
La France a concentré sa politique d’éducation prioritaire dans les quartiers urbains défavorisés. Aujourd’hui, les jeunes ruraux pauvres se projettent deux fois moins dans les études supérieures que les jeunes urbains pauvres. Une fracture éducative qu’il est urgent de réduire, plaide Jean-Baptiste Nouailhac, fondateur du réseau d’écoles Excellences Ruralités.
Pendant des décennies, la France a concentré l’essentiel de sa politique d’éducation prioritaire dans les quartiers urbains défavorisés ; les « Quartiers Prioritaires de la Ville » (QPV). Ce choix, bien que nécessaire, a cependant laissé dans l’ombre une autre réalité : la progression du décrochage scolaire dans les territoires ruraux. Les dernières données de l’Insee le confirment : sur les 10 départements ayant le plus fort taux de jeunes non insérés, 8 sont des départements ruraux. Et pourtant, à difficulté scolaire identique, les jeunes de ces territoires ont trois fois moins de chances de bénéficier des moyens de l’Education Prioritaire que ceux des zones urbaines. En bout de chaîne, les jeunes ruraux pauvres se projettent deux fois moins dans les études supérieures que les jeunes urbains pauvres.
Cette fracture éducative ne pose pas seulement un problème d’équité. En compromettant la réindustrialisation de notre pays, elle menace la cohésion de notre société tout entière. Chaque année, pour relever le défi de la réindustrialisation, la France devrait former 65.000 ingénieurs, elle n’en forme que 45.000. Ces 20.000 ingénieurs manquants, ce sont les jeunes ruraux qui renoncent à faire des études supérieures.
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