
Par Serge Fontalar
Nous ne cessons de le répéter qu’en République, la structurelle « question militaire » est que les intérêts de l’État et ceux de l’armée divergent. Pourtant parfois…
Dans leur rapport « Masse et haute technologie : quels équilibres pour les équipements militaires français ? », les députés du pays légal, Gassilloud et Girard, des types qui ont l’air d’en connaître un rayon mais qui, en fait, avec leur grand air de se prendre pour des pontes, viennent nous sortir cette idée de décaler le lancement du porte-avions de nouvelle génération (Pa-Ng). Ouais, ça pourrait être dans quelques années. Quelques petites années. Qu’est-ce que ça change, hein ? Et puis, Gassilloud, il vous sort que si le « tuilage » avec le Charles De Gaulle, on l’écourte un peu, ben ça pourrait passer, la chose. Ce que ça veut dire, ben c’est qu’on peut toujours trouver une excuse, une petite combine pour repousser, sans trop se mouiller et arranger le ministère des Finances, les petits hommes gris de Bercy. Et puis Girard, le voilà, qui nous balance que si on attend un peu, « ça pourrait être une opportunité », comme ça, d’en construire deux, des porte-avions. Et là, tu la vois venir, son histoire d’« européanisation », avec l’escadre européenne, l’inter-opérabilité et tout le bazar. Ah ben voilà, l’idéologie euro-progressiste qui se faufile entre les mailles de la Marine, comme un serpent de mer. La France, dans l’histoire, elle passe après l’Europe. Qu’est-ce qu’ils veulent ces députés, là, à la fin ? Qu’on brade nos intérêts militaires pour des rêveries d’Empire européen ? Ils sont où les intérêts de la Marine française là-dedans, hein ?
Puis, tout à coup, Sébastien Lecornu, le 1er juillet, il a sauvé les meubles, comme on dit. À grands coups de « maintien des compétences », pour l’industrie nucléaire, pour le militaire, vous savez, là où ça ne rigole pas. Oui, il faut garder le savoir-faire, le nucléaire militaire, c’est pas une histoire de rigolade technocratique. Il a raison, Lecornu. On n’a jamais perdu de savoir-faire dans ce domaine-là. On a perdu dans le civil, mais dans le militaire, y’a pas de débat. Et puis les réacteurs… Quatre pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, six pour les autres d’attaque et deux pour le porte-avions. Voilà, c’est juste ce qu’il faut. On garde la compétence, et ça, c’est vital.
Oui, Lecornu, il a eu l’intelligence de préserver ça. L’idéologie européiste, il l’a mise de côté, comme on jette un vieux journal. Il a pas l’air mais, lui, c’est un vrai, un gars qui sait ce que c’est la politique. Pas comme ces clowns-là, qui se battent pour des chimères. Mais bon, on n’en est encore qu’au début du projet, hein. Rien n’est joué. Il faudra voir comment tout ça se goupille… La mise en œuvre par les industriels et la DGA, c’est pas une science exacte. C’est pas comme régler un missile stratégique M51.
https://www.actionfrancaise.net/2026/01/02/gardons-la-competence-nucleaire/
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