
Où sont les féministes ?
Mais où sont les féministes ? Celles qui apportaient tout leur soutien éploré à la footballeuse espagnole Jennifer Hermoso pour un baiser volé façon la Madelon. Celles qui, indignées, ont saturé les réseaux sociaux des noms d’Aylan ou encore d’Adama Traoré, dont la mort a été accidentelle et dont les dépouilles n’ont, Dieu merci, jamais été profanées.
Pourquoi Shani Louk, jeune femme très libre portant piercings, dreadlocks et tatouages – ils ont permis de la reconnaître – participant à l’une de ces rave parties dont la gauche est friande, n’a-t-elle pas droit à leur compassion ni même à une once d’attention ?
Certaines, comme Sandrine Rousseau, ont dénoncé sur X « une attaque intolérable » et « inacceptable », avec des « civils pris pour cible », mais cela ressemble à une case cochée, un passage obligé, la génuflexion oblique du député pressé, comme dirait Flaubert. Comme expliquer, sinon, qu’aucune d’entre elles, toujours si promptes à incarner leurs combats pour susciter l’émotion – Zyed et Bouna, Adama, Théo, Nahel… -, n’aient pas fait mention du prénom de cette jeune fille suppliciée ? Israël est, certes, plus loin que nos banlieues, plus loin que l’Espagne. Mais plus près que les États-Unis, alors pourquoi avoir pleuré sur le sort de George Floyd et oublier aujourd’hui Shani Louk ?
C’est sans réserve et sans complexe que certaines soutiennent l’attaque du Hamas…
D’autres, comme la militante Irène Karalis, de Révolution permanente et de l’association féministe Du pain et des roses, ne s’embarrassent même pas de ce minimum de décence. C’est sans condition, sans réserve et sans complexe, qu’elles soutiennent l’attaque du Hamas : « Après des décennies d’humiliation, les Palestiniens luttent pour reprendre leurs terres et leur dignité et montrent qu’il est possible de se battre contre Israël. Soutien à la résistance, Palestine vivra, Palestine vaincra ! », écrit, bravache, Irène Karalis sur X. Tant pis, en revanche, pour la dignité de la pauvre Shani Louk.
Pourtant, sur le site de Révolution Permanente – elle y est contributrice assidue -, Irène Karalis dénonce régulièrement les « violences sexistes et sexuelles ». Et le lundi 20 février dernier, à l’université Paris 8 (!), lors d’un « meeting féministe et antiraciste » animé par ses soins, l’actrice Adèle Haenel avait fustigé notre « gouvernement de violeurs » (BV y était). Il faudrait faire un sondage auprès des femmes, par curiosité : qui préféreraient-elles croiser un soir, seules, dans une rue sombre ? Un membre du gouvernement français ou l’un des preneurs d’otage de Shani Louk, que soutient avec tant d’emphase la tartufféministe Irène Karalis ?
Gabrielle Cluzel
https://www.bvoltaire.fr/pas-un-mot-pour-shani-louk-sus-au-tartuffeminisme/
Laisser un commentaire