Trois questions à Bruno Mégret

Francis Bergeron :  Vous avez apporté votre soutien à Eric Zemmour. Est-ce l’homme, sa capacité à faire travailler ensemble des talents divers ou son programme qui vous séduit essentiellement ?

A vrai dire, rien de tout cela. Ce qui m’a amené à soutenir Eric Zemmour, c’est essentiellement la conscience qui est la sienne des réalités géopolitiques du monde d’aujourd’hui. Car, comme lui, je crois que nous vivons maintenant dans un monde multi- polaire où s’affrontent les civilisations.

Or, la nôtre, la civilisation européenne et chrétienne, est aujourd’hui attaquée par d’autres civilisations. On pour- rait citer la Chine qui, avec les pays émergents, dépèce notre économie grâce au libre-échangisme mondial, ou les Etats-Unis qui polluent notre culture avec des idéologies funestes comme récemment le mouvement « woke ». Mais c’est surtout bien sûr le monde arabo- africano-musulman qui nous menace le plus gravement en cherchant à nous imposer, par une immi- gration massive et inassimilable, sa propre civilisation en lieu et place de la nôtre. Il fallait mieux faire connaître aux Français cette réalité mortifère qui me- nace notre identité. Je crois qu’il l’a fait avec talent.

Quelle est votre définition de « la vraie droite », qui justifie ce choix et fait la différence avec Marine Le Pen ?

Je ne théoriserai pas la notion de vraie droite, c’est celle qui s’oppose à la fausse droite entièrement dominée par le politiquement correct. Et, à cet égard, à mes yeux en tout cas, Eric Zemmour comme Marine Le Pen font l’un comme l’autre partie de la vraie droite. L’un et l’autre combattent le politiquement correct et défendent notre identité face au mondia- lisme. Je regrette cependant que ni l’ un ni l’autre n’explicite vraiment la nécessité, pour réaliser le grand changement qu’ils proposent, de remettre en cause l’Etat de droit, c’est-à-dire la dictature juridique que nous impose notamment le Conseil constitutionnel. Une institution qui s’érige en tribunal idéologique et bafoue la souveraineté populaire. Habitée par l’ idéologie politiquement correcte, cette juridiction n’hésite pas en effet à censurer les lois votées pourtant par les élus du peuple dès lors qu’elles ne sont pas conformes à l’idéologie du Système. Ce qui veut dire que, si le Conseil constitutionnel n’est pas remis à sa place, une bonne partie du programme de Marine Le Pen comme d’Eric Zemmour ne pourra pas être mis en œuvre. Il faudrait donc dénoncer ce gouvernement des juges et prévoir une réforme constitutionnelle qui instaure par exemple un droit d’appel des décisions du Conseil constitutionnel, donnant le dernier mot au peuple soit par un référendum soit pas un vote ultime de l’Assemblée nationale.

Si l’on en croit les sondages, la candidate du RN resterait le principal adversaire de Macron. Mais y a-t-il un risque de voir Mélenchon s’imposer à la deuxième place ? Et, dans ce cas, faut-il se préparer au « vote utile » dès le premier tour ?

Je ne crois pas que Mélenchon puisse se qualifier pour le second tour. Je pense que c’est un candidat de la vraie droite, ou si vous préférez de la droite nationale, qui sera l’adversaire de Macron. Il faudra alors que celui de Zemmour ou de Marine Le Pen qui ne sera pas qualifié se désiste clairement en faveur de l’autre et que toutes les voix se rassemblent pour battre Macron et faire triompher nos idées. 

Source : Présent 23/3/2022

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2022/03/23/trois-questions-a-bruno-megret-6372824.html

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