L’Assemblée nationale adopte le premier des 65 articles du projet de réforme des retraites

Au huitième jour d’examen, l’Assemblée nationale a adopté le premier des 65 articles du projet de loi de réforme des retraites, lundi 24 février, sous les applaudissements de la majorité. Entre rappels au règlement et suspensions de séance à répétition, il aura fallu 70 heures de débats pour venir à bout des quelque 2 200 amendements et sous-amendements déposés principalement par les oppositions, sur cet article qui fixe les principes généraux du futur système par points. Il a été validé par 89 voix contre 46.

France Info

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Syndicats : mais où sont passées les troupes ?

Syndicats mais où sont passées les troupes ?.jpegLe taux de syndicalisation en France est l’un des plus bas au monde. On explique cette anomalie par la faiblesse historique de notre tradition syndicale et l’inertie des grandes confédérations. Mais il faut l’inscrire dans le cadre plus large des bouleversements qui ont affecté la société occidentale depuis une trentaine d’années. À commencer par l’individualisme.

Les riches heures du syndicalisme fiançais semblent derrière lui. Comme entré dans une sorte d’hiver syndical, il connaît tout à la fois une crise d’audience, une crise du recrutement et une crise du militantisme, du moins au niveau des grandes confédérations (c’est moins vrai des syndicats autonomes, même si leur succès ne fait que souligner la crise du syndicalisme « représentatif »). On le vérifie avec les grandes grèves, qui ne touchent plus que les catégories de salariés protégés. De leur côté, les militants syndicaux sont de plus en plus âgés, de plus en plus souvent retraités, principalement composés de fonctionnaires ou de personnels à statut. C’est comme si on assistait à un épuisement du syndicalisme (à l’heure où sa nécessité se fait sentir plus que jamais), par compression des effectifs, vieillissement des cadres et blocage des appareils. Si la montée du chômage de masse, la précarité grandissante, les restructurations, la fermeture des grands bastions syndicaux, la transformation de l’appareil productif, les délocalisations expliquent en partie ce phénomène de désyndicalisation, son ampleur en France ne laisse pas de surprendre. L’exception française s’en trouve confortée. Plus intense et brutale qu’ailleurs, la désyndicalisation doit donc avoir chez nous des causes spécifiques liées à l’histoire du syndicalisme hexagonal, de création récente (la CGT en 1895, la CFTC en 1919 et FO en 1947) et profondément divisé, à la différence de ses voisins européens. Lire la suite « Syndicats : mais où sont passées les troupes ? »

Buzyn passe aux aveux

6a00d8341c715453ef0240a50e3552200b-320wi.jpgDans le Parisien du 19 février était publié un entretien révélateur, à de nombreux égards, de ce que vaut la candidature d’Agnès Buzyn à la mairie de Paris.

Entre autres fadaises plutôt ridicules, sur le thème « Candidate à Paris, j’en ai toujours rêvé », et « en même temps » elle dit avoir « dû prendre ma décision d’être candidate en 24 heures ».

Deux jours avant la publication de cet article, le député macronien de Paris Sylvain Maillard avait été interrogé par Nicolas Beytout patron de L’Opinion. Il formulait sans complexe un pronostic plus risible encore, pour ne pas dire hallucinant. Car, pour les Municipales à Paris, il ose claironner : « Buzyn va gagner, car 60 % des Parisiens ne veulent plus d’Hidalgo ! ».

Autrement dit, ces gens préemptent tranquillement cette hypothèse que quiconque est contre la gauche, votera pour eux. Lire la suite « Buzyn passe aux aveux »

Les lois de la religion sont-elles supérieures à celles de la République ?, par Gérard Leclerc.

À Mulhouse, mardi, le président de la République a énoncé un principe d’une clarté totale, afin de bien démarquer les territoires respectifs du politique et du religieux. « On ne doit jamais accepter que les lois de la religion puissent être supérieures à celles de la République. » Emmanuel Macron n’est pas le premier à proférer une telle affirmation. Elle s’adresse d’évidence à nos compatriotes musulmans dans les circonstances qui sont les nôtres

Mais son caractère général semble bien s’adresser aussi à toutes les religions. Non sans une pointe de provocation. Dans cette primauté revendiquée, n’y a-t-il pas une forme de provocation à l’égard de ceux qui croient au Ciel ? Comme si Dieu ne devait pas être premier servi, selon Jeanne d’Arc. Oui mais, dans la tradition chrétienne, la distinction du religieux et du politique a toujours été opérée, même si elle a donné lieu à des conflits incessants.

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Emmanuel Macron ou super-gourou en Pologne

Emmanuel Macron ou super-gourou en Pologne

Pour tout ce qui ne relève pas de l’économie et de l’extension du domaine du marché (révision de la loi de bioéthique), Emmanuel Macron prend ses discours pour de l’action ; et d’ailleurs il a raison, car le menteur est un homme d’action (Hannah Arendt). Mais en fait, ses discours ne sont pas des discours, ce sont des sermons. Le domaine favori d’Emmanuel Macron, c’est la prédication.

Cet aspect super-gourou a parfaitement été illustré à nouveau à l’occasion du déplacement du Président de la République en Pologne, les 3 et 4 février 2020.

Trois ingrédients :

  • D’abord, la réaffirmation de la foi (déjà relevée par Le Salon beige dans un article précédent). En deux discours (l’un dans une université, l’autre avec la communauté française en Pologne), E.Macron a prononcé 41 fois « je crois» (ou « je le crois »), dont onze fois « je crois très profondément ». C’est l’un de ses mantras favoris. Normal pour Super-gourou.
  • Ensuite, la référence papale. E.Macron a terminé ainsi son discours prononcé devant des étudiants polonais de l’université Jagellone de Cracovie (ville dont Karol Wojtyla était l’archevêque au moment de son élection à la papauté) : « Alors, n’ayez jamais peur. N’ayez jamais peur. Vous l’aimez. Faites-le. N’ayez jamais peur. « Nie bojcie sie ». N’ayez pas peur de l’Europe, de vous y engager, de porter des valeurs de liberté, de paix, de solidarité. N’ayez pas peur de regarder l’avenir la tête haute, votre avenir, notre avenir ». E.Macron, nouveau Jean-Paul II ?

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Ces mouvements fascistes qui ont choisi la résistance au nazisme

Ces mouvements fascistes qui ont choisi la résistance au nazisme.jpegDécidément, où s’arrêtera le révisionnisme ? En 1984, un livre du Club de l’Horloge posait la question. Socialisme et fascisme  une même famille ? (Albin Michel) et y répondait par l’affirmative. Tout récemment, ce sont deux universitaires, MM. Handourtzel et Buffet, qui démontrent dans un essai au titre évocateur que La collaboration… à gauche aussi (Perrin, 1989). Autant de mythes soigneusement entretenus depuis plus de 40 ans sur la prétendue non compromission de la gauche avec le fascisme qui s’effondrent. Ceci acquis, c’est à un autre montage qu’il s’agit de s’attaquer, celui de l’équation fascisme = collaboration. Des mouvements – et non seulement des individualités – classés comme fascistes ou « d’extrême droite » ayant, en Europe, durant la dernière guerre, choisi la Résistance, il n’en manque pas. Place aux faits.

Philippe Vilgier

Qui furent les premiers résistants français ? La réponse d’Alain Griotteray dans son livre 1940 : La droite était au rendez-vous (Laffont, 1985) ne laisse planer aucun doute. Ce furent des nationalistes. Lire la suite « Ces mouvements fascistes qui ont choisi la résistance au nazisme »