
Si l’on prend note de tout ce que l’on entend sur les chaînes de radio/télévision, et de tout ce que l’on peut lire de ci, de là dans la presse écrite, une tendance semple s’imposer, en ce qui concerne la santé économique de l’Allemagne : précisément, le fait qu’elle n’est peut-être pas, ou plus, en si bonne santé que cela. Et la question qui vient tout de suite à l’esprit est : cela est-il vraiment fondé ? Et cela peut-il, va-t-il durer..
Le ministre du Travail (Hubertus Heil, membre du SPD) multiplie les visites d’entreprise et prépare des mesures au cas où le ralentissement de l’économie se transforme en crise : « Je veux que l’Allemagne puisse mettre en oeuvre du chômage partiel plus rapidement en cas de récession de l’économie », explique-t-il, car la récession est bien, non seulement « sa » crainte mais la crainte du pays tout entier, car, à en croire les chiffres, l’Allemagne produit moins de richesse : au deuxième trimestre, son PIB a perdu 0,1%. Cela signifie-t-il la fin d’une décennie dorée ?
Ce qui est certain, c’est que les exportations ont chuté, notamment (mais pas seulement) à cause des tensions entre les Etats Unis et la Chine; et même assez fortement chuté : alors que – c’est bien connu – l’Allemagne tire le principal de sa force des exportations, celles-ci ont chuté de 8% en juin 2019. Mais les tensions internationales n’expliquent pas tout, et l’économie allemande a des problèmes structurels, en particulier du côté de son industrie automobile qui a mal pris le virage de l’électrique…
Si l’économie allemande recule encore ce trimestre, le pays sera officiellement en récession et, de fait, en ce moment, la première économie européenne est à l’arrêt. La difficulté, le problème, l’inquiétude viennent de cette sourde angoisse : cela va-t-il durer ?
Le PIB a reculé légèrement : -0,1%, un recul du aux tensions économiques liées au Brexit, mais surtout la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui plombe les exportations de produits allemands.
« L’économie allemande est très ouverte, très dépendante des exportations qu’elle va faire en Europe, aux États-Unis et surtout en Asie. On a vu cette dynamique des échanges ralentir très fortement au cours des derniers mois et l’Allemagne est directement impactée », explique l’économiste Philippe Waechter.
Résultat : dans les usines, les patrons s’alarment, car les commandes sont en chute libre…
Autre son de cloche, mais qui confirme les précédents :
« On est inquiets – dit Volker Treier, porte-parole de la Chambre du Commerce et de l’Industrie -; l’affaiblissement de notre notre économie a des causes extérieures; nos entreprises sont confrontées aux conflits internationaux commerciaux, à la guerre des monnaies, aux incertitudes sur les fournitures de pétrole… »
Mais les tensions internationales n’expliquent pas tout : l’économie allemande a des problèmes structurels, en particulier soin industrie automobile qui, on l’a vu, a mal anticipé le virage de l’électrique, mais aussi, paradoxalement, sa trop grande dépendance aux exportations : ce qui fait (faisait ? ) sa force pourrait-il, demain, devenir son tendon d’Achille ?
En visite dans son fief, la Chancelière a du rassurer, sans y parvenir outre mesure :
« C’est vrai que nous entrons dans une phase difficile, mais pour le moment je ne vois pas de nécessite – enfin, je l’espère… – de prendre des mesures pour soutenir la conjoncture… »
Une explication alambiquée, et une hésitation publique qui, bien loin de rassurer, ont plutôt confirmé les craintes…
Tenons-nous donc en aux faits seuls, pour l’instant : les commandes sont en chute libre (- 8,6% sur un an, et même – 22% au 2ème trimestre pour les machines-outils, l’un des piliers traditionnels de l’économie allemande.
Conséquence : l’Allemagne rejoint les mauvais élèves de l’Europe, comme le Royaume-Uni (-0,2 de croissance au 1er trimestre) et l’Italie (O%). Même la France, où tout est très loin d’être rose, on s’en sort mieux, du moins pour l’instant : +0,2…
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