
L’année 2026 s’ouvre sur un paysage stratégique profondément instable. Loin de la promesse d’un retour à l’ordre après les chocs de la décennie 2020, le monde entre dans une phase où les conflits ne se succèdent plus, mais se superposent. Guerres ouvertes, tensions gelées, rivalités hybrides, affrontements économiques et technologiques : les lignes de fracture se multiplient, dessinant un système international fragmenté, volatile et de plus en plus imprévisible.
Les événements de 2025, marqués par la poursuite de la guerre en Ukraine, l’embrasement récurrent du Proche-Orient, la montée des tensions en Indo-Pacifique et l’extension des conflits périphériques en Afrique et en Asie, servent désormais de matrice aux scénarios redoutés pour 2026.
Dix foyers de crise sous surveillance étroite
Plusieurs centres d’analyse internationaux convergent sur un constat : une dizaine de zones concentrent, à elles seules, l’essentiel des risques d’embrasement cette année.
Parmi elles figure d’abord le conflit russo-ukrainien, désormais installé dans une guerre d’usure dont l’issue militaire reste incertaine. Les pressions diplomatiques en faveur d’un cessez-le-feu se heurtent à une réalité de terrain où les lignes de front pourraient se figer sans véritable règlement politique, créant une instabilité durable aux portes de l’Europe.
Au Proche-Orient, la configuration est encore plus explosive. Les tensions entre Israël et l’Iran, directes ou via des acteurs interposés, constituent l’un des scénarios les plus dangereux, avec le risque d’un élargissement régional impliquant le Liban, la Syrie et les groupes armés non étatiques. Le conflit israélo-palestinien, loin d’être marginalisé, continue d’alimenter une dynamique de violence chronique.
En Afrique, plusieurs théâtres inquiètent les observateurs. Le Soudan demeure enlisé dans une guerre civile aux ramifications régionales, tandis que les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée, tout comme l’instabilité persistante au Sahel – notamment entre le Mali et le Burkina Faso – pourraient dégénérer à nouveau.
En Asie, les foyers ne manquent pas non plus : la Birmanie reste plongée dans une guerre civile meurtrière, l’Afghanistan et le Pakistan s’observent avec méfiance le long d’une frontière contestée, et la péninsule coréenne demeure sous la menace permanente d’une escalade nucléaire.
Enfin, l’Amérique latine fait son entrée explicite dans cette cartographie des risques, avec le Venezuela, fragilisé politiquement, économiquement et institutionnellement, et exposé à une combinaison de pressions internes et externes susceptibles de provoquer un basculement brutal.
Une hiérarchie des risques mondiaux
Les analystes distinguent désormais plusieurs niveaux de dangerosité. Certains scénarios présentent à la fois une forte probabilité et un impact potentiellement mondial. C’est le cas des confrontations impliquant des puissances nucléaires ou des régions clés pour l’économie globale : Europe orientale, Moyen-Orient, Asie de l’Est.
D’autres crises, bien que plus localisées, pourraient provoquer des effets de contagion indirects, en perturbant les flux énergétiques, commerciaux ou migratoires. Les situations en Haïti ou au Mexique, par exemple, illustrent la manière dont l’effondrement de structures étatiques peut devenir un problème de sécurité régionale, voire internationale.
Au-delà de la géographie des conflits, l’année écoulée a confirmé une transformation profonde de la manière de faire la guerre. Les affrontements récents ont montré que la supériorité militaire ne repose plus uniquement sur la masse des troupes ou le nombre d’avions, mais sur la capacité à dominer plusieurs domaines simultanément.
Les systèmes sans pilote – drones aériens, terrestres et navals – se sont imposés comme des acteurs centraux du champ de bataille. Leur prolifération a rendu le contrôle du spectre électromagnétique décisif. Brouillage, guerre électronique, perturbation des communications : ces éléments sont désormais aussi déterminants que les armes conventionnelles.
Les défenses aériennes traditionnelles, coûteuses et parfois inefficaces face à des essaims de drones bon marché, montrent leurs limites. D’où l’intérêt croissant pour des solutions alternatives, comme les armes à énergie dirigée ou les dispositifs spécialisés de lutte anti-drones.
L’accélération technologique et le rôle central de l’intelligence artificielle
Autre évolution majeure : la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les systèmes de commandement, de décision et de ciblage. L’IA permet d’accélérer les cycles décisionnels, d’anticiper les mouvements adverses et d’automatiser une partie des opérations.
Cette transformation va de pair avec une dépendance accrue aux réseaux, aux données et aux infrastructures numériques. Or, cette dépendance crée de nouvelles vulnérabilités. Les cyberattaques visant des infrastructures critiques – énergie, transports, finance, télécommunications – sont désormais considérées comme des menaces stratégiques à part entière, capables de paralyser un pays sans tirer un seul coup de feu.
L’espace et les fonds marins, nouveaux champs de bataille
Deux domaines longtemps périphériques prennent une importance croissante : l’espace et le monde sous-marin.
Les satellites sont devenus indispensables au fonctionnement des armées modernes, mais aussi des économies civiles. Leur protection, leur duplication et, le cas échéant, leur neutralisation, sont au cœur des stratégies des grandes puissances. Plusieurs pays européens, comme d’autres acteurs mondiaux, investissent massivement dans des capacités spatiales à usage militaire.
Parallèlement, les câbles sous-marins, qui transportent l’immense majorité des données numériques mondiales et soutiennent des flux financiers colossaux, apparaissent comme des cibles vulnérables. Des incidents récents ont montré qu’il est possible de perturber gravement des communications internationales sans entrer formellement en guerre, brouillant les frontières entre conflit ouvert et actions clandestines.
Fusion civilo-militaire et guerre économique
Deux tendances structurelles s’imposent enfin dans la réflexion stratégique contemporaine.
La première est la fusion croissante entre sphères civile et militaire. Les technologies clés – intelligence artificielle, robotique, big data, cybersécurité, spatial – sont souvent développées dans le secteur civil avant d’être intégrées aux capacités de défense. Les États cherchent désormais à organiser cette convergence de manière systémique, afin de renforcer leur autonomie technologique et leur capacité de réaction en cas de crise.
La seconde est l’usage croissant de l’interdépendance économique comme arme stratégique. Contrôle des chaînes d’approvisionnement, restrictions d’exportation, sanctions financières, accès aux marchés ou aux technologies : ces leviers permettent d’exercer une pression considérable sans recourir à la force armée.
Cette “géoéconomie coercitive” remet en cause les fondements de la mondialisation telle qu’elle s’est développée depuis la fin de la guerre froide. Elle pousse de nombreux États à rechercher des solutions de repli, de diversification ou de souveraineté, au risque de nouvelles tensions et d’une fragmentation accrue du système international.
À l’aube de 2026, une certitude s’impose : la paix ne se joue plus uniquement sur les champs de bataille visibles. Elle se négocie, se fragilise ou se rompt dans les réseaux numériques, les chaînes logistiques, les infrastructures critiques et les équilibres technologiques.
Dans ce monde de confrontations diffuses et de rivalités multiples, la question n’est plus seulement de savoir où éclatera le prochain conflit, mais sous quelle forme il se manifestera – et jusqu’où il pourra s’étendre avant que les mécanismes de régulation internationaux, déjà affaiblis, ne cèdent définitivement.
Crédit photo : IA Grok
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