
Auprès de BV, la candidate mariniste se réjouit de ce ralliement et veut par ce signal fort adresser un message aux électeurs de droite « orphelins » alors que Les Républicains en Alsace se sont fondus dans le macronisme et le centrisme, à l’image de Fabienne Keller, ancien maire LR de la ville (2001-2008), devenue députée européenne Renew. « Je veux lutter contre l’écologie punitive, améliorer la sécurité et l’attractivité de notre ville », affirme avec détermination Virginie Joron, avec pour ambition de ravir Strasbourg qui est aux mains des Verts depuis 2020 et d’en finir avec une droite centriste qui n’assume pas ses convictions. « Comme si c’était un gros mot d’être de droite », confie-t-elle.
Un sénateur LR se rattache financièrement à l’UDR
La porosité entre le Rassemblement national et toutes les composantes de la droite se manifeste significativement en ce début d’année. Ainsi, au palais du Luxembourg, le sénateur LR des Alpes-Maritimes Henri Leroy a décidé que sa dotation parlementaire que l’État versait au parti Les Républicains irait désormais au parti d’Éric Ciotti. (Rappelons qu’au titre du financement de la vie politique, un sénateur reçoit une dotation annuelle de 35.000 euros qui est versée au parti de son choix.) « Je suis un ami d’Éric Ciotti depuis 30 ans, je le soutiens à Nice et dans son engagement à l’UDR, dans sa volonté de rassembler les droites », explique, auprès de BV, le parlementaire maralpin. « Je reste chez Les Républicains car Bruno Retailleau est un homme remarquable », souligne-t-il, tout en assurant « être un fervent défenseur de l’union des droites ». « Avec le RN, les sujets qui nous rapprochent sont beaucoup plus nombreux que ceux qui nous éloignent. »
À droite, l’union par la base
Aux quatre coins du territoire, les digues craquent. L’UDR apparaît comme un trait d’union entre les partis de droite. Un nombre révélateur d’élus locaux utilisent un sas qui leur est bien précieux pour rallier le RN, car rejoindre Éric Ciotti, ancien président des LR, est naturellement moins attaquable. Ils mettent ainsi en œuvre une union des droites plébiscitée par les militants des formations politiques. À Versailles, Olivier de La Faire, conseiller départemental LR et adjoint au maire divers droite François de Mazières, rejoint l’UDR et mènera une liste d’alliance avec le RN. À Colmar, Alain Kott, le responsable de la fédération LR du Haut-Rhin a annoncé rejoindre la liste RN-UDR menée par Nathalie Aubert. Au Pradet, dans le Var, la conseillère départementale LR Valérie Rialland, qui pensait partir sans étiquette dans la campagne, a rejoint le parti d’Éric Ciotti et mènera une liste d’alliances des droites. À Tours, trois anciens adjoints au maire LR de 2014 à 2020 rallient la candidature de l’eurodéputé RN Aleksandar Nikolic. En Loire-Atlantique, l’ex-maire UMP puis divers droite de Trignac a intégré la liste RN de Saint-Nazaire. En Ardèche, le maire de Boulieu-lès-Annonay et conseiller régional LR a rejoint l’UDR. À Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, le député Bryan Masson et candidat RN a été rejoint sur sa liste par trois anciens membres de la majorité municipale LR sortante.
Le RN ne rebute plus
Bien évidemment, tout n’est pas rose, au pays de l’union des droites. Si nombre d’élus locaux LR n’hésitent plus à franchir le Rubicon et rejoignent directement le RN ou son allié l’UDR, les appareils politiques ne se rangent pas pour autant derrière ces ralliements, bien au contraire. Partout où ils le peuvent, Les Républicains et le RN/UDR présenteront des listes face à face. Mais les mouvements observés d’un parti à un autre, toujours dans le sens des Républicains vers l’alliance lepéniste, démontrent primo la normalisation, à droite, de la formation de Jordan Bardella ; secundo que l’union des droites progresse par la base ; tertio, ce mercato politique rend définitivement illisible et insensé un certain front républicain anti-RN que certains, à droite, seraient tentés de maintenir sous perfusion.
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