« Les habits élimés du post-colonialisme » par Jean-Gérard Lapacherie

Article postcolonialisme

Le post-colonialisme est ce moment qui « vient après le colonialisme », de la même manière que le postcommunisme est ce qui suit la disparition du communisme comme mode d’organisation de pays. Pourtant, la seule « postériorité » n’épuise pas le sens. Le postmoderne ne désigne pas seulement ce qui vient après le moderne, lequel n’a pas disparu, puisque de nombreux artistes, architectes, écrivains, critiques, hommes politiques, etc. s’en réclament toujours. Ce n’est pas non plus de l’antimoderne ; c’est plutôt un abandon de la téléologie qui sous-tend le grand « récit » de l’art moderne. A Montpellier, l’architecte du quartier Antigone a emprunté des éléments décoratifs à l’architecture classique et néoclassique, laquelle est tenue depuis près d’un siècle pour close ou « ringarde » et inadaptée au monde « moderne ». De la même manière, le post-colonialisme est aussi une négation de l’aire de civilisation ou culturelle d’où le colonialisme a ou aurait émergé, à savoir ce que l’on nomme l’Occident. Au XVIIIe siècle, on aurait dit du mot post-colonialisme qu’il est propre au vocabulaire de l’école. Or le post-colonialisme, ce sont aussi des romans ou des récits, de l’art, de la peinture, de la musique, de la poésie, des écrivains et des écrivaines, Ananda Devi, Nurudin Farah, Edouard Glissant, Chantal Spitz, pour ne citer que ceux-là, en un mot : des « écritures » (1). Lire la suite « « Les habits élimés du post-colonialisme » par Jean-Gérard Lapacherie »

Vers plus de 60.000 faillites d’ici juin 2021

Thierry Million, directeur des études de la société Altares, spécialiste des données d’entreprises, prévoit plus de 60.000 faillites entre juin 2020 et juin 2021.

Entre juin 2020 et juin 2021, il est probable qu’il y aura plus de 60.000 défaillances, l’économie réelle et les procédures collectives étant toujours sur un autre temps que celui des indicateurs macroéconomiques. Elles ont toujours un temps de retard sur la crise”, a-t-il déclaré aux Echos.

https://www.medias-presse.info/vers-plus-de-60-000-faillites-dici-juin-2021/123348/

14-18 l’éternel héritage (2018)

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Si la mémoire de 14-18 est bien présente, le choix élyséen de ne pas célébrer la victoire a un goût de sacrilège.

« Il est des lieux où souffle l’esprit ». La phrase, taillée pour la colline de Sion, va comme un gant à Douaumont. Là, 130 000 combattants reposent dans l’ossuaire, Français et Allemands. En contrebas s’étend le cimetière, planté de 16 000 tombes françaises. Un drapeau tricolore flotte au vent de Lorraine.

Une visite en ces lieux s’impose. Il faut y aller de préférence hors-saison, après le mois de novembre, quand le clairon s’est tu et que les badauds sont partis. En hiver, les couronnes de fleurs fanées sont blanchies de givre. Les villages « morts pour la France », ruines édentées, scintillent faiblement sous quelques centimètres de neige. Une ambiance sépulcrale règne dans la vaste forêt de Verdun. On s’émeut au bois des Caures. On se recueille aux forts de Vaux et Douaumont, sans cesse pris et repris. On frémit en songeant au lance-flamme embrasant, dantesque, les couloirs des forteresses. On s’émerveille devant l’histoire à peine croyable du commandant Raynal, envoyant, comme une dernière chance son pigeon Vaillant. On échoue aux portes de la ville-cénotaphe : Verdun. En 843, c’est là que l’empire carolingien fut partagé en trois. La cité épiscopale est dominée par sa citadelle et par les deux tours de la cathédrale Notre-Dame, mais aussi par un autre monument, moins ancien, plus massif. C’est l’escalier de la Victoire. Au sommet des 73 marches, se dresse une fière statue de guerrier, le regard tourné vers l’est. Y résonnent éternellement les paroles du fameux chant « Et Verdun la victorieuse, pousse un cri que portent là-bas les échos des bords de la Meuse. Halte-là, on ne passe pas ». Lire la suite « 14-18 l’éternel héritage (2018) »

Coronavirus : les entreprises bâillonnée

Au sommaire de cette édition :
Élisabeth Borne muselle les entreprises. À l’issue d’une réunion avec les partenaires sociaux, le ministre du travail a rendu obligatoire le port du masque dans tous les espaces clos et partagés des entreprises. Une nouvelle contrainte qui s’ajoute aux difficultés économiques.
Nous prendrons ensuite la direction de la Biélorussie. 10 jours après la réélection contesté du président Alexandre Loukachenko, les manifestations s’intensifient pour réclamer son départ. Nous ferons le point avec le rédacteur en chef du Visegrad Post, Ferenc Almassy.
Et puis, retour à la nature. Dans la réserve du Grand Barry dans la Drôme, l’association pour la protection des animaux sauvages souhaite transformer cet espace en réserve de vie sauvage.

Nous, nous avons le droit de cracher sur Voltaire. Pas eux !

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L’avis Jean-François Touzé

Optempérant aux pressions et intimidations des associations racialistes, et après de nombreuses dégradations, la Mairie de Paris vient de décider le déboulonnage d’une statue de Voltaire.
La disparition des statues de ce répugnant bonhomme Arouet, philosophe approximatif, gaucho avant l’heure, bourgeois onaniste, profiteur et cupide, ami de toutes les mauvaises causes et agitateur anti-Tradition ne serait pas, en elle même, propre à me donner des regrets. 
Seulement voilà : nous, nous aurions le droit de le remettre à sa place – et peut être même le devoir de le faire dans une optique de revitalisation française et européenne. Pas eux !
Les associations et organisations venues d’ailleurs qui s’en prennent à notre histoire, nos écrivains, nos hommes d’Etat, nos généraux peuvent toujours, si le coeur leur en dit, déboulonner leurs totems, détruire leurs emblèmes Vaudou et effacer de la surface de la terre le souvenir de leurs roitelets et potentats négriers. Chez eux !

Mali : possible coup d’Etat militaire en cours

14h37 : La situation reste toujours confuse à Bamako mais la circulation se poursuit normalement dans une partie de la capitale malienne, selon des témoins.

13h56 : Moussa Timbine, président de l’Assemblée nationale aurait aussi été arrêté dans sa résidence officielle, selon ses proches.

13h49 : Joint par la DW, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdolaye Diop, dit ne pas avoir des informations précises pour commenter les événements en cours à Bamako.

13h14 : Une colonne serait en route vers l’ORTM, la radio-télévision nationale, dont le personnel a été évacué. Le chef d’état-major de la garde nationale aurait aussi été arrêté.

13h06 : Les représentations diplomatiques recommandent à leurs ressortissants de rester à la maison. Des véhicules de la police militaire (PM) devant le département de La Défense. L’ORTM a également été évacuée pour raison de sécurité.

12h30 : Plusieurs sources dont des diplomates affirment que des tirs nourris sont entendus depuis ce matin dans la ville garnison de Kati à 15 kilomètres de Bamako. Notre correspondant à Bamako rapporte l’arrestation de hauts gradés de l’armée par le groupement d’intervention de la garde nationale.

[…]

Le fil dans son intégralité sur DW

http://www.fdesouche.com/1414465-mali-possible-coup-detat-militaire-en-cours

Notre oncle de Néandertal

Cela faisait des décennies que tes chercheurs se demandaient si l’homme de Néandertal, apparu il y a 400 000 ans et disparu il y a environ 30 000 ans dans des conditions qui ne sont toujours pas éclaircies, s’était ou non croisé avec l’Homo sapiens sapiens, c’est-à-dire l’homme (anatomiquement) moderne, avec lequel il a coexisté pendant une dizaine de milliers d’années. Cette fois-ci, le doute semble ne plus être permis. L’examen de l’ADN de 1983 individus provenant de 99 populations différentes du monde, et sa comparaison avec celui de l’homme de Néandertal (4 milliards de nucléotides provenant de trois spécimens), qui est maintenant entièrement décrypté, permettent d’affirmer que des espèces humaines aujourd’hui disparues, comme l’Homo neanderthalensis et l’Homo heidelbergensis, se sont mélangées avec nos ancêtres directs à deux reprises au moins – la première fois au Levant ou dans l’actuelle Arabie séoudite il y a environ 60 000 ans, à la fin du pléistocène, la seconde en Asie orientale il y a environ 45 000 ans – et que leur part dans l’ADN de l’homme actuel avoisine 4 %, ce qui est loin d’être négligeable. Lire la suite « Notre oncle de Néandertal »

Covid-19 : « L’enfer est pavé de bonnes intentions hygiénistes »

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Entretien de François Bousquet  avec David Boughezala

Daoud Boughezala. Vous consacrez le premier chapitre de votre essai Biopolitique du coronavirus. Télétravail, famille, patrie, aux théories complotistes qui font actuellement florès. A l’ère de la scolarité obligatoire, de l’accès gratuit au savoir et à l’information, comment expliquez-vous leur essor ? Vit-on une crise de l’esprit scientifique et rationnel moderne ?

François Bousquet. Avons-nous jamais été des agents rationnels, des animaux pourvus seulement d’une froide raison calculante ? On peut en douter. Notre imagination a toujours été très active. Le complotisme le prouve à sa manière. C’est d’abord un imaginaire folklorique, souvent sympathique, mais accolé à une sorte de délire interprétatif. Cet imaginaire a brutalement resurgi après le 11 Septembre 2001 et la seconde guerre d’Irak. Peut-être sa longue hibernation n’était-elle qu’un effet d’optique que l’avènement du Web a brisée. Internet n’a d’ailleurs pas réinventé le complot, il l’a seulement sorti de ses niches antimaçonniques, rosicruciennes, soucoupistes. Viral, le complot est devenu mondial, en haut débit et libre accès. C’est la nouveauté. Pour le reste, le complotisme répond à un besoin fondamental de l’âme humaine : l’intentionnalité. Les créationnistes parleraient de dessein intelligent, mais le dessein ici est indifféremment intelligent ou malveillant. C’est ce que Léon Poliakov a appelé d’une formule saisissante la « causalité diabolique ». À elle seule, elle illustre la permanence du miraculeux, de la pensée magique, de l’acteur tout-puissant qui met un visage sur des processus qui sans cela resteraient impersonnels. Comment détester la logique abstraite du capital ou de la mondialisation ? En lui donnant les traits de Bill Gates ! Lire la suite « Covid-19 : « L’enfer est pavé de bonnes intentions hygiénistes » »

La Guerre d’Algérie de 1954 à… 2018

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Entre provocations algériennes et repentances macroniennes, la guerre d’Algérie n’est pas terminée même si pour l’instant, elle se joue avant tout sur le terrain de la mémoire. Première victime de cette guerre mémorielle : l’honneur français.

« Maurice Audin, enfin ! », titre L’Humanité le 15 septembre dernier. Audin, mathématicien encarté au Parti communiste algérien, a été arrêté en pleine bataille d’Alger (1957) et n’a jamais reparu. Le mois dernier, Macron a reconnu la responsabilité de l’État dans sa disparition. « Crime d’État », affirme Libération.

Audin a-t-il été torturé par les paras français ? Succombé à des sévices ? Qui est responsable de sa mort ? Et qu’est-il advenu de son corps ? Autant de questions légitimes, pas encore éclaircies. Lire la suite « La Guerre d’Algérie de 1954 à… 2018 »

Éric Dupond-Moretti, maistre fauconnier

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La nomination du très médiatique avocat à la fonction de garde des Sceaux avait fait se hérisser la corporation des juges, se satisfaire l’ordre des avocats, se contenter les prisonniers dans un ramdam de casseroles et, à juste titre, se tordre le nez aux partisans du Rassemblement national.

C’est que ce ténor du barreau a une voix qui porte haut et fort. Une telle grande gueule ne peut contenir une langue de bois. Il aura beau revêtir l’habit de la fonction, ses déclarations antérieures lui colleront aux basques… pour le plus grand plaisir des observateurs du Grand Guignol politique. Après avoir été traité de misogyne, nous parierons sans trop de risques qu’il soit bientôt propulsé dans les ténèbres extérieures de la fachosphère par les minorités agissantes. Pourquoi tant de haine ? A-t-il chassé, dépecé et tanné la fourrure de l’hermine qui ornait le col de son épitoge ? Lire la suite « Éric Dupond-Moretti, maistre fauconnier »