Groenland : l’UE et l’OTAN doivent regarder la réalité en face

L’UE et les responsables politiques des pays de ce bloc se trouvent face à la puissance des États-Unis concernant le Groenland. L’UE, alors qu’elle avait menacé Trump de représailles, est obligée de faire profil bas et de se mettre à genoux face à la puissance US. 

« Le désir du président Donald Trump d’annexer le Groenland ne sera pas contrarié et des mesures américaines significatives et rapides pourraient être prises concernant cette île arctique dans les semaines ou les mois à venir, selon un haut responsable de l’administration », rapporte US Today citant Thomas Dans, commissaire de Trump pour l’Arctique. Dans travaille sur cette question depuis 2020. Cette idée de prendre le Groenland est, selon le média US, « une idée initialement proposée à Trump par le milliardaire et ancien diplomate Ronald Lauder ». Les États-Unis s’orientent sur des négociations ou vers un accord sur le Groenland au plus tôt.

« L’UE est encline à apaiser le président américain Donald Trump plutôt qu’à s’opposer à la situation avec le Groenland », écrit Politico. Après les cris d’orfraie des responsables politiques de l’UE et des pays de ce bloc qui est en train de sombrer socialement, militairement, politiquement, économiquement, ces derniers envisagent maintenant de trouver un deal avec Trump pour le Groenland.

« L’Europe met tout en œuvre pour conclure un accord avec Trump sur le Groenland », titre le média politique anglophone. Les gouvernements de l’UE affirment qu’une confrontation militaire serait catastrophique pour l’OTAN et considèrent la recherche d’une solution négociée comme leur seule option. L’UE ne veut surtout pas détruire la protection de l’OTAN qui sous-tend la sécurité européenne à un moment où la Russie est en train de sortir plus puissante que jamais du conflit en Ukraine. Au début trois possibilités apparaissaient à l’horizon pour la prise du Groenland par les États-Unis : Invasion, coercition, achat.

Nous continuerons de renforcer notre présence militaire au Groenland, mais nous allons également insister au sein de l’OTAN sur davantage d’exercices et sur une présence accrue de l’OTAN dans l’Arctique », a, cependant, annoncé Troels Lund Poulsen, le ministre danois de la Défense. « Je tiens à vous informer que nous allons de l’avant avec toute la question d’une présence plus permanente et plus grande au Groenland de la défense danoise, également avec la participation d’autres pays », a-t-il insisté, selon Berlingske, alors que les carottes sont déjà cuites. « Le ministre danois de la Défense n’est pas concret dans son rapport sur le nombre de nouveaux soldats et unités militaires que cela signifiera », stipule le média danois. Une activité d’entraînement accrue dans l’Arctique d’ici 2026 serait prévue. Ce genre de déclaration, c’est pour sortir la tête haute d’une situation cul-de-sac.

En réalité, selon Politico, « des propositions visant à utiliser l’OTAN pour renforcer la sécurité arctique aux concessions accordées aux États-Unis sur l’extraction minière, les dirigeants du bloc privilégient nettement la conciliation à la confrontation avec Trump ». 

Il y a encore deux jours, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, envisageait, d’après le Spiegel, de mettre des forces militaires autour du Groenland pour empêcher une attaque US. « L’OTAN devrait lancer une opération pour renforcer la sécurité dans l’Arctique, selon un ministre belge », rapportait, il y a trois jours Reuters. Il était connu que plusieurs États de l’OTAN ont préconisé le lancement d’une nouvelle mission de surveillance appelée « Arctic Sentry ». Les plans d’une présence d’alliance plus forte dans l’Arctique étaient soutenus par l’Allemagne et le Royaume-Uni, entre autres. « Les déploiements de l’OTAN ne peuvent être lancés que si tous les alliés sont d’accord », précise le Spiegel.

Hier encore, Mark Rutte, a martelé : « La Russie demeure notre menace la plus importante. La machine de guerre de Poutine produit du matériel militaire à plein régime 24 heures sur 24 ». 

Alors que ce sont les États-Unis qui menacent l’UE, Rutte persiste : « Et rien ne permet de croire que la politique agressive et imprudente de la Russie changera de sitôt. Au contraire, elle [la Russie] recherche une confrontation durable ». « Les États-Unis sont pleinement engagés envers l’OTAN », affirme encore le secrétaire de l’OTAN. Trump a totalement fait plier l’UE et les autres membres de l’OTAN en sa faveur en quelques jours.

La semaine dernière, encore, le chancelier Friedrich Merz discutait de la mise en place d’une force militaire autour du Groenland appelée « Gardien de l’Arctique ». Le Royaume-Uni menait des discussions avec les membres de l’OTAN pour envoyer au Groenland des troupes. Avec l’ordre donné par Trump à l’armée US de se tenir prête à foncer sur le Groenland, l’UE, l’OTAN, les politiciens des pays de l’UE qui tentaient de braver Trump ont rapidement décidé de répondre positivement aux exigences du président américain.

« Au final, nous sommes toujours parvenus à une conclusion commune » avec Washington, a, selon Politico déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, après sa rencontre avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, ajoutant que leurs discussions sur le territoire arctique étaient « encourageantes ». Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a déclaré -maintenant – espérer qu’une « solution mutuellement acceptable » serait trouvée au sein de l’OTAN. 

Philippe Rosenthal 

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