Quand l’urbanisme explique, en partie, les gilets jaunes

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 Largement soutenu par la population, le mouvement des «gilets jaunes» ne s’est cependant pas généralisé. Il y a bien eu le ralliement des dockers du Havre, de quelques centaines de lycées ou du comité Justice pour Adama Traoré, mais la grande convergence des luttes n’a pas eu lieu. Au-delà de positions sociales communes, les catégories populaires se révèlent profondément fragmentées.

Le peuple d’hier était largement – mais jamais complètement − structuré par une relative communauté de vie et par le mouvement ouvrier. Son unité a été mise à mal par le recul de la grande entreprise, l’externalisation des fonctions et le développement de la sous-traitance, la diversification des statuts de travailleurs, l’apparition de nouvelles formes d’organisation du travail. Le mouvement des « gilets jaunes » met en évidence la dimension territoriale de cet éclatement populaire. Les « gilets jaunes » se sont surtout manifestés hors des grandes métropoles, plutôt dans les anciennes terres industrielles et dans la « diagonale du vide » qui dessine la France centrale, encore agricole, celle des moyennes industries, des petites et moyennes villes.

Certes, le critère territorial ne supplante pas tous les autres, mais il compose et caractérise autant ce mouvement que la mosaïque populaire elle-même. Si cette carte est si marquée, c’est qu’elle s’emboîte avec des modes de vie, des expériences politiques et des représentations de l’avenir. Pour se mobiliser, le lieu d’habitation s’avère aussi structurant que le niveau des revenus ou le statut. Pour prendre la mesure de cette réalité des catégories populaires, la grille de lecture par le travail et le revenu ne suffit plus.

Au vu de nombreux reportages, on comprend qu’une forte proportion des « gilets jaunes » résident dans de petites et moyennes villes, qu’ils sont propriétai- res de pavillons construits il y a plus de quinze ans, difficiles à chauffer. Souvent issus d’un monde qui se souvient de la maison familiale à la campagne, beau- coup ont acheté leur logement pour se prémunir de l’avenir.

DIFFICILE ACCESSION À LA PROPRIÉTÉ

Ils ont parfois quitté la grande ville, trop chère, trop dangereuse ; ils entendaient échapper à la « cité ». Dans le jardin, le barbecue est en bonne place: le voici sur les ronds-points. Ils aspiraient à une idée du bien-vivre, mais la situation s’est révélée plus difficile, avec des services publics raréfiés et éloignés, des réseaux 4G ou la fibre optique inaccessibles, et la voiture, indispensable, de plus en plus coûteuse. La métropolisation, subie, a accentué le sentiment d’une mise à l’écart de la modernité; elle a alimenté le rejet d’une élite méprisante.

Cette histoire est bien loin de celle des habitants des ensembles construits dans les années 1960 et 1970, les logements sociaux habités majoritairement par des familles issues de l’immigration. Ce parc immobilier est important à la périphérie des métropoles, mais on le trouve aussi dans les villes moyennes d’anciennes industries. Loué, et non acheté, l’appartement bénéficie rarement d’espaces extérieurs conviviaux où, ne serait-ce que sur le balcon, on peut manger et inviter. La grillade, on n’y pense même pas… Pour ces familles, obtenir un tel logement est souvent une chance, mais rarement un choix. Les habitants des cités se savent discriminés et vivent dans des quartiers où la règle n’est pas commune : rapports délétères avec la police, services publics de moindre qualité, invisibilité généralisée, centre commercial comme substitut au marché et à la place publique, qui n’existent pas.

Pour une troisième grande catégorie populaire, celle qui vit en ville ou près des grands centres-villes, les loyers absorbent une part croissante des revenus. Elle consent d’énormes sacrifices de temps et d’argent pour rester branchée sur « une modernité » : transports en commun, em- ploi, commerces et loisirs, services pu- blics encore debout. Les services les plus socialisés sont théoriquement à leur portée et à celle de leurs enfants : universités, hôpitaux, musées et salles de concert… La précarité n’est pas que profession- nelle; elle a aussi le visage des projets immobiliers des propriétaires. L’accession à la propriété pour se sécuriser ? Dans le cœur des métropoles, elle devient hautement improbable pour les catégories populaires. Alors, ce qui reste commun, ce sont les problèmes d’argent, l’inquiétude face à l’avenir, souvent la souffrance au travail. Mais tout cela est vécu selon des perspectives divergentes en partie en fonction des lieux, voire des stratégies, de résidence.

Cette réalité éclatée du monde populaire signifie-t-elle l’impossibilité d’une unité future? L’exigence de vivre de son travail et non d’aides, la fronde contre les inégalités et les impôts injustes, l’affirmation de la dignité et du respect ont fait le socle du soutien aux « gilets jaunes ». Sans faire converger ces mondes populaires. Leur réunification ne peut se concrétiser que dans un projet porté par un discours politique d’ampleur. C’est ce qui a manqué au mois de décembre 2018.

(*) Catherine Tricot est architecte. Le titre est de nous.

Source : Le Monde 3/01/2019

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2019/01/02/quand-l-urbanisme-explique-en-partie-les-gilets-jaunes-6117616.html

Paris : le Gilet jaune Eric Drouet embarqué par les forces de l’ordre près de Concorde

Paris : le Gilet jaune Eric Drouet embarqué par les forces de l'ordre près de Concorde© Twitter, @TBonnet_RT

Selon notre reporter, la figure des Gilets jaunes Eric Drouet a été de nouveau interpellé par les forces de l’ordre à Paris, près de Concorde, alors qu’il participait à une mobilisation.

Ce soir du 2 janvier, des Gilets jaunes se sont réunis aux abords de la place Concorde de la capitale française, répondant à un appel sur Facebook lancé par la page @Gilet.jaune.france.fr. 

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Général de Villiers : « L’Etat n’est plus au service de la Nation »

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L’ancien chef d’état-major des Armées  a donné au Figaro magazine (28.12) un entretien sur son nouveau livre Qu’est-ce qu’un chef ? Une méditation sur le besoin d’autorité et le rôle de ceux qui dirigent les autres. Interrogé par Jean-René Van der Plaetsen, il s’y exprime aussi sur la situation de la France. Non pas en politicien, mais en homme de commandement et en patriote. Nous donnons ici des extraits de cet entretien, politiquement et socialement significatifs, qu’il est intéressant de connaître. Nos lecteurs relèveront aisément les réflexions et les passages les plus saillants.  Lafautearousseau   

(…) On a le sentiment que le pays n’a plus confiance en personne aujourd’hui. Pourquoi a-t-on perdu en route cette confiance qui existait au cours des Trente Glorieuses, par exemple?

C’est l’échange entre le chef et le subordonné qui crée et installe la confiance. La confiance, c’est à mon sens le mot-clé, celui qui donne envie d’exécuter les ordres de son chef, celui qui permet l’obéissance d’amitié, car le vrai chef aime ses subordonnés et ses équipes, et il commande d’amitié. Je crois sincèrement, compte tenu de mon expérience au sein des armées, que c’est cet échange d’amitié qui génère l’obéissance active. L’adhésion l’emporte alors sur la contrainte. Or, aujourd’hui, on obéit trop souvent par contrainte et non plus par adhésion.

Le citoyen obéit à l’Etat, représenté par l’administration, et il ne comprend pas pourquoi il est ainsi accablé de nouvelles taxes, normes et tracas par une bureaucratie tatillonne. C’est l’un des maux dont souffre aujourd’hui notre pays: l’Etat n’est plus au service de la Nation, c’est la Nation qui est au service de l’Etat. Or, c’est exactement à la relation inverse qu’il faut parvenir! L’Etat, qui n’est que l’incarnation de la Nation, a certes pour mission d’ordonner et de diriger les affaires de la Cité avec une organisation (défense, sécurité justice, éducation, etc.), mais il doit le faire au service des citoyens qui forment la Nation.

Aujourd’hui, on constate qu’un fossé s’est creusé entre l’Etat et la Nation, entre ceux qui décident au sommet et ceux qui exécutent à la base. Tout le problème de l’autorité est résumé dans ce fossé grandissant. Je crois qu’il est temps de réagir pour remettre les hommes et les femmes de notre pays au centre des décisions. (…)

Justement, pensez-vous que les élites ont pris la mesure de ce que vous décrivez, notamment depuis la révolte des « gilets jaunes » ?

Le mouvement des « gilets jaunes » est une manifestation de ce que je décris dans mon livre : la délégitimation de l’autorité et le fossé qui se creuse entre le peuple et ses dirigeants. Avec les « gilets jaunes », on n’assiste pas à un mouvement social, mais à une crise sociétale. Ce n’est absolument pas la même chose et il faut en avoir bien conscience. Car on ne répond pas à une crise sociétale comme à un mouvement social. Les réponses doivent être profondes. D’autant que ces forces et mouvements qui traversent le peuple français sont aussi à l’œuvre en Europe. (…)

Dans votre livre, vous rendez un hommage appuyé au maréchal Lyautey. En quoi l’enseignement de ce chef militaire est-il toujours d’actualité ?

La lecture du Rôle social de l’officier a été pour moi un événement fondateur. Ce livre a décidé en grande partie de ma vocation militaire, car sentir l’odeur de la poudre à canon n’a jamais été mon objectif. Ce livre, que j’ai relu des dizaines de fois, répond à bien des questions que nous nous posons encore aujourd’hui. Pour Lyautey, l’officier français a un rôle social à jouer – et je partage totalement son point de vue, en ajoutant cependant la précision suivante : tout chef, quel qu’il soit, a un rôle social à remplir. Lyautey avait déjà presque tout vu ou entr’aperçu à son époque. Sur le climat social, sur le fossé existant entre les chefs et les équipes, sur le désir d’autorité, sur le besoin d’humanité, son enseignement peut nourrir notre réflexion et nous éclairer. Ainsi, par exemple, sur la crise que traduit la révolte des « gilets jaunes ». Lyautey croit au creuset national ; d’une certaine façon, les « gilets jaunes » aussi.

Quand le président de la République évoque le prochain service national universel, je veux y voir une émanation de la pensée de Lyautey. Plus le temps passe, et plus je suis convaincu que ce grand soldat avait tout compris : le rôle du chef, la diplomatie nécessaire, à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières. Il est allé jusqu’à nous proposer, comme s’il avait pressenti le problème à venir, une voie pour régler la question des migrations massives. Avant tous les autres, Lyautey a montré l’existence d’un lien entre la paix, la sécurité et le développement. Il est un modèle pour moi.

Et j’en reviens ainsi à l’exemplarité : je crois qu’il faut se choisir des modèles dans la vie. Je vois tant de gens qui ne sont « d’aucun temps ni d’aucun pays », pour reprendre la formule de Fénelon. Comment peut-on élever notre jeunesse vers les sommets si on ne lui donne pas de modèles ? Notre époque a besoin de modèles. Pas de contre-modèles. Et, puisque nous évoquons notre jeunesse, je voudrais ajouter que je suis, au fond, assez optimiste lorsque je l’observe. Car je ressens chez nos jeunes une aspiration à s’élever, à croire en un idéal, à ne pas baisser les bras, à vivre sur des bases solides. Si l’on y ajoute le désir d’unité et l’espérance en notre pays, la France pourra assumer sa vocation singulière dans le monde.

« Donnez-moi deux cents Beltrame et je vous gagne la guerre contre le terrorisme », a dit je ne sais plus quel officier. Vous qui avez été le chef d’état-major des Armées françaises, pensez-vous qu’il y ait aujourd’hui en France deux cents colonels Beltrame ?

Je suis très perplexe lorsque j’entends ce type de formule face à la complexité du phénomène terroriste. Je ne suis plus en situation de responsabilité, mais je suis persuadé que tous nos colonels sont aujourd’hui formés pour être des Beltrame. Permettez-moi de m’étonner, mais aussi, d’une certaine façon, de me réjouir : le grand public a découvert grâce à l’héroïsme magnifique du colonel Beltrame ce qui constitue le trésor de l’armée française. Croyez-vous qu’il y ait un seul de nos colonels qui ne soit pas prêt à mourir pour la France ? Ils sont formés pour cela.

Grâce au sacrifice du colonel Arnaud Beltrame, les Français ont redécouvert le don gratuit. Il leur est apparu soudain, et avec quel éclat, que la culture de vie est plus forte que la culture de mort! Il y a heureusement des hommes qui croient encore aujourd’hui au sacrifice suprême. Et, croyez-moi, les jeunes qui entrent dans l’armée possèdent cette soif d’âme, d’engagement, de don gratuit. Ils viennent chercher dans l’armée l’exemple du colonel Beltrame, et cela concerne les soldats, les sous-officiers et les officiers. Ce sont tous des colonels Beltrame en puissance parce qu’ils savent très bien, l’époque s’étant considérablement durcie, qu’ils peuvent un jour ou l’autre y laisser leur peau.

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2019/01/01/le-general-de-villiers-6117435.html

Macron face à 2019, l’année de tous les dangers – Journal du mercredi 2 janvier 2019

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Politique / Macron face à 2019, l’année de tous les dangers

Après une fin d’année 2018 aux aboies, 2019 réserve son lot d’embûches à Emmanuel Macron. Après une allocution pour la nouvelle année déconnectée de la réalité, les dossiers brûlants en cours et les nouvelles réformes devraient encore venir amincir la popularité du président… Au point que de plus en plus de commentateurs s’interrogent sur sa capacité à diriger encore la France.

International / Trump face au tournant syrien

Société / Victoire sans précédent pour Vigilance Halal

L’association Vigilance Halal assène un coup dur au business de la viande halal. Après un non respect de la tenue des livres de commande, les dérogations autorisant les abattages rituels des établissements de Seine-et-Marne ont été suspendus en appel par le tribunal administratif. Une victoire judiciaire qui annonce un véritable bouleversement pour cette pratique qui navigue dans un océan de laisser-faire.

L’actualité en bref

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Rétrospective : 2018 année Maurras [4]

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Au moment où s’achève l’année du cent-cinquantenaire de Charles Maurras, Rémi Hugues nous propose une série de quatre articles – à venir les jours suivants, « Rétrospective : 2018 année Maurras »Notre collaborateur et confrère y évoque différents aspects ou moments importants de la vie et l’oeuvre de Charles Maurras à travers les écrits fort contestables de Michel Winock, l’un des historiens organiques de la République française du XXIe siècle, « une figure dʼautorité. » Bonne lecture !  LFAR    

In Winock veritas ?

Concernant la pensée de Charles Maurras il sʼagirait plutôt de la qualifier de « judéocritique », ou si lʼon veut être « winockien » dʼanti-judaïque, cʼest-à-dire que sa pensée sʼefforce de réfuter rationnellement un système de valeurs ; quʼelle repose sur des considérations dʼordre théologico-politique au lieu dʼêtre fondée sur le racial ; quʼelle réfute non lʼessence des Juifs mais la conscience juive, bien quʼil existât des nuances à lʼintérieur de celle-ci, il suffit de se rappeler les confrontations violentes qui opposèrent, dans lʼEurope centrale et orientale des XVIe et XVIIe siècles, les sabbato-franckistes (qui donnèrent par la suite naissance aux Haskalah) au rabbinat régissant lesshttetel du Yiddishland et les kehalim de lʼEmpire russe. 

On retrouve ce primat accordé au prisme racial chez lʼhistorien libéral Augustin Thierry, qui voyait dans la Révolution française une revanche de la race gallo-romaine sur la race franque qui lʼaurait asservie à partir du baptême de Clovis. 

Indéniablement, en réduisant la personne de Maurras en un chantre coupable de lʼantisémitisme dʼÉtat que connut lʼEurope à partir du deuxième tiers du XXe siècle, Michel Winock fait état de ses obsessions. Ça crève les yeux : il éprouve une passion pour la Seconde Guerre mondiale. Il le fait ressentir pratiquement à chaque ligne. Il se sert de cette période pour tenter de convaincre son lecteur quʼil est un devoir sacré dʼêtre anti-Maurras. Car le vrai anti-Maurras, ce nʼest pas de Gaulle, cʼest Winock. 

Lʼhistorien cherche à le pousser dans ses retranchements. Pourquoi pas ? Cʼest de bonne guerre. Cʼest même ce quʼil y a de plus sain. Rien nʼest plus légitime que dʼessayer de mettre Maurras devant ses contradictions. Même dans les rangs de lʼAction Française il nʼest point lʼobjet dʼidolâtrie. Critiquer Maurras ne relève en rien du blasphème, du crime de lèse-majesté. 

Le plus affligeant cʼest que Winock, aveuglé par ses passions, nʼest pas en mesure de disposer de suffisamment de facultés cognitives pour élaborer une critique pertinente de Maurras, une critique « interne », dans le sens où seule une critique interne est performative car elle sʼappuie non pas sur un jugement de valeurs mais sur la mise en évidence dʼun dysfonctionnement de la logique interne dʼun raisonnement. La critique, « externe », développée par Winock contre Maurras reste par conséquent inefficace, superficielle, et finalement vaine. 

Car il est évidemment possible de dire que chez Maurras il y eut des erreurs qui ont été commises, par exemple en sʼattachant à évaluer lʼadéquation entre ses intentions et ses actes. Lui lʼanti-républicain rabique nʼa-t-il pas rallié la République ? Ne lʼa-t-il pas rejointe durant lʼété 1914 ? Nʼa-t-il pas fait partie de lʼUnion Sacrée, cette vaste coalition de partis politiques majoritairement républicains, qui en appela à la mobilisation générale pour le salut de la Patrie républicaine, face à une Allemagne ambitieuse et conquérante ? Au nom du « compromis nationaliste » nʼa-t-il pas trahi ses convictions les plus profondes ? Nʼa-t-il pas pactisé avec lʼennemi républicain, nʼa-t-il pas légitimé que fussent envoyés au casse-pipe ces paysans, ces ouvriers, ces artisans, ces commerçants, cette force vive de la Nation France ? Ce sont des questions qui méritent étude et réponses. 

Mais comme Winock estime que seule la Deuxième Guerre mondiale est digne dʼintérêt, il se cantonne à celle-ci, au détriment de la « Grande Guerre », qui pourtant fut dʼune importance déterminante. Quand on substitue à la raison la morale, lʼon risque dʼaccroître lʼindigence de son propos[1]

Le raisonnement de Winock ressemble plus à celui dʼun « prêtre rouge » quʼà un clerc guidé par les seules lumières de la science. Un prêtre qui, contrairement au curé exhortant ses fidèles à pratiquer lʼamour plutôt que la guerre, tend à justifier le bellicisme. Il reproche ainsi à Maurras dʼavoir voulu éviter à tout prix la guerre lorsquʼil écrit que « Maurras et les siens sʼemploient à expliquer quʼil faut éviter la guerre, parce que ce sont les Juifs et les communistes qui la veulent, pour prendre le pouvoir ». Cʼest peu ou prou une thèse partagée par Louis-Ferdinand Céline dans sa satire, publiée dans les années 1930,Bagatelles pour un massacre. Thèse condamnable sʼil en est pour les beaux esprits de la « rien-pensance ». 

Un dynamisme dialectique caractérise les effets des deux Guerres mondiales : triomphe du cosmopolitisme, dʼune part, avec la création de la Société des Nations après la 1ère, puis lʼOrganisation des Nations unies après la 2ème et cristallisation politique du sionisme dʼautre part, avec la déclaration Balfour (1917) et la naissance de lʼÉtat dʼIsraël (1948). Cosmopolitisme et sionisme vont de pair : ils signifient, en bout de course, lʼavènement de Jérusalem comme capitale dʼun monde réuni autour dʼun gouvernement unique. Jérusalem, Sion, comme « cosmo-polis », « ville-monde ». (A suivre)  

[1]  Comme le souligne le marxiste « orthodoxe » Karl Kautsky, dans Éthique et conception matérialiste de lʼhistoire (1906), « dans la science, lʼidéal moral devient une source dʼerreurs, sʼil se permet de lui prescrire ses fins », cité par Lucien Goldmann, Recherches dialectiques, Paris, Gallimard, 1959, p. 286.

Par Rémi Hugues

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2019/01/01/retrospective-2018-annee-maurras-4.html

Le Prix 2019 des Lecteurs et Amis de Présent est attribué à Jean-Marie Le Pen

554645193.jpg32 % des participants au Prix du livre des Lecteurs et Amis de Présent ont voté pour Fils de la nation, le premier tome des mémoires de Jean-Marie Le Pen.

L’idée nous était venue un matin d’octobre, lors d’un comité de rédaction, alors que nous évoquions le contenu des pages littéraires de Présent :

— Et si nous demandions à nos lecteurs de désigner le livre qui, à leurs yeux, a été le plus important, cette année ? Nous pourrions les interroger, sans opérer de pré-sélection, mais en orientant éventuellement les choix par des tribunes de collaborateurs et de proches du journal, et de lecteurs, qui expliciteraient leur soutien à tel ou tel livre.

Nos rédacteurs sont montés au créneau. Et nous vous avons invités à en faire autant, à vous exprimer en toute liberté sur vos lectures de l’année 2018 et à propos de celui des livres qui avait le plus marqué.

Le Prix a été placé sous la présidence de Maître Thierry Bouclier, avec l’obligation pour lui de veiller au respect du règlement prédéfini, règlement qui a été rappelé à plusieurs reprises dans les pages de Présent. Maître Bouclier devait également s’assurer de la sincérité du scrutin. Mission dont il s’est parfaitement acquitté.

Le choix est sans appel, et l’ordre d’arrivée ne sera pas bouleversé par d’éventuels votes expédiés tardivement.

Fils de la nation recueille plus de 32 % des suffrages ;

La France interdite, de Laurent Obertone qui, au début de la procédure de désignation, faisait jeu pratiquement égal avec le livre de Jean-Marie Le Pen, arrive en seconde position, ayant recueilli un peu plus de 15 % des votes.

Un grand nombre d’autres titres

Pour que le podium soit complet, il convient de signaler la troisième place, obtenue par Bruno Lafourcade, pour son roman L’Ivraie (9 % des voix). Concernant ce dernier livre, il s’est trouvé propulsé à cette place inattendue après que nos amis et partenaires de la revue littéraire Livr’arbitres eurent rejoint notre entreprise. Il n’est pas exclu que cette troisième place soit le fruit d’un intense lobbying (mais, pour le coup, le règlement ne l’interdisait pas). Ces votes sont en effet arrivés dans la dernière ligne droite, et battent au poteau, pour cette troisième place, l’excellent Destins français, d’Eric Zemmour. L’Ivraie est une satire très méchante, mais très juste, de l’école républicaine, et un roman extrêmement drôle, ce qui ne gâte rien.

Il convient de remarquer que vos suffrages se sont surtout dispersés sur un grand nombre d’autres titres. Citons par exemple, sans prétendre faire preuve d’exhaustivité, Un automne romain, de Michel De Jaeghere, Le Mystère Clovis, de Philippe de Villers, L’Immaculée Conception, de Michèle Reboul, Arnaud Beltrame, gendarme de France, de Christophe Carichon, Blanquer ce monstre froid, de Claude Meunier-Berthelot, Demeure, de François-Xavier Bellamy. Ces livres ont recueilli un nombre non négligeable de votes. Mais il faut citer aussi Un été avec HomèreEn terrasse avec CicéronL’Eté des quatre roisQu’est-ce qu’un chef ?Mabire (la biographie de Jean Mabire) etc.

Enfin de nombreux livres ont été défendus – et souvent bien défendus – par un ou deux lecteurs seulement. Nous avons essayé de publier un grand nombre de ces messages de soutien à tel ou tel livre, moins médiatisé que les best-sellers, qui, eux, ont assez naturellement trouvé des voix pour les porter. Mais le contenu entier dePrésent n’aurait pas suffi pour citer tous vos messages.

Une critique revenait souvent dans vos courriers : « Vous auriez dû réserver le prix à de bons livres qui, sans un coup de projecteur, ne trouveront pas leur public. » Nous comprenons cette remarque. Mais le livre de Jean-Marie Le Pen n’est-il pas un bon livre ? Et nous savons aussi les entraves apportées à sa diffusion, même s’il est vrai qu’il a su quand même trouver son public.

Le livre qui raconte nos combats et nos espérances, nos joies et nos peines, nos colères et nos passions

Toutefois, l’objectif de notre Prix du Club des Lecteurs et Amis de Présent n’est pas d’abord de révéler des talents cachés ou nouveaux, de faire des paris sur de jeunes auteurs, à la façon du prix Goncourt. Il s’agit pour nous de mettre à l’honneur le livre et la lecture et de montrer l’extraordinaire diversité des thèmes, des talents, des genres, illustrant nos valeurs. De ce point de vue, la démonstration a été parfaitement réussie. Et Jean-Marie Le Pen fait un lauréat plus que légitime ! Pour beaucoup d’entre nous, c’est le livre qui raconte nos combats et nos espérances, nos joies et nos peines, nos colères et nos passions, sur bien plus d’un demi-siècle.

Bravo, donc, à Jean-Marie Le Pen, bravo aux autres auteurs, sélectionnés par notre jury, qui est le plus beau des jurys, puisqu’il est composé, pour l’essentiel, de nos lecteurs ! Et merci à vous, lecteurs, de vous être pris massivement au jeu.

Que va-t-il se passer, maintenant ?

Conformément à notre promesse, nous publierons dix encarts publicitaires dans les pages de Présent pour Fils de la Nation, avec un bandeau : « Prix 2019 du Club des Lecteurs et Amis de Présent ».

Nous allons ensuite contacter le récipiendaire et voir dans quelle mesure nous pouvons solenniser, en sa présence, cette attribution du prix. Il est prévu un partenariat avec La Nouvelle Librairie (11 rue Médicis dans le VIe arrondissement de Paris), et avec un restaurant parisien, La Mère agitée, situé non loin de là, qui pourrait bien devenir notre Drouant à nous. Nous vous tiendrons informés de tout cela dans les pages de Présent.

Mais ce que nous souhaitons par-dessus tout c’est que, l’année prochaine, l’attribution, pour la seconde fois, de ce prix, fasse l’objet d’une plus forte mobilisation, bien au-delà du public des lecteurs de Présent. Nous espérons, forts de ce succès, que les auteurs, les maisons d’édition, les diffuseurs, les librairies amies, rejoignent notre initiative et participent plus massivement à la mise en valeur de nos « grands livres ». Ce prix a vocation à devenir un événement annuel, un rite, un rendez-vous festif, mêlant auteurs, lecteurs, éditeurs et diffuseurs.

Cette attribution du prix 2019 des Lecteurs et Amis de Présent n’est donc pas la fin d’une aventure commune, mais son commencement.

Francis Bergeron, président du CLAP
Thierry Bouclier, président du Prix du CLAP

Source cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/

Pour sortir de la crise

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À l’occasion de la traditionnelle présentation des vœux, il est judicieux de faire le point sur l’état de la nation pour dégager des perspectives de renouveau, estimant que la politique des gouvernements successifs, ces dernières années, a largement conduit à la situation d’aujourd’hui.

La France connaît une crise très grave qui confine, désormais, à une crise de régime avec son cortège de violences et de haine.

Cette crise est la conséquence de multiples facteurs :

– Crise économique, avec la politique de purge budgétaire imposée par les critères de Bruxelles, qui réduit les dépenses et les services publics, bloque les salaires et prestations sociales afin de limiter le déficit. Cette politique a conduit la Grèce au bord de la guerre civile. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les Gaulois réfractaires se révoltent. Le gouvernement de Macron-Philippe n’est pas l’auteur premier de cette politique qui a commencé réellement avec Hollande, mais certaines de ses décisions – CSG pour les retraités, réduction des APL « en même temps » que la suppression partielle de l’ISF – ont été ressenties comme de fortes injustices sociales et constituent une bévue politique sans pareille !

Il convient d’y ajouter la hausse des carburants habillée faussement en taxe écologique, sans oublier des paroles quasi méprisantes du Président, qui déclenchent le feu de brousse des gilets jaunes grâce à l’utilisation des réseaux sociaux.

– Crise identitaire, qui est le résultat de divers facteurs : dérives communautaires, terrorisme islamique, insécurité croissante, flux migratoires ininterrompus ; de nombreux manifestants estiment que les migrants, ceux enregistrés comme demandeurs d’asile, sont privilégiés par rapport aux indigène.

– Crise de confiance dans l’autorité du Président, dont les petites phrases à l’emporte-pièce suscitent de multiples réactions, hostilité, voire colère, sans oublier les péripéties des liaisons dangereuses.

La combinaison de tous ces facteurs a désarçonné le pouvoir, d’autant plus qu’il n’a pas compris le sens des événements, étant sûr de lui-même, droit dans ses bottes, fort de son élection incroyable et totale. De plus, comme il avait réussi à faire passer sa réforme de la SNCF sans coup férir en mettant hors jeu les syndicats, le gouvernement était à cent lieues de penser que la brousse allait s’enflammer et, surtout, que les manifestations allaient prendre de l’ampleur et durer.

Fallait-il lancer les cahiers de doléances pendant trois mois au risque d’entretenir des demandes de plus en plus inconciliables, voire démagogiques ?

Ne fallait-il pas, plutôt, convoquer un Grenelle afin de remettre dans le circuit ces fameux corps intermédiaires tenus en marge et méprisés par le Président ? Les événements de 1968 se sont terminés par un Grenelle, ce qui a mis fin au désordre. Mais il est vrai qu’en 1968, la France avait la maîtrise de son budget et de sa monnaie, autant de facteurs qu’elle ne maîtrise plus aujourd’hui, du moins en très grande partie.

Alors, voici ce qu’il faudrait faire : retrouver la maîtrise de notre destin et, donc, de nos décisions dans tous les domaines, maîtriser nos frontières et reformer le système de Schengen, appliquer fermement les lois de la République dans tous les quartiers et expulser tous les individus qui professent l’idéologie mortifère du salafisme, au besoin après déchéance de la nationalité. Arrêtons d’être naïfs, appliquons la tolérance zéro pour les crimes et délits en expulsant les 15.000 étrangers qui peuplent nos prisons, sans compter les binationaux. Il faut refonder l’Union européenne sur les États-nations avec application de la subsidiarité. L’Union européenne doit gérer quelques politiques, celles qui concernent le continent, la très grande majorité des compétences de la Commission doivent revenir aux États. Il faut protéger nos entreprises avec une politique industrielle et revenir aux financements des États par le système des avances des banques centrales au Trésor pour rompre le diktat des marchés et investir.

Nous avons besoin de coopération européenne, mais gardons-nous de rêvasser des chimères, nos partenaires européens sont d’abord des concurrents commerciaux qui défendent bec et ongles leurs intérêts. Nous devons retrouver l’indépendance de notre politique étrangère et, notamment, rétablir, avec vigilance, des relations de confiance avec la Russie.

Jacques Myard

http://www.bvoltaire.fr/pour-sortir-de-la-crise/

Au premier trimestre 2019, trois réformes à hauts risques : assurance-chômage, réforme de l’Etat et révision de la loi de 1905

Au premier trimestre de l’année qui s’ouvre, le gouvernement se concentrera sur trois chantiers délicats : l’assurance chômage, la réforme de l’Etat et le « toilettage » de la loi de 1905.

La réforme des institutions, abandonnée en juillet, a été repoussée après le grand débat lancé par le gouvernement pour répondre à la crise des « gilets jaunes ». Quant à la réforme des retraites, elle n’interviendra qu’au lendemain des européennes de mai 2019.

L’assurance chômage, des pistes explosives
Au menu : indemnisation des indépendants et des démissionnaires et mise en place d’un bonus-malus sur les cotisations patronales pour les entreprises qui abusent des contrats courts. Dans son document de cadrage, le gouvernement a également demandé de nouvelles économies drastiques aux syndicats et au patronat : 3 à 3,9 milliards d’euros sur trois ans. […]

La réforme de l’Etat, « la mère des batailles »
[…] Le gouvernement souhaite recourir plus largement au contrat dans le recrutement des fonctionnaires et développer la rémunération de ceux-ci au mérite. Enfin, des plans de départ volontaire seront proposés à ceux qui veulent partir, notamment les hauts fonctionnaires sans poste. […]

Réformer la loi de 1905, pour prévenir les dérives
Le chef de l’Etat est attendu sur la retouche des lois qui encadrent l’exercice des cultes, singulièrement la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. C’est la voie que semble avoir choisie le président pour répondre aux attentes concernant la régulation du culte musulman. […]

Le Monde

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/12/au-premier-trimestre-2019-trois-reformes-a-hauts-risques-assurance-chomage-reforme-de-l-etat-et-revision-de-la-loi-de-1905.html