Charline Vanhoenacker accuse l’extrême-droite de « délit d’expression »

Capture d'écran X
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Le 15 décembre dernier, Charline Vanhoenacker était l’invitée du média Vert. Un podcast de plus d’une heure dans lequel la journaliste du service public était interrogée non pas seulement, comme le nom du média pouvait le laisser croire sur l’écologie, mais surtout sur la liberté d’expression à la française. S’il restait un doute sur les engagements à gauche de cette salariée de France Inter, les voilà tout à fait levés : Charline s’en va en guerre contre la liberté d’expression… de l’extrême-droite.

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Lanceuse d’alerte contre la montée des gaz toxiques d’extrême-droite

Le media Vert, qui a eu son heure de gloire dans l’émission La Terre au carré sur Radio France, est, selon Charline Vanhoenacker, une « poche de résistance », rien que ça. D’ailleurs, le journaliste Loup Espargilière qui interroge « la queen de la satire politique » annonce la couleur dans son introduction en hommage à sa grand-mère : il tente une plaisanterie plus que douteuse puisqu’il explique que sa Mamina avait de l’expérience, ayant, en 87 ans, « respiré le même air que Joseph Goebbels et Pascal Praud. Et il n’y a aucun lien entre ces deux personnages. Enfin, vous faites les liens que vous voulez ». Le ton est donné. Il faut dire que l’humoriste du service public se voit elle-même comme « Un canari dans la mine », selon le titre qu’elle a donné à son recueil de 80 chroniques publié en octobre dernier chez Denoël. Soit cet oiseau que les mineurs descendaient dans les mines pour les alerter des coups de grisou et de la montée des gaz toxiques.

Lanceuse d’alerte, « surveillant démocratique », elle rappelle à quel point il est important de s’informer et surtout de « bien s’informer ». Rassurez-vous, elle « chante encore et [ils sont] encore pleins de canaris dans la mine » de Radio France. Sorte de ligne Maginot des ondes puisque, elle le dit elle-même, malgré ses discours alarmants, malgré la perte de 400.000 auditeurs dans le dernier sondage Médiamétrie, France Inter reste la radio dominante. « Pour l’instant [elle n’a] pas l’impression qu’il y ait non plus trop péril en la demeure », dit-elle. Il faut dire, et on s’en doutait, « qu’à l’intérieur de Radio France, [ils sont] encore très très nombreux et même [elle] dirai[t] une majorité à vouloir tenir le bastion de l’écologie, des valeurs progressistes, de la liberté d’expression ». Pas n’importe quelle liberté d’expression, non plus, c’est évident.

Satanée liberté d’expression ! 

Alors, celle qui décrit les humoristes politiques comme « le thermomètre de la démocratie » n’en finit pas de mettre en garde dans ce podcast sur « la montée de l’extrême-droite ». D’ailleurs, pour elle « l’esprit Charlie a été grand-remplacé par l’esprit Charlie Kirk ». Pour résumer la tête d’affiche de France Inter, toutes les libertés d’expression ne se valent pas et d’ailleurs, elle dénonce ce qu’elle considère être une « méthode systématique de l’extrême droite de s’accaparer le vocable liberté d’expression et de le détourner, de le dévoyer d’une façon qui est vraiment pourrie parce que c’est vraiment la retourner comme une crêpe […] ». La liberté d’expression, oui pour Charlie Hebdo, non pour Charlie Kirk : on ne s’étonnera pas que la dame plaise autant au service public ! Elle se félicite, d’ailleurs – évidemment, c’est son fonds de commerce financé par le contribuable -, que la satire politique soit encore considérée comme un service public.

Service public qui est bien le seul à imposer un cadre et à devoir répondre à une charte alors que, c’est bien connu, « l’Arcom regarde peu les médias indépendants » ! Elle le déplore, la lutte n’est pas à arme égale : « C’est un peu compliqué quand on a un gouvernement avec en ministre de la Culture et de la Communication Rachida Dati et une extrême droite qui est dominante culturellement, qui écrase tout avec des armes, avec des bazookas et avec des armes pas toujours légales, en fait parce que la mauvaise foi, les fake news etc., c’est une espèce de rouleau compresseur. » Rassurez-vous, Charline fait de la résistance et « croyez [la] qu’[ils] résiste[nt] dans le service public ». On n’en doutait pas vraiment mais elle tient à le dire : « On résiste le plus possible mais on a une obligation de pluralisme, donc, si vous entendez un invité RN le matin, c’est une obligation, en fait. » Toujours cette satanée liberté d’expression !

« Le délit d’expression » de l’extrême-droite 

D’ailleurs, Charline trouve bien plus judicieux les médias wallons et leur cordon sanitaire autour de l’extrême droite. Ce n’est pas du tout de la censure, explique-t-elle, non, c’est du journalisme : les médias francophones belges ne donnent pas la parole en direct à l’extrême-droite, il y a « un journaliste pour modérer et contextualiser entre le fait et le public, sinon c’est le Far West », paraît-il. Sans compter les potentiels « dérapages », et que « généralement, c’est quand même l’extrême droite qui dérape, qui appelle à la haine, au rejet de l’autre, etc. » La solution est toute simple ! D’autant plus simple, d’ailleurs, que cette façon d’interroger en direct en France ces partis a profondément choqué Charline, qui ne trouvait cela « ni démocratique, ni républicain ».

D’ailleurs, c’est encore pire qu’il y a dix ans à son arrivée en France, « à l’époque où il n’y avait même pas CNews, etc.», imaginez qu’« aujourd’hui, il y a des médias d’extrême droite maintenant » !  On a beau le lui dire, pourtant, « […] tu sais Charline, ici, c’est le pays des Lumières et puis le pays de Voltaire », rien n’y fait, elle appelle ça du « délit d’expression en fait » parce que ça n’est pas « la liberté qu’ils exercent, c’est de l’impunité ». Évidemment, Voltaire peut aller se rhabiller, parce que se « battre jusqu’à la mort pour que la personne en face de toi puisse dire « A mort les Arabes ! » par exemple, c’est un concept […] ». C’est sûr, difficile d’être d’accord avec Voltaire dans ce cas précis, mais on se demande où elle a entendu pareil appel au meurtre.

Le diagnostic de Charline est sombre : « ça crève les yeux qu’on arrive à des temps très durs, où il est possible qu’on vive une vague très réactionnaire parce que, de toute façon, elle arrive de l’est à l’ouest comme deux immenses tsunamis où il va être difficile de résister ». Mais, rassurez-vous, elle « résistera ». Et compte même perdre « avec panache », même si elle le prédit : « [leur] destinée si le RN passe sera sans doute d’être privatisé ». Alors, Charline est prête à prendre le maquis de la bien-pensance et de la liberté relative. D’ailleurs, elle est dans un « mood un peu bagarre rigolard » : nous sommes sauvés !

Victoire Riquetti

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