Cet État ventripotent qui ne cesse d’enfler…

Alors  ? Rien de neuf. Après trois semaines de faux suspens, un haut fonctionnaire, ancien préfet, a succédé lundi à un haut fonctionnaire, ancien préfet, au poste de premier ministre. L’innovation tient à la promotion de son sexe : une technocrate, Élisabeth Borne, remplace un technocrate, Jean Castex. Cette continuité du modèle modère la promesse du chef de l’État d’offrir un « mandat nouveau ».

Élisabeth Borne, qui a dirigé trois ministères sous la macronie, aura pour missions de gérer la question du pouvoir d’achat, la réforme des retraites, la « planification écologique » en vue d’une neutralité carbone en 2050. Et tant pis si ce dernier objectif est le plus absurde : François Gervais rappelle (1), chiffres du Giec à l’appui, que la coûteuse décarbonation de la France contribuera à réduire la température sur terre « d’un demi-millième de degré ». Borne imposera la décision d’en haut.

La France dirigiste de Macron s’est éloignée de la « start-up nation » promise lors du premier mandat. L’envahissement de l’État dans tous les rouages de la société est une régression que va poursuivre le président. Il s’est déjà persuadé d’avoir admirablement géré la crise sanitaire, au prix d’un interventionnisme public dispendieux dont chaque Français devra répondre fiscalement. Il envisagerait cette fois un gel des loyers, voire un blocage des prix. Le choix d’un premier ministre réputé compétent, mais transparent et aux ordres, vient conforter le pouvoir personnel du chef de l’État et la fiction d’un gouvernement qui « détermine et conduit la politique de la nation ». Les premiers mots de Borne auront été pour s’adresser « à toutes les petites filles en leur disant : allez au bout de vos rêves ». En réalité, le rêve n’a pas sa place dans l’univers corseté de l’État autoritaire et omnipotent.

Un mot à disparu du vocabulaire de la macronie : libéralisme. Le terme n’est plus guère utilisé, non plus, dans la droite acquise au centralisme et aux plans quinquennaux. (La suite du bloc-notes sur Le Figaro)

(1) Impasses climatiques, L’Artilleur (sortie le 1 er juin)

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