L’insoumise n’est pas la seule à utiliser l’âge de Michel Barnier comme argument politique. À gauche, plusieurs médias, personnalités et collectifs n’hésitent pas à traiter le nouveau Premier ministre de « vieux mec de droite », « vieillard de droite » ou, simplement, comme Libération, de « vieillard ».
Manque de chance pour eux, Michel Barnier est loin d’être le seul homme de la classe politique française à avoir fêté ses 73 ans en 2024. Comme lui, Jean-Louis Borloo, François Bayrou ou encore… Jean-Luc Mélenchon sont nés en 1951. N’en déplaise à Ersilia Soudais, le leader de La France insoumise a lui aussi dépassé le cap honorable des 73 ans. La députée considère-t-elle donc son chef de file comme un « dinosaure » dépassé qui ferait bien de laisser la place aux jeunes ? Que nenni. De même, il y a quelques semaines, Ersilia Soudais n’hésitait pas à soutenir la candidature au perchoir de l’Assemblée nationale d’André Chassaigne, né en 1950 et, donc, plus âgé que Michel Barnier. Serait-il, lui aussi, un « vieux dinosaure » ?
Mélenchon le visionnaire contre Barnier le retraité ?
Sur X (anciennement Twitter), nombreux sont les internautes à avoir souligné cette contradiction dans le discours de la députée de Seine-et-Marne et de ses soutiens. Parmi eux, Vincent Jeanbrun, député Les Républicains, l’interroge : « Pardon, mais quel âge a votre leader maximo Jean-Luc Mélenchon ? Ah oui, 73 ans lui aussi… Vous le traitez aussi de vieux dinosaure ? » Mais plutôt que se dédire, la députée insoumise trouve une parade : « Jean-Luc est un visionnaire qui a l’esprit jeune et qui continue d’évoluer avec son temps. C’est pourquoi il est si populaire parmi les jeunes générations », développe-t-elle. À l’inverse, « Barnier est juste un réactionnaire qui devrait prendre sa retraite. » Et à Éric Naulleau qui souligne, lui aussi, l’absurdité du raisonnement, la députée rétorque : « Peu importe qu’Éric Naulleau soit né en 1961, Jean-Luc Mélenchon sera toujours plus jeune que lui, car Éric Naulleau appartient comme Barnier à un monde dépassé. »
Autrement dit, il y aurait le bon « dinosaure », à savoir Jean-Luc Mélenchon, qui a su faire évoluer son discours en fonction du contexte politique – et de la carte électorale -, et le mauvais, Michel Barnier, seulement bon à quitter la scène politique. À croire que l’expérience ne peut être valorisée que lorsqu’on est de gauche… Évidemment, on se doute bien que l’âge n’est qu’un prétexte pour critiquer la nomination de Michel Barnier à Matignon, dont la députée insoumise semble aux antipodes du logiciel idéologique. Contacté à ce sujet, le cabinet d’Ersilia Soudais n’a pas encore pu répondre à nos sollicitations.

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