Le passé refuse de passer
Ce nouveau soubresaut de la Macronie à bout de souffle abuse-t-il encore quelques rêveurs égarés ? Il n’impressionne en tout cas pas Marine Le Pen, guère disposée à la mansuétude envers ce bataillon de rescapés des massacres précédents. La patronne du groupe RN à l’Assemblée a le sens de l’accueil. « Comme nous l’affirmons depuis plusieurs jours, le gouvernement sera censuré par le Rassemblement national et nos alliés de l’UDR », promet-elle, dans la lignée de ce qu’elle annonce depuis plusieurs semaines. Ça ne traînera pas. « Nous déposerons dès demain une motion de censure contre celui-ci [ce nouveau gouvernement, NDLR]. Le président de la République doit annoncer au plus vite la dissolution de l’Assemblée nationale pour permettre au peuple français de s’exprimer et de se choisir une nouvelle majorité de rupture qui, à n’en pas douter, sera dirigée par Jordan Bardella. »
Qui se réjouira, en France, de la nomination de ce gouvernement, sinon parce qu’il met fin à une situation impossible ? Qui affichera de l’enthousiasme pour Lecornu II ? Et surtout, combien de temps tiendra la nouvelle équipe ? Le passé parfois refuse de passer. Cela ne dure jamais.
L’accélération et l’optimisme de Marine Le Pen se nourrit des derniers signes positifs. Ce dimanche soir, le camp national se frottait les mains : « Félicitations à Pierre-Henri Carbonnel, candidat d’Éric Ciotti et de l’alliance RN-UDR qui a battu ce soir la candidate socialiste, soutenue par les macronistes et LFI dans la législative partielle du Tarn-et-Garonne, a écrit, dimanche soir, la même Marine Le Pen qui consacre à cette nouvelle autant de mots qu’au nouveau gouvernement. Loin de la tambouille politicienne des partis du système qui tentent par tous les moyens de retarder le retour aux urnes, les Français gardent les idées claires. L’alternance est inéluctable et rien ne pourra l’empêcher. »
Pas sûr que Lecornu II serve de rempart à une bascule qui semble chaque jour plus inéluctable que la veille. Et à l’élan d’une Marine Le Pen portée par les sondages et que rien ne semble, pour l’instant, freiner dans sa course. Le voyage de Macron restera peut-être dans les annales comme… la fuite en Égypte.
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