
Mais cette cartographie du réel n’est pas du goût de tous. Dimanche 4 janvier, la députée EELV Sabrina Sebaihi a saisi le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez afin de demander l’interdiction du site Où va ma France. « Fichage de lieux de culte, de personnes en raison de leur origine réelle ou supposée, statistiques ethniques, projection de « remigration », les années 40 et leur cortège de délations n’ont visiblement pas eu de fin », s’indigne-t-elle, flirtant sans crainte avec le point Godwin.
Pourquoi un tel acharnement ? « Peut-être ne veulent-ils pas permettre certaines prises de conscience, explique le responsable de Où va ma France à BV. Qui sait par exemple qu’il y a près de 2000 centres d’hébergement pour migrants, maillés sur l’ensemble du territoire ? ». Sur X, le site incriminé a par ailleurs indiqué que d’autres sites procédaient au même « fichage » depuis de longues années, sans que EELV y voie le moindre problème. Le site trouvetamosquee.fr répertorie en effet l’ensemble des mosquées et salles de prières du pays. L’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (Ofii) liste des centres d’accueil pour migrants. Quant aux zones à forte concentration d’immigrés, elles sont notamment indiquées par le ministère de l’Intérieur. « Je suis confiant d’un point de vue légal : toutes les sources utilisées sur mafrance.app sont déjà publiques, et le plus souvent officielles », ajoute-t-on tranquillement du côté de la plateforme.
L’étrange Mme Sebaihi
Sur X, l’ancienne ministre Noëlle Lenoir a remis l’écologiste indignée à sa place, lui rappelant que son rôle d’élue n’était pas de s’acharner « sur ceux qui exercent leur liberté d’expression dans l’intérêt de la France et des Français ». Le haut fonctionnaire Jean Messiha a lui aussi apporté son soutien au site Où va ma France et appelé Laurent Nunez à supprimer le compte X de Sabrina Sebaihi et à la déchoir de la nationalité française. Il a ajouté que cette élue EELV était « réputée proche de la junte algérienne ». En octobre 2025, elle avait en effet été aperçue à la Grande Mosquée de Paris, rendant hommage aux musulmans qui avaient pris part, le 17 octobre 1961, à Paris, à une manifestation interdite, organisée par le FLN. Un coup d’œil à son compte X s’avère également fort instructif. Le premier tweet épinglée par la députée donne le ton : « La chasse aux algériens continue en France », y affirme-t-elle, dans une envolée un poil paranoïaque. Ses autres prises de parole laissent entrevoir une légère obsession pour une certaine catégorie de « Français » : elle défend ainsi les agents RATP qui font leurs ablutions dans les toilettes publiques, accuse Bruno Retailleau d’avoir fait de l’immigré son « bouc émissaire », s’en prend à la socialiste Aurélie Filippetti lorsque celle-ci déclare que « l’islam n’a pas à avoir de privilèges par rapport aux autres religions », reproche à Jordan Bardella des propos « islamophobes », veut accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales, etc.
Sabrina Sebaihi a-t-elle été élue pour défendre l’ensemble des Français ou uniquement une certaine communauté ? La question mérite d’être posée. Dans ses tweets, l’élue verte semble par ailleurs se préoccuper bien peu des sujets environnementaux, qui sont pourtant censés être son cœur de métier. Il va sans dire que le bien-être des investisseurs immobiliers ne trône pas non plus en tête de ses priorités. Surtout si ces derniers ont le coupable désir de vouloir se tenir à bonne distance des mosquées salafistes, centres d’hébergement pour clandestins et autres points de deal.
Ironie de l’histoire, le site n’a jamais été aussi médiatisé que depuis le tweet de Mme Sebaihi. L’illustration parfaite de ce qu’on nomme l’effet Streisand…
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