Vols, agressions verbales ou physiques, insécurité, campements sauvages sous les fenêtres des bureaux, présence de points de deal avec le potentiel d’insécurité et de tirs à balles qui va avec : le spectacle de la « France ouverte sur le monde » provoque la fuite des salariés de la BNPParibas… Les 2.000 salariés de la BNP quitteront prochainement le quartier d’entreprises Rosa Parks MacDonald qui s’étend le long du boulevard des Maréchaux, dans le XIXe arrondissement de Paris, entre le canal Saint-Denis et la porte d’Aubervilliers. Jean Bexon, pour BV, s’est rendu sur place. Le contraste entre le siège d’une grande banque et la misère de ce quartier victime du crack et de l’immigration sauvage, où des migrants vivent dans le froid et les bidonvilles, est saisissant.
Curieusement, la banque n’a pas à ce jour répondu aux questions de BV : elles ont été adressées dûment par mail au service de communication le 16 décembre 2025, puis le 6 janvier 2026. Selon CNews et Europe 1, la BNP envisage de prendre la poudre d’escampette. Les migrants, c’est bien… de loin. Pour Le Parisien, la décision a bien été prise.
Car si le Vivre ensemble à la BNP n’a pas de prix, il a un coût humain et financier ! Afin d’assurer la sécurité des salariés, il a fallu embaucher… 18 vigiles ! Des policiers font régulièrement des patrouilles dans le secteur. Insuffisant, apparemment. Les salariés de la banque ne sont pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. Tout le quartier se plaint de l’insécurité galopante. Les habitants dénoncent le racket, la peur et les trafics. Pour eux, l’enfer continue. Pour les salariés de la banque, ce n’est plus qu’une question de temps. Ils devraient donc poser bientôt leurs cartons à Levallois ou à Nanterre. Dieu sait pourquoi, la vertueuse BNP n’a pas choisi Trappes ou Sarcelles…
« Plus que jamais, il faut soutenir les réfugiés »
Difficile de reprocher aux salariés de la BNP l’envie de fuir le quartier insalubre d’une ville régulièrement classée parmi les plus dangereuses de France ? Mais voilà, l’entreprise n’assume pas vraiment, c’est le moins qu’on puisse dire. Pendant que le personnel prépare ses cartons, la BNP fait le choix du soutien affiché au même Vivre ensemble... alors que cette thématique ne fait plus recette. Elle est même devenue risquée pour l’image des grandes sociétés.
Ce 19 novembre 2025, une dépêche de l’AFP, reprise par de nombreux médias, notamment France 24, constatait ainsi que les dons aux associations de soutien aux migrants sont en chute libre : trop clivant. « Les ONG qui, il y a 20 ans, étaient considérées comme des organisations de solidarité et des sujets de fierté sont désormais jugées comme complices de passeurs et criminelles », se désole le directeur général de Singa, qui veut « accélérer l’inclusion » et « changer les regards sur la migration ». Dans ce reflux qui touche apparemment un grand nombre d’associations immigrationnistes, une société assume, maintient ses financements et revendique son soutien à cette cause : la Fondation BNPParibas. « Plus que jamais, il faut soutenir les réfugiés face aux baisses des subventions publiques et la crise des associations historiquement grave en France comme aux États-Unis », plaide Isabelle Giordano, la déléguée générale de la Fondation BNPParibas, interrogée par l’AFP. L’ancienne Madame Cinéma de Canal+ période bobo de gauche, qu’on a vu fouler les tapis rouges du Festival de Cannes en robe du soir, puise dans les caisses de la BNP 35 à 41 millions d’euros annuels, saupoudrés dans les « bonnes œuvres » de douze pays d’Europe. Y compris dans les pays dont l’opinion publique supporte mal l’immigration de masse, comme aux Pays-Bas. Isabelle Giordano le revendique sans chichis : « On doit réaffirmer nos engagements et nos convictions ». Les campagnes paupérisées peuvent aller frapper à d’autres portes : les bonnes œuvres de la BNP distribuées par Madame Giordano ne la concernent pas. La Fondation BNPParibas préfère entreprendre de « changer le regard sur les réfugiés ». Des « réfugiés » qui sont 150.000 à frapper chaque année à la porte de la France, mais dont on sait qu’une grande majorité n’obtient pas l’asile, les juges français considérant que leur dossier ne le permet pas.
Egalité des chances et du mieux vivre ensemble
L’argent de la Fondation coule en effet dans une seule direction, celle des banlieues : elles sont pourtant déjà arrosées de subventions d’Etat, à hauteur de 117 milliards d’euros entre 2010 et 2023, selon l’Ifrap. Peu importe. Avec la Banque Commerciale en France (BCEF), la Fondation BNP Paribas « accompagne de nombreuses associations qui se mobilisent en faveur des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ». Ceci, depuis 2006. L’organisme émanant de la BNP a donc aidé depuis la création de son programme « plus de 1 500 associations locales dont les actions de terrain permettent de lutter contre les différentes formes d’exclusion ».
Témoin de ce tropisme, le « projet Banlieues » de la Fondation BNPParibas. Cette initiative entend « donner de l’élan aux associations de proximité en faveur de l’égalité des chances et du mieux vivre ensemble ». Pour animer la Cérémonie 2024 dudit Projet banlieues et remettre le prix Douce France (sic), la Fondation a ainsi fait appel à Ryadh Sallem, sportif handisport français et président de l’association Cap sport art aventure amitié, par ailleurs… candidat du Parti socialiste aux législatives de 2017 et signataire d’une pétition anti-RN en juin 2024 dans L’Equipe. La banque BNPParibas expliquera certainement le choix curieux de sa Fondation à ses clients.
Parmi les heureux récipiendaires des subsides de la Fondation BNP, on trouve notamment une association marseillaise, Le Sel de la vie, « dédiée à combattre les inégalités et à surmonter tous obstacles entravant les droits fondamentaux au quotidien ». En 2024 toujours, l’œuvre d’Isabelle Giordano a choisi d’aider l’association Rêv’Elle Toi de Grigny, dont la présidente s’affiche voilée. Une association soutenue par de nombreuses entreprises ou administrations car elle « lutte contre le triple déterminisme auquel les jeunes femmes des quartiers populaires doivent faire face dans leur quotidien : social, genre et territoire ». La Fondation BNP apporte son concours à SAWA, association à but non lucratif fondée en 2020 dont la mission est de favoriser l’inclusion sociale et culturelle des personnes en situation d’exil par le biais du langage universel de la cuisine.
Associations sulfureuses
Ou encore encore l’association D’Clic Strasbourg. D’Clic mérite le détour. La députée RN de Vaucluse Bénédicte Auzanot avait saisi la préfète pour une conférence de D’Clic prévue près d’Avignon en janvier 2023, soulignant notamment la présence sur la même affiche du logo de BarakaCity, association pourtant dissoute en Conseil des ministres le 28 octobre 2020 et pour cause : le Conseil d’Etat avait confirmé qu’entre 2017 et 2019, les publications de Baraka City sur les réseaux sociaux « ont suscité des commentaires ouvertement antisémites, incitant à la violence et au meurtre voire y appelant parfois directement, ou des propos faisant l’apologie de crimes contre l’humanité ». A propos de cette conférence, Reconquête avait dénoncé « une offensive islamiste ». Elle avait finalement été annulée.
Même scénario fin janvier 2023 à Echirolles, près de Lyon. La conférence organisée dimanche 29 janvier 2023 par l’association D’Clic avec deux prédicateurs considérés comme radicaux est interdite, la veille, par un arrêté municipal de Renzo Sulli, maire communiste. Les habitants auront échappé au prêche du sulfureux imam Ismaïl. Le même imam Ismaïl, Smaïn Bendjilali de son vrai nom, a été condamné vendredi 30 mai 2025 à six mois de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme », après avoir partagé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle il évoquait la « légitime défense » pour les massacreurs du 7 octobre en Israël.
De leur côté, les ruraux peuvent aller aux champignons : les agences BNP ferment les unes après les autres dans les villes petites et moyennes. La banque BNPParibas a annoncé discrètement en mars dernier qu’elle allait faire disparaître 500 implantations d’ici 2030, soit un tiers de ses agences dans l’Hexagone ! Pas assez rentables. Ces Français-là se débrouilleront. La Banque d’un monde qui change a ses priorités : ils n’en font pas partie.

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