Masques : l’information n’est pas confinée !, par Philippe Bilger

Sans doute l’angoisse que propage le coronavirus, les nombreux morts, le tour de force quotidien des personnels soignants, les services de réanimation qui poussent leurs limites, les interventions nombreuses du pouvoir – président de la République et Premier ministre -, la controverse sur les masques et l’interrogation sur l’utilité du confinement, créent-ils une atmosphère particulière qui depuis plusieurs semaines, en tout cas encore plus intensément depuis le 16 mars, conduit les médias à focaliser naturellement sur un seul sujet, à être plus suivis qu’à l’ordinaire et à passionner par des explications et des investigations dont le caractère technique aurait pu être rébarbatif.

Je songe surtout à la discussion qui ne cesse pas sur le manque de masques (avec le stock pléthorique abandonné en 2011 et en 2013), sur les responsabilités des uns et des autres, notamment pour la période du mois de janvier au mois de mars de cette année qui pour un esprit s’espérant honnête montrait les efforts du gouvernement et des services administratifs et médicaux compétents pour combler la pénurie. On n’avait plus de masques, on poussait les feux pour en fabriquer le plus possible.

Chaque jour l’information apportait une nouvelle pierre à cette incroyable polémique au point que mon billet du 2 avril au matin, duquel je n’avais pourtant rien à retirer, était peut-être trop optimiste à cause de ce que je pouvais lire dans l’après-midi de cette même journée.

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La crise de 2008 a profité à l’Asie (petit rappel pour comprendre 2020)

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Le texte ci-dessous a été écrit et publié en octobre 2008, et il ne me semble pas incongru de le republier aujourd’hui, pour entretenir la mémoire et en tirer quelques leçons, au regard de la crise actuelle qui voit désormais la Chine tirer bénéfice d’une situation qu’elle n’a pas entièrement créée même si elle en porte une part de responsabilité indéniable. Après 2008, la mondialisation a continué et s’est même accélérée, et la Chine a conforté ses positions, aidée en cela par l’irresponsabilité ou la cupidité des actionnaires et de nombre de multinationales qui ne raisonnent qu’en termes « d’avantages comparatifs » : les conséquences sont là, et nous pouvons les mesurer (les masques et le matériel médical qui manquent en France, puisque désormais fabriqués en Chine, par exemple), sans être bien certain, pour mon compte, que la République et les partisans de la mondialisation libérale aient la volonté réelle d’infléchir les choses et de revenir à plus de raison et, disons le mot, de « nation »…

La crise, transfert de richesses et de pouvoirs vers l’Asie. (9 octobre 2008) Lire la suite « La crise de 2008 a profité à l’Asie (petit rappel pour comprendre 2020) »

Prix des masques : les opportunistes démasqués – Pierre Bergerault

Il fallait s’y attendre, le prix des masques flambe. La production essentiellement assurée en Chine connaît une croissance exponentielle, du coup les fabricants n’oublient pas de se servir au passage. On a vu ces derniers jours les prix être multipliés par 15 voire 40.

Avant la crise du Covid-19, leur prix à l’unité ne dépassait pas 4 centimes. Il est aujourd’hui aux alentours de 60 centimes. Une hausse, que les distributeurs répercutent évidemment sur les clients, et qui s’explique par la logistique mise en œuvre. En effet, les masques destinés à approvisionner les hôpitaux empruntent désormais la voie plus coûteuse des airs  que celle de mers.

L’accès à cette denrée devenue rare devient une véritable course. La semaine dernière, plusieurs responsables français comme Renaud Muselier à Marseille ou Jean Rottner, président de la région Grand Est, ont révélé un scandale. Des acheteurs américains auraient racheté, 3 à 4 fois le prix, des masques à destination de la France sur le tarmac d’un aéroport chinois…

L’hystérie autour du marché des masques renvoie à la question des stocks, comme ceux constitués sous le quinquennat Sarkozy pour prévenir les risques liés à l’épidémie de H1N1. Stocks ensuite revendus imprudemment par le président François Hollande…

Et pour ne dépendre ni de la Chine ni des autres, l’Etat français aurait intérêt à changer de paradigme. Cette crise l’amènera peut-être, sait-on jamais, à se pencher sur la problématique de l’autosuffisance en matière de production. Ces dernières années ayant été largement orientées au bénéfice des délocalisations, vente de brevets à bas coût, vente du patrimoine industriel à des étrangers ou encore privatisation des intérêts de l’Etat. En tout cas le président Macron a déclaré que la France retrouverait son indépendance en matière de production d’ici à la fin de l’année, mais seulement concernant les masques. La route est encore longue…

Pierre Bergerault

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Toujours la quête (L’Ethique de la Reconquête), par Frédéric Poretti-Winkler.

Du héros celte combattant à demi nu au soldat chrétien d’abord nommé « miles » avant de devenir chevalier, une longue tradition s’égrène dans notre mémoire. La pureté même dans la personne de Baudouin IV, roi lépreux, reste l’exemple de la « geste des francs », tandis qu’au loin vient à nos oreilles, les sons mélodieux de la harpe de Carril : « Que ton ombre, ô Carril, soit heureuse au sein de tes tourbillons ! ». Où sont passés les récits de jadis, où errent les bardes de nos forêts profondes où les elfes bataillent les gobelins.

Gardons protégées nos forêts où les daims se reposent sur les doux tapis de mousse au clapotis des sources protégeant la Dame du lac. Laissons nos esprits s’évader dans ces mondes de chimères et merveilleux, ils nous permettent d’enchanter nos quotidiens moroses et affutent nos espérances. Les aïeux nous transmettent l’épée qu’il nous faut découvrir en nous afin d’affronter le mal qui écume le monde. Le chevalier se tourne vers la bienveillance, comme l’esprit de charité, la protection des faibles, le désintéressement. Il accomplit ses devoirs dans l’esprit de la perfection sociale : « Toi, chevalier, Droite épée en l’austère forêt, Tu vas continuer ta marche. Aussi longtemps que durent les hommes, Imperturbable, imaginaire, éternel. » (J. L. Borgès, Eloge de l’ombre)
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La France devrait connaître en 2020 sa plus forte récession depuis 1945, selon Le Maire

«Cette crise sera violente, globale et durable», a indiqué le patron de Bercy.

La France va sans doute connaître en 2020 sa pire année de récession économique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a estimé lundi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire lors d’une audition par la commission des Affaires économiques du Sénat. «Cette crise sera violente, globale et durable», a indiqué le patron de Bercy, ajoutant qu’il ne voyait pas «d’autre comparaison, en termes de choc économique» que la crise de 1929.

Le Figaro

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Nous sommes confinés pour cause de pandémie, mais ce qu’ils craignent, c’est le populisme !

Nous sommes confinés pour cause de pandémie, mais ce qu’ils craignent, c’est le populisme!

Denis Olivennes, ex-trotskiste devenu socialiste, haut fonctionnaire devenu chef d’entreprises (DG de Canal+, PDG de la FNAC, PDG de Lagardère Active, le pôle médias du groupe Lagardère, avant de devenir PDG de la société d’investissement dans les médias du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky), est une sorte d’incarnation de la “bien-pensance” arrogante. Il vient de se distinguer par ce tweet admirable.

C’est vrai. Le danger le plus évident aujourd’hui, ce n’est pas – comme un vain peuple pense – le virus, l’islam radical ou le communisme chinois. Non, bien sûr, c’est le populisme!

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Les dérives éthiques d’une médecine en plein désarroi

Les dérives éthiques d’une médecine en plein désarroi

Extrait d’un article très intéressant de Jean-Dominique Michel, MSc anthropologie médicale, expert en santé publique,qui met en évidence l’erreur épistémologique des opposants au Pr Raoult. Le principal reproche fait à l’IHU Méditerrannée-Infection, qui a mis au point le traitement combiné hydroxychloroquine + azithromycine, est de ne pas respecter les méthodologies de recherche de ce que l’on appelle Evidence-Based Medicine (EBM) :

Comme toute méthode (terme dérivé d’un mot grec signifiant « chemin »),  l’EBM a ses qualités, ses limites et ses domaines d’indication. Si elle est devenue l’idéologie dominante en matière de recherche médicale, elle souffre cependant d’un certain nombre de tares.

D’abord -et c’est quelque peu amusant- il convient de rappeler qu’elle provient avant tout de l’univers des maladies non-transmissibles. Le Pr Raoult l’a rappelé, la méthodologie en infectiologie clinique est simple comme le jour : si vous avez une substance qui s’avère, in vitro et in vivo, faire disparaître l’agent pathogène, vous êtes banco !

L’EBM a été développé pour les pathologies complexes, chroniques, non-infectieuses, pour lesquelles les choses sont beaucoup plus compliquées. Vous ne pouvez pas donner un antibiotique contre un diabète ou une maladie neurodégénérative en vous félicitant que ça cure la cause de la maladie ! Les méthodologies de recherche de l’EBM visent donc à objectiver certains traitements ou interventions thérapeutiques à large échelle, dans des situations donc où l’evidence simple est inaccessible.

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MACRON ? C’EST… « VIRUS SANS FRONTIERES ! »

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Le bloc-notes de Jean-Claude Rolinat

« Gouverner, c’est prévoir ». Toutefois, on ne peut pas accuser ce gouvernement de n’avoir passu envisager cette vaste pandémie qui a surpris tout le monde. En revanche, dès que l’ampleur du phénomène s’est révélée, d’abord en Chine, – laquelle a menti sur le nombre de personnes touchées et sur les dates de départ de l’épidémie, notamment à Wuhan -, et chez notre voisin italien, des mesures adéquates auraient dû être prises.

Or, au contraire, les autorités françaises ont traité au début ce coronavirus avec légèreté, une quasi insouciance. N’est-ce pas le président de la république lui-même qui, allant au théâtre avec madame, priait les gens d’avoir une vie normale, juste avant, quelques jours plus tard, d’inviter le peuple à se calfeutrer ? Lire la suite « MACRON ? C’EST… « VIRUS SANS FRONTIERES ! » »

La reine, elle, ne parle pas pour ne rien dire…

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La reine d’Angleterre s’est donc adressée aux Britanniques ainsi qu’aux nations du Commonwealth, ce dimanche soir, en ces temps terribles d’épidémie. Si on enlève ses vœux de Noël, c’est la quatrième fois qu’elle prend ainsi la parole depuis qu’elle est montée sur le trône : en 1991, lors de la première guerre du Golfe, en 1997, à la mort de Diana, et en 2002, à la mort de la reine mère.

D’abord, une remarque : l’ensemble des médias français, au cours de ce dimanche, ont relayé largement l’information. La reine va parler. Pourquoi la reine s’exprime-t-elle ? Que va dire la reine ? Pourquoi cette adresse de la reine est historique ? Allez, n’hésitons pas à le dire : on en a autant parlé, sinon plus, que lorsqu’on nous annonce une allocution du président de la République française. Nostalgie de la monarchie, a-t-on coutume d’entendre ici et là. Même Emmanuel Macron, durant sa campagne électorale, avait confié qu’il manquait un roi en France. À l’évidence, trois ans après, on en est au même point. Pour ne pas dire qu’on a régressé.

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