
Comme une odeur de roussi alentours du Pouvoir. Les résistants de la 25e heure, reniant leurs dithyrambes, se bousculent pour dire le mal qu’ils pensent du chef de l’Etat. Ces enfonceurs de portes ouvertes n’ont pas de mots assez durs contre Emmanuel Macron. La vacuité du personnage, insincère et narcissique, était pourtant identifiable dès ses premiers pas présidentiels. Je ne retirerai pas un mot de la « grande mascarade » (1) décrite en 2017. Cependant, dénoncer l’entourloupe de l’ambitieux Eliacin, issu d’une fictive société civile, valait alors d’avoir sur le dos la gauche mondaine, la droite versaillaise et les perroquets médiatiques emballés par les génuflexions de Macron à la pensée obligée. Hormis quelques inébranlables fanatiques, ce beau monde se carapate après avoir découvert, au bout de neuf ans, Néron sous Jupiter.
Derrière la diabolisation du populisme, épouvantail brandi par Macron au nom du progressisme, apparaît aussi un système oligarchique immobile et dispendieux, qui répugne à s’adresser au peuple et à le consulter. Or ce sont ces indésirables, injuriés par le régime quand ils étaient en gilets jaunes ou résistaient au liberticide hygiénisme d’Etat, qui ont les idées les plus claires. Le bonnet jaune, porté par la Coordination rurale, est le nouveau signe de la colère française. Les agriculteurs dévoilent, dans leur refus du traité de libre-échange duMercosur avec l’Amérique du sud, les choix frivoles des dirigeants convertis au mondialisme et à ses consommateurs indifférenciés.
L’opposition au Mercosur, approuvé vendredi par l’Union européenne en dépit du refus de la France, résume le basculement idéologique opéré sous la pression d’une opinion excédée. En réalité, ce traité n’est pas l’horreur décrite par ses détracteurs, même s’il risque en effet de mettre en concurrence déloyale certains éleveurs. L’accord pâti d’abord d’être le symbole du monde déraciné que rejette la France enracinée. Celle-ci récuse le sans-frontiérisme indifférent à l’âme des peuples et des nations et qui hisse l’argent en unique valeur d’intégration. Cette vision postnationale et matérialiste est celle de Macron. Promoteur lyrique de la souveraineté européenne, il découvre qu’il n’a même plus les moyens de défendre les intérêts vitaux d’une souveraineté alimentaire. Ce mépris du monde rural a été jusqu’à pousser la Cour des Comptes à prôner un abattage des vaches accusées, par leurs flatulences, d’aggraver le réchauffement climatique ! J’étais, jeudi matin, avec les agriculteurs qui ont réussi l’exploit tactique d’amener leurs tracteurs, durant la nuit, jusqu’au pied de l’Arc de Triomphe, au coeur de Paris, en se jouant des dispositifs policiers. Aucun élu ne les avait rejoints dans la matinée, hormis la députée LFI Aurélie Trouvé arrivée tôt. Nicolas Dupont-Aignan et Eric Zemmour, non-élus, sont venus en fin de matinée. Florian Philippot ou Sarah Knafo étaient sur d’autres sites. Cette défection des parlementaires français illustre la somnolence de la classe politique, y compris à droite. Plus que jamais, il revient aux Français eux-mêmes de se débarrasser de ce système finissant : il ne correspond plus à son époque. Accepter l’euthanasie des paysans serait accepter la disparition de la France.
(1) Macron, la grande mascarade (L’Artilleur, 2017)
https://blogrioufol.com/le-mercosur-symbole-dun-mondialisme-finissant/
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