Une vision islamo-centrée du renouveau catholique !
Donc, selon Le Monde, les questions des jeunes catéchumènes sur le carême, parole d’évêque à l’appui, se réduiraient à des questions sur « l’horaire de rupture du jeûne » ! De même, le désir d’un engagement spirituel et moral rigoureux devient « une soif de radicalité » (avec le caractère péjoratif que ce mot a pris) : « Là encore, le mimétisme avec l’islam saute aux yeux : pour beaucoup, établir ces règles revient à tracer une frontière nette entre le licite et l’illicite. » Haram, halal !
Ce que Le Monde n’a pas vu… ni cherché
Si l’on essaie de regarder le renouveau catholique avec un peu moins d’idéologie, le premier constat objectif à faire est que ce renouveau, malgré une augmentation des baptêmes à deux chiffres (+45 %, soit 18.000 environ), est en fait modeste et limité, à l’aune de l’effondrement des baptêmes (93.000 seulement, en 2020) et de la pratique depuis quarante ans. Ces rebonds de Pâques sont très loin de rattraper la chute historique. Ils ne constituent qu’un rebond normal… Il serait plus intéressant, une fois passés les alléluias de Pâques, de regarder l’ampleur du reflux…
Non, le catholicisme n’est pas un ersatz de l’islam !
Le second constat (lié au premier), fait dans ma propre paroisse et mon entourage, c’est qu’une grande part des jeunes néo-baptisés ne vient pas de nulle part mais de familles de tradition et de culture catholiques. Ces jeunes ont donc bénéficié, même à feu doux, de cette tradition et se la sont réappropriée, de façon plus intime, au gré des événements de la vie. Disons-le tout de suite : chez eux, aucun mimétisme avec l’islam ni recherche du haram, mais une vraie spiritualité catholique !
Une recherche d’identité
Enfin, si certains de ces jeunes (et les deux tiers sont des femmes) se positionnent parfois par rapport à l’islam, c’est bien moins en termes de mimétisme qu’en opposant nettement les deux religions, après s’être armés historiquement, spirituellement et théologiquement : ils ont parfaitement intégré que les rapports à la foi, à la liberté, à la raison, à la mort, à la parole de Dieu et aux femmes sont radicalement différents dans l’islam et le catholicisme. Il y a bien ici une recherche d’identité. Qu’ils soient, dans une société déliquescente, en recherche de repères est plutôt rassurant, et qu’ils choisissent la foi catholique plutôt que le salafisme devrait réjouir même les journalistes du Monde ! En cela, malgré leur petit nombre, ils sont une espérance pour l’Église et pour la France. Joyeuses Pâques !
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