Premier meeting de campagne : Sarah Knafo se pose en Robin des bois

@ Ludovic MARIN / AFP
@ Ludovic MARIN / AFP
Tambour battant. Moins d’une semaine après l’annonce de sa candidature, Sarah Knafo tenait, ce lundi 12 janvier, son premier meeting de campagne. Parmi ses thèmes : faire les poches de la mairie pour rendre leur argent aux Parisiens. La mobilisation est au rendez-vous, avenue Hoche. Les Parisiens ont répondu présent, bien loin des 300 personnes attendues. Ce sont 1.200 sympathisants, adhérents, curieux qui se pressent pour voir et entendre la vice-présidente de Reconquête qui ouvre sa campagne en fanfare après une annonce de candidature remarquée, sur le plateau du 20 Heures de TF1. Il est nécessaire d’ouvrir une seconde salle où le public pourra suivre le discours de la candidate sur grand écran.

« Sous le ciel de Paris s’envole une chanson ». Alors que chante Édith Piaf, Éric Zemmour fait son entrée sous les applaudissements, suivi de près par la jeune candidate de 32 ans. Le président de Reconquête n’introduit pas celle sur qui tous les projecteurs sont braqués ce soir. Souriante et bravache, comme à son habitude, Sarah Knafo va, une heure durant, dresser le visage du Paris qu’elle souhaite : « Une ville heureuse débarrassée [d’un] système. » Son désir, non seulement dire adieu à Anne Hidalgo et ses prédécesseurs, mais tourner la page d’un « système de pouvoir fondé sur la dépense, le gaspillage, la gabegie, l’incompétence, l’hypocrisie, la dette »« Pendant cette campagne, nous allons donc demander des comptes à la mairie de Paris », affirme celle qui veut mettre l’accent sur l’argent public et la façon dont il est dépensé.

« Créer ensemble le nouvel âge d’or de Paris »

L’ancienne magistrate à la Cour des comptes s’appuie sur son expérience : « Je sais déchiffrer un bilan, je sais compter, et je sais soustraire. […] J’ai tout étudié avec la précision de l’inspecteur, et avec la sévérité du procureur. Je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour vous dire tout ce que la mairie fait de votre argent et comment je vais vous le rendre. » Un discours qui touche évidemment les cordes sensibles d’un électorat parisien bourgeois qui avait offert à Éric Zemmour le joli score de 8,2 %, en 2022. La candidate annonce déjà la couleur : 10 milliards d’économies, division des effectifs de la mairie par deux, privatisations, coupes « dans les subventions clientélistes et les gabegies ». Division de la taxe foncière par deux « pour aider les propriétaires autant que les locataires »In fine, les Parisiens en auront pour leur argent. L’eurodéputée veut faire les poches de l’administration, traquer les dépenses aussi folles qu’inutiles et, telle Robin des bois, rendre et redistribuer les lingots au bon peuple de Paris. « Alors, ce que je vous propose, ce n’est pas un retour vers le passé, c’est de créer ensemble le nouvel âge d’or de Paris », lance-t-elle avec cette envie d’arracher à Don Salluste sa caissette.

Des sondages encourageants

Un discours qui fait mouche. Dans l’assistance, on fait l’éloge d’une candidate « nouvelle, au message clair, pleine de bon sens »« Elle défend les valeurs de droite, elle est classique et moderne à la fois », nous confie Wladimir. La parlementaire séduit sur tous les tableaux. Les adhérents et sympathisants de Reconquête sont présents en nombre et, à l’image de Michel, fondent « un grand espoir » sur la nouvelle égérie de la droite. Sans la candidature de Sarah Knafo, Pierre-Henri aurait voté Rachida Dati ; mais aujourd’hui, il est enthousiaste face à cette « femme de grande personnalité, jeune et convaincante ». En mars, pour la première fois, Léo ne votera pas Les Républicains. Déçu par Emmanuel Macron, en qui il a pourtant cru, et par l’affadissement de sa famille politique, il considère que la droite doit désormais « avoir des idées plus tranchées et affirmées ». Pour lui, Sarah Knafo « représente la droite sur l’aspect républicain et les domaines clés, comme la sécurité ou la souveraineté ».

Côté militants, la campagne a déjà débuté sur les chapeaux de roue. Hilaire Bouyé, président des Jeunes Reconquête, témoigne de la détermination des équipes qui, dès ce week-end, étaient sur le terrain à tracter dans tous les arrondissements de la ville dont sainte Geneviève est la patronne. Créditée de 9 %, au pied du seuil de qualification du second tour, Sarah Knafo veut d’ores et déjà tordre le cou au vote utile en faveur de Rachida Dati. Le matin même, au micro de France Inter, elle affirmait : « Jamais je ne ferai perdre la droite. »

Dans la capitale, ville reine du tiercé, les paris sont ouverts.

Yves-Marie Sévillia

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