires françaises étant probablement interloquées par la seconde guerre mondiale, qui vit leurs prédécesseurs collaborer avec l’ennemi jusqu’à l’ignoble, foulant aux pieds tous leurs devoirs.
Ajoutons à cela l’absence de grands penseurs apaisés et de forces de paix organisées et actives, la complicité d’une sphère médiatique avide d’événements percutants, majoritairement dépendante d’intérêts privés et d’un effarant conformisme… et la mise en place d’un discours belliqueux sans distanciation est assurée.
Gardons-nous de ce discours hasardeux et de ses conséquences désastreuses.
Conclusion
Le Président, emboîtant le pas martial de son CEMA, a donc pris l’initiative de déplacer vers l’acceptation de la guerre la « fenêtre d’Overton » de ce qui est dicible au sein de la société française.
Si les mots employés ont été largement commentés par la presse toujours avide de formules spectaculaires, fort peu de voix se sont élevées pour souligner le danger de ces mots, pour contester l’analyse et son contexte, et moins encore pour remettre en mémoire ce que signifie exactement « faire la guerre » , dont les générations actuelles n’ont que peu idée, et qui se nomme dévastations, massacres, hémorragie de dépenses destructrices, régression de la civilisation. Oui, « Il faut dire les mots ».
Or les axiomes du discours de MM Mandon et Macron sont largement contestables, les parallèles historiques parfaitement simplistes, et les mots « de vérité » elliptiques.
La volonté de reprise en mains de l’opinion – et de sa jeunesse en particulier, la tentation d’appeler à une « Union nationale » autour d’un pouvoir en grande difficulté sont en revanche parfaitement perceptibles.
De plus, bon nombres d’intérêt trébuchants jamais évoqués peuvent également être soupçonnés.
Alors il semble bien que, comme ce fut souvent de cas dans l’histoire, les classes dirigeantes perçoivent soudain, dans le désordre croissant du monde, qu’une « Bonne guerre » pourrait leur être profitable, et remettre au pas les dissensions multiples.
Les paroles belliqueuses ne s’accompagnent d’aucun but de guerre précis, d’un silence total sur les escalades envisageables. La possibilité d’une catastrophe se met lentement en marche.
Cela s’appelle la marche à la guerre.
Et la machine infernale une fois en route, la propagande se met de la partie ; alibis, prétextes, mensonges si nécessaire s’accumulent.
Les mots prononcés par les détenteurs du pouvoir, dangereux mouvements de menton, paroles maladroites, inconséquentes, rendent chaque jour plus difficile une issue non guerrière.
Il faut alors, il faudrait alors, de Grandes Voix, de grands mouvements d’opinion, une lucidité soudaine des moyens d’information principaux pour contrecarrer la résignation, pour conjurer le danger.
Or une évidence fait son chemin dans les esprits : c’est bien un dérèglement général des relations internationales qui conduit à ce périlleux chemin. Les récents événements qui font la Une des journaux, des éditoriaux et envahissent la toile sont une confirmation de cette hypothèse.
Combien d’efforts ont été faits pour réduire les écarts entre nations ? Pour aplanir les contentieux ?
Pourquoi donc ce que nous avons su faire au niveau des nations en construisant des structures publiques de santé, d’éducation de transports, d’énergie, en tentant d’égaliser les écarts de richesses, de faire disparaître la pauvreté, d’approcher l’égalité inscrite dans les droits de l’homme, pourquoi tout cela n’a-t-il pas été entrepris à un niveau supérieur ?
Le Monde est donc au carrefour d’un dilemme existentiel : prendre le risque d’affrontements guerriers dont on sait les débordements possibles, ou accepter enfin de considérer que la vision impériale, exigeant la domination d’une partie du Monde au profit de la partie la plus armée, préfigure un cataclysme inédit, porteur de conséquences eschatologiques….
1« De toute façon, dans l’année qui vient, je vais devoir envoyer des mecs à Odessa », aurait-il glissé en « off » (hors micro) à l’Élysée, le 21 février 2024.
Les journalistes du Monde rapportent que le président aurait lâché cette phrase d’un ton détaché, résigné.
2Récapitulatif de l’usage du mot par Emmanuel Macron.
26/09/2017 : « perdre nos débats dans une guerre civile européenne ».
16/03/2020 : « nous sommes en guerre ! En guerre sanitaire, certes… »
25/03/2020 : « lorsqu’on engage une guerre, on s’y engage tout entier »
24/06/2024, au sujet des oppositions politiques « extrêmes » : « Le pays explose ou c’est la guerre civile »
20/02/2025 : « je vais vous dire, on est en guerre quelque part… »
Juillet 2025 : une allusion transparente qui préfigure le discours de Mandon : « accepter de payer le prix de notre liberté »
12/11/2025 : « La guerre d’aujourd’hui se joue dans l’espace, et la guerre de demain commencera dans l’espace… »
3Alors même que tous les fondements du patriotisme ont été détruits par le libéralisme capitaliste qu’incarne Macron : Frontières, industrie stratégique, fuite des milliardaires, capitaux délocalisés, retour au sein de l’OTAN…
4Voir l’interview de F. Encel, note 4.
5Sans doute est il utile de souligner ici qu’il n’est pas question de dédouaner la Russie et son dirigeant actuel de l’agression indiscutable commise contre l’Ukraine. Aucun réquisitoire « poutinophile » ne se cache dans l’analyse que je propose, il ne s’agit que de questionner la pertinence de la préparation d’une guerre contre la Russie.
6Frederic Encel chez Apolline de Malherbe sur BFM :
https://youtu.be/wCZivYMKM0E?si=O1HMvahpG3BAgBbL
7L’attaque déclenchée par l’armée des Etats Unis sur le Venezuela en est la dernière illustration flagrante.
8Il y a là un refoulé évident : puisque c’est ce que nous avons fait dans les siècles précédents, il est clair que d’autres ne pensent qu’à le faire à leur tour. Il n’existe pas d’autres moyens de côtoyer ses voisins.
9L’Opinion note par exemple au sujet des réactions du RN : le RN esquive et cible l’« ennemi intérieur ».
Voir : https://www.lopinion.fr/politique/polemique-sur-les-propos-du-general-mandon-le-rn-esquive-et-cible-l-ennemi-interieur
10L’ancienne ministre Ségolène Royal s’est aussi vivement opposée à la déclaration de Fabien Mandon. « Non monsieur le Chef d’État-major des armées, la France n’acceptera pas de perdre ses enfants au profit d’un pouvoir en dérive qui, comme l’écrivait Machiavel est tenté de “déclencher une guerre pour éviter des troubles intérieurs, et qui finit toujours par accélérer sa propre perte” ../.. le rôle de la France, membre du Conseil de Sécurité de l’Onu, c’est d’agir pour la Paix en Ukraine en obtenant une force internationale de stabilisation »
11Victor Hugo, parlant de la guerre en Vendée dans « Quatre-vingt Treize », fait dire au général commandant l’insurrection vendéenne : « La bonté d’une guerre se juge à la quantité de mal qu’elle fait »…
12Selon les sources, 10 à 15 % des « enfants perdus à la guerre » auraient été atteints par des tirs amis.
Voir : https://www.lefigaro.fr/international/2010/08/25/01003-20100825ARTFIG00598-le-fleau-des-tirs-amis-frappe-les-soldats-francais.php
13Cela est bien mieux dit par Alexis Jenni dans son ouvrage « L’art français de la guerre », prix Goncourt 2011.
14Le site « Lecolonel » explique cyniquement et clairement ce qui doit plutôt être caché !
Voir : https://lecolonel.net/2025/11/19/analyse-sur-les-propos-du-general-fabien-mandon-cema-une-triple-faute-strategique-politique-et-institutionnelle/
15Car l’admirable courage de certains combattants ne peut être loué à l’aune seule de ce courage, sans jamais demander : pourquoi faire, dans quel but, pour quel résultat, et sous quelle contrainte ?
16La décivilisation jusqu’à pervertir toutes les fois religieuses, en associant nos dieux à nos errements et en tentant de faire croire qu’ils sont de notre côté.
17On peut par exemple lire le discours à l’assemblée de M. de Lamartine au sujet de la guerre d’Algérie, Séance du 10 juin 1846 : https://hoggar.org/2013/08/02/discours-dalphonse-de-lamartine-sur-lalgerie-a-lassemblee-nationale/
19Le cas caricatural historique en est fourni par le basculement de la presse française du patriotisme au pétainisme, puis du pétainisme au gaullisme, au travers des péripéties de la seconde guerre mondiale.
20Son fameux slogan sur les valeurs fondamentales du redressement de la France est resté célèbre.
« L’ État français fait un usage politique du familial contre la République, ses héritages et ses principes, mais aussi, dans le contexte de la défaite, contre les femmes accusées d’avoir oublié leur « rôle naturel » de procréatrices nationales, de mères et d’épouses. » Voir : https://books.openedition.org/pur/121296?lang=fr
Ph. Pétain fut d’ailleurs admis à l’Académie des sciences morales et politiques.
Voir : https://books.openedition.org/pur/121296?lang=fr
Voir aussi : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9armement_moral
21L’Allemagne nazie elle-même, lorsqu’elle envahit la Pologne, prétendit répondre à l’attaque de soldats polonais contre une station de radio… (https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-infox-de-l-histoire/gleiwitz-31-aout-1939-l-infox-qui-a-declenche-la-seconde-guerre-mondiale-4229490)
22Voir note 24. On peut également mentionner le point de vue de M. Attali : « on rêve donc d’entendre dire que nous sommes en guerre économique ». Voir : https://www.attali.com/geopolitique/la-crise-economique-est-une-guerre-comme-les-autres/
Rappelé ici : https://www.legrandsoir.info/vivement-la-grande-guerre-economique.html
23« Quand, en septembre 2022, on découvre un sabotage des gazoducs Nord Stream sous la mer Baltique, les médias accusent la Russie comme un seul homme, nonobstant les incohérences de la thèse. »
Voir : https://www.marianne.net/societe/medias/recit-mediatique-le-faux-mystere-du-sabotage-des-gazoducs-nord-stream
24Le 1° mars 2022, Thierry Breton suivant Ursula Van der Leyen prône une exclusion totale et inédite sur l’ensemble des supports (télévision, le satellite, le streaming, les applications, l’IPTV et les fournisseurs d’accès à Internet.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Interdiction_des_m%C3%A9dias_russes_RT_et_Sputnik_par_les_autorit%C3%A9s_europ%C3%A9ennes
25Les successifs gouvernements israéliens ont par exemple feint de penser que la disparition du diabolique Yasser Arafat mettrait fin à la résistance palestinienne. Ce slogan imbécile et pervers devint un credo de la population israélienne avec l’efficacité que l’on connaît.
26Mais il est totalement paradoxal de mettre en avant ce trait juridique – incontestable – alors même que des puissances se prévalant de principes démocratiques telles que les USA ou l’état d’Israël bénéficient d’un silence complice voire d’un assentiment lorsqu’elles portent la guerre dans les pays voisins. Le paroxysme étant atteint lorsque le président des États Unis s’enorgueillit de faire enlever le président du Vénézuéla après avoir bombardé » Caracas…
27Le format « Normandie » est le cadre d’un dialogue diplomatique de fond sur les questions liées au Donbass entre les chefs d’État des quatre pays – Angela Merkel, Emmanuel Macron, Petro Porochenko et Vladimir Poutine – ou entre leurs ministres des Affaires étrangères – Sigmar Gabriel, Jean-Yves Le Drian, Pavlo Klimkin, Sergueï Lavrov. Les décisions adoptées dans le format Normandie sont ensuite examinées et approuvées au sein du Groupe de contact trilatéral.
28Pour une description plus large du contexte, voir : https://www.lhistoire.fr/pearl-harbor-la-responsabilit%C3%A9-am%C3%A9ricaine
29Pour un résumé des relations USA – URSS :
USA et URSS, Gurian, Waldemar, dans : Politique étrangère
https://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1949_num_14_5_2790
Gurian Waldemar : politologue, professeur de sciences politiques à l’Université Notre-Dame (Indiana). Fondateur de la revue « The Review of Politics » (Source IdRef)
30Le 29 août 1944.
31« Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. »
https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1846
32L’histoire récente des relations avec la Russie, nous rappelle les faits suivants : envahie par Napoléon, écrasée par les Allemands en 191616, envahie par Hitler en 1941. On doit aussi rappeler que l’OTAN, alliance militaire conçue contre l’URSS, constitue une menace bien réelle auquel aucun pacte de défense adverse ne s’oppose plus.
33Voir le cas de J. Attali en note 12, et le cas de L’École de guerre économique, créée en octobre 1997 par Jean Pichot-Duclos, général et ancien directeur de l’école interarmées du renseignement reconverti auprès de la société-parapluie du Ministère de la Défense, Défense conseil international, où il a créé la branche d’intelligence économique.
https://portail-ie.fr/analysis/4017/management-de-lopinion-publique-pour-la-haute-intensite
34On se souvient que l’invitation de la Russie aux commémorations a toujours posé problème…
« Débarquement : l’absence de la Russie aux commémorations scelle son statut de paria »
Voir : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2078283/debarquement-normandie-russie-commemorations-france
35« Du XIXe siècle à nos jours, les préoccupations sécuritaires de la Russie ont été perçues non comme des intérêts légitimes à négocier dans le cadre d’un ordre européen plus large, mais comme des transgressions morales à combattre, contenir ou ignorer. Ce schéma s’est perpétué sous des régimes russes radicalement différents – tsariste, soviétique et post-soviétique – suggérant que le problème ne réside pas principalement dans l’idéologie russe, mais dans le refus persistant de l’Europe de reconnaître la Russie comme un acteur de sécurité légitime et égal. »
Jeffrey Sachs : Voir https://www.cirsd.org/en/news/european-russophobia-and-europes-rejection-of-peace-a-two-century-failure
36L’alinéa 1 de l’article 35 de la Constitution dispose que « La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement« . Cette disposition, qui n’a jamais donné lieu à application, ne doit pas masquer le rôle essentiel du Président en matière de défense, qui est une des marques de la Constitution de la Ve République.
Cependant les « OPEX » semblent de son ressort… Or ces Opex font en elles-mêmes partie de « l’engrenage » susceptible de conduire à la guerre, comme on peut l’imaginer dans le cas de l’Ukraine.
37Nos ancêtres proches, chimpanzés et macaques sont eux-mêmes capables d’agressivité impressionnante, mais ils ont su mettre en place des comportements d’apaisement, et ne frôlent jamais l’autodestruction.
38Mais ce n’est souvent qu’a posteriori que nous sommes capables de le comprendre. Lorsque les dégâts sont lointains et ne nous concernent pas directement, nous sommes soudain capables d’en mesurer l’ineptie.
39Voir Hobbes et le pouvoir radical, Locke et sa relativisation ; pour les deux, la Paix comme objectif.
41Privilèges que l’occident fit trop longtemps semblant de croire un apanage civilisationnel indépassable.
42Cf : L’Impérialisme selon Lénine, mail à moi-même du 21 décembre.
43Selon le site Vie Publique : « Le bilan de l’année 2024 des prises de commande s’élève à 21,6 milliards d’euros. La France se positionne au rang de deuxième nation exportatrice mondiale, la France ayant presque triplé ses exportations majeures vers d’autres États européens entre 2015-2019 et 2020-2024.
44L’exploitation dite « néocoloniale » étant la version moderne du pillage colonial.
45La redécouverte du Service National par Macron en est une belle illustration.
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