Trois France désormais…, qui se haïssent – Fin

Deux moments ont mis en évidence l’existence à part entière de cette deuxième France et son autonomie voire sa rupture avec le reste de la société française : les trois mois d’émeutes en 2005 ; et l’attentat de Merah en 2012, premier d’une longue série qui, de toute évidence, n’aura plus de fin.
• La troisième France est la France moyenne de souche
La troisième France est celle des Français moyens de souche européenne. Ces Français moyens blancs sont les victimes des quatre évolutions catastrophiques intervenues ces vingt dernières années.
La première évolution défavorable est la délocalisation de l’industrie dans les pays à bas-coûts, qui a fait basculer la moitié des régions françaises dans le chômage, l’assistanat et la désertification. La deuxième est l’enrichissement formidable des riches et l’augmentation de leur nombre, en France, en Europe et dans le monde, qui a notamment entraîné une envolée des prix de l’immobilier dans le centre des grandes villes, repoussant les Français moyens dans la périphérie des agglomérations. La troisième évolution défavorable est le matraquage des taxes, impôts et cotisations qui s’est fortement accru et qui pèse essentiellement sur les Français moyens, c’est-à-dire les Français qui ne sont ni riches, ni assistés, ni immigrés. La dernière évolution, la plus grave, est l’immigration massive, qui a désormais pris la dimension d’une invasion. Cette immigration de masse a notamment pour effet d’exercer une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. Elle a également contribué à repousser les Français moyens de souche dans les zones périurbaines : ces Français moyens ont donc été évincés des centre-villes par les prix et chassés des banlieues par la présence massive et désormais presqu’exclusive des immigrés.
L’événement qui vient de mettre en pleine lumière l’existence de cette troisième France, la France moyenne de souche, est le mouvement des gilets jaunes. On aura noté que les deux autres France n’ont rien de commun avec ce mouvement. La première France, qui en est la cible, lui est naturellement hostile : la classe dirigeante et ceux qui votent pour elle ont exhalé ces dernières semaines tout le mépris que leur inspirent les gilets jaunes. Quant à la France immigrée, elle est restée tout à fait étrangère aux gilets jaunes, sauf pour se charger des pillages en marge des manifestations.
Le mouvement des gilets jaunes montre avec clarté que les trois France sont désormais antagonistes et mêmes ennemies. C’est ce qui explique la haine que l’on peut sentir au sein de ce mouvement à l’égard du gouvernement et en particulier de M. Macron : les Français moyens ont désormais tout à fait conscience que la classe dirigeante ne leur veut pas du bien et agit en fonction d’intérêts qui n’ont rien à voir avec les leurs.
• Une situation de confrontation des trois France, sans débouché politique
La situation présente, qui voit les trois France être désormais en position d’antagonisme, apparaît sans débouché politique.
Le Rassemblement national est le parti qui correspond le mieux aux aspirations de la France moyenne de souche. Mais 2017 a apporté la preuve que son accession au pouvoir était impossible. Pour trois raisons. D’abord du fait de la faiblesse de son leader, qui a montré qu’elle ne possédait pas et ne posséderait jamais une stature présidentiable. Ensuite parce que les immigrés qui participent au vote seront toujours plus nombreux. Enfin et surtout parce qu’une partie importante des Français moyens de souche, à commencer par les retraités et les fonctionnaires, se refusent à voter RN afin de maintenir le statu quo et de préserver une situation qui jusqu’à présent leur convient.
L’électorat de droite est profondément divisé. Sa partie bourgeoise se sent proche de Macron, a voté pour lui en 2017 et ne veut à aucun prix d’une alliance avec le RN. L’autre partie de l’électorat de droite aspire au contraire à une alliance avec le RN, avec lequel il partage les mêmes analyses et les mêmes inquiétudes sur la question centrale de l’immigration. Mais les responsables de droite ne semblent pas disposés à envisager une telle alliance : ils misent plutôt sur un échec de Macron qui mettra la droite en bonne place pour gouverner de nouveau à la prochaine élection.
Il faut dire un mot de l’extrême-gauche. Elle se prétend, par définition, proche du peuple : en réalité, plusieurs éléments montrent que nolens volens elle se situe du côté de la classe dirigeante. L’extrême-gauche, premièrement, appuie les réformes sociétales que celle-ci conduit. Elle partage deuxièmement avec la classe dirigeante le principe de l’universalisme et appuie pour cette raison la politique immigrationniste. Comme la classe dirigeante, troisièmement, l’extrême-gauche désigne l’extrême-droite comme l’ennemi principal. Au moment des élections, elle soutient les partis du Système : soit elle appelle à « faire barrage à l’extrême-droite » ; soit elle s’abstient, comme en 2017, ce qui revient à laisser élire le candidat du Système. On peut ajouter, quatrièmement, que les casseurs d’extrême-gauche, « antifas » et autres « blacks blocks », servent les gouvernements du Système : ceux-ci peuvent ainsi, comme aujourd’hui Macron, rejeter « les extrêmes » et prendre la posture avantageuse du juste milieu.
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Trois France, donc, qui n’ont plus rien en commun, sauf le mépris et la détestation qu’elles se portent mutuellement. Trois France qui se haïssent. Trois France qui sont entrés dans une logique de guerre civile.

Trois France désormais…, qui se haïssent – partie 1

Chronique de Paysan Savoyard (n°214 – décembre 2018)
On ne sait pas quelles seront les conséquences à court et moyen terme du mouvement des gilets jaunes, sur le plan social, politique voire institutionnel. Cependant le mouvement a d’ores et déjà eu pour résultat de mettre en pleine lumière ce fait considérable : il y a désormais trois France. Ces trois France ont des intérêts antagonistes. Elles sont en confrontation. Elles sont irréductiblement ennemies.
• La première France soutient la classe dirigeante
La première France est la France de ceux qui soutiennent la classe dirigeante et la politique mondialiste, immigrationniste et libérale-libertaire qu’elle conduit depuis quatre décennies.
Cette France d’en haut est composée de trois strates. La première, dont les effectifs sont réduits à quelques centaines de personnes, est constituée de la couche dirigeante elle-même : les propriétaires des entreprises du CAC 40, des banques et des médias ; les principaux politiciens et hauts fonctionnaires ; les principaux journalistes, éditorialistes et intellectuels médiatiques.
La seconde strate est composée de tous ceux qui tirent profit des évolutions économiques intervenues ces dernières décennies, la mondialisation et la libéralisation : les cadres en premier lieu, notamment ceux des secteurs en croissance, l’économie internet, médias et publicité, nouvelles technologies… Les commerçants et professions libérales, qui profitent du pouvoir d’achat des dirigeants et des cadres, appartiennent également à cette seconde strate. Les membres de cette seconde strate appuient les politiques économiques mondialistes et libérales. Ils appuient la politique d’accueil de l’immigration. Ils appuient également les réformes sociétales mises en œuvre ces dernières décennies, telles que le mariage homosexuel, les politiques de discrimination positive ou encore la libéralisation progressive du cannabis. Ils habitent le centre des grandes agglomérations attractives. Parmi eux on trouve les fameux bobos, les bourgeois de gauche.
La troisième strate est constituée de tous ceux qui appuient la classe dirigeante par souci de maintenir l’ordre établi et de ne pas voir bouleverser une situation qui globalement leur convient. On trouve dans cette troisième strate en particulier la majorité des retraités, qui ont massivement voté Macron par souci de ne pas mettre en danger les pensions de retraite. On trouve aussi la majorité des fonctionnaires, qui là encore ont voté Macron pour préserver une situation qui les sécurise. Les membres de cette troisième strate n’appuient pas les politiques suivies avec enthousiasme, à la différence de la strate précédente. Ils ne tirent pas un profit direct de la mondialisation. Ils ne se sentent pas concernés par les réformes libertaires. Ils ne sont pas enchantés par l’immigration, à laquelle ils se résignent. Ils ont souvent un certain âge et recherche l’ordre avant tout.
Cette première France a fait bloc autour de la candidature de Macron, qui a rendu caduque la frontière traditionnelle entre gauche et droite : la bourgeoisie de gauche et la bourgeoisie de droite se sont réunies autour de Macron, le candidat de la classe bourgeoise par excellence. C’est son élection qui a le mieux mis en évidence l’existence de cette première France.
• La deuxième France est celle des immigrés
La deuxième France est constituée des immigrés. La classe dirigeante a organisé l’immigration non européenne à partir du début des années soixante, pour des raisons économiques : l’immigration permet de peser à la baisse sur les salaires et les conditions d’emploi et de travail ; elle permet également d’augmenter le nombre des consommateurs et les débouchés des entreprises. L’immigrationnisme a également une motivation idéologique : construire un monde sans frontières, peuplé de « citoyens du monde ».
Le nombre des immigrés d’origine non européenne augmente au rythme actuel d’environ 4 à 500 000 par an, addition faite des naissances (350 000), des installations régulières (200 000) et irrégulières (au moins 100 000), en déduisant les décès et les quelques départs. La population originaire de l’immigration non européenne d’ores et déjà présente sur le sol de la métropole est comprise entre 15 et 18 millions. Du fait du droit du sol et des naturalisations massives, les deux-tiers de ces immigrés, le plus souvent nés en France, possèdent la nationalité française.
Le fonctionnement hors la loi des quartiers dans lesquels ils habitent le plus souvent, le contenu des clips de rap, la montée en puissance continue de l’islam et du communautarisme, tout montre que ces immigrés ne sont pas intégrés à la société française et qu’ils n’ont jamais cherché à l’être. L’enjeu pour eux est moins que jamais de s’intégrer : ils savent que leur nombre ne cesse d’augmenter et que d’ici deux ou trois décennies ils vont devenir majoritaires.
Cette deuxième France est pour l’instant alliée à la première et appuie en toute logique la politique immigrationniste que celle-ci conduit. Lorsqu’ils votent, les immigrés appuient la classe dirigeante et pèsent déjà sur les résultats électoraux. Cependant une partie significative de la communauté immigrée est d’ores et déjà passée à une autre étape et soutient le fondamentalisme et le djihadisme.

À suivre

Délitement…

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Regarder Les Carnets de Julie à la télévision française depuis l’île Maurice donne à l’outremérien que je suis une image tellement paisible, culturellement vraie et traditionnellement intacte de la France qu’on en arriverait presque à oublier le reste…

Ce beau pays de France était, jadis, cohérent à travers un fil conducteur qui tenait ensemble tous les ingrédients qui avaient fait son histoire. Il était chrétien et le revendiquait haut et fort, il était européen et participait d’un ensemble continental uni à travers ses peuples différents, et tout cela parce que son identité était issue des cultures grecque et romaine, indispensables clés de voûte de cet édifice… Le spectre des deux guerres entre Européens a distillé dans les veines de nos dirigeants le lent et vicieux poison de l’antinationalisme à tel point qu’à la fin du siècle dernier, brandir un drapeau français ailleurs que dans un stade était devenu du plus mauvais goût politique. C’est alors qu’a commencé ce lent délitement de la France.

Aujourd’hui, tout cela me semble déjà très loin. Au fil des années de détricotage de notre identité d’origine, on nous a fait comprendre qu’être conservateur était devenu le pire crime que les tribunaux de la bien-pensance se sont chargés de punir.

Mais il était écrit quelque part que la réaction du pays réel allait, un jour ou l’autre, se charger de nous rappeler qui nous étions, d’où nous venions, mais surtout là où nous ne voulons pas aller. C’est ce qui est en train de se passer un peu partout en Europe et qui donne du poil à gratter à tous les tenants des « open societies » inodores et sans saveur si chers à George Soros. Car à travers tous ces mouvements sociopolitiques, on peut deviner non seulement ce désir d’identité retrouvée mais aussi ce conservatisme jusque-là jeté dans les poubelles.

Est-il toujours temps de redevenir conservateur ? Probablement ! Mais pour conserver quoi ? Sûrement pas le méli-mélo que nous a laissé la période post-soixante-huitarde faite de repentance morbide, d’une chrétienté plus sociale que spirituelle et d’une autorité battue en brèche par la mise au rancart des vieux qui savaient au profit des jeunes qui ne savent pas encore… La génération spontanée née de ce chambardement a ouvert en grand les vannes au tout-venant d’horizons divers. Aujourd’hui, l’identité française est tellement diluée que le maillage ne tient plus que par miracle. Il faudra donc faire un immense grand écart pour aller repêcher, conserver et rétablir les ingrédients de la grandeur passée de la France… C’est, après tout, la finalité de chaque peuple, qu’on le veuille ou non. C’est aujourd’hui à ces mêmes peuples de le rappeler à leurs dirigeants, tellement férus de mondialisme et de bruxellose qu’ils ne savent plus qui ils sont et où ils vont.

On a tellement tendu l’élastique qu’il est sur le point de rompre, et nul ne sait de quoi le demain de cette rupture sera fait.

Jean-Pierre Lenoir

http://www.bvoltaire.fr/delitement/

Résurgence du Pays Réel, effondrement du Pays Légal …

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On l’a dit – en reprenant la vieille dialectique maurrassienne : les événements que nous venons de vivre et sans-doute encore ceux qui vont suivre, peuvent s’analyser comme une résurgence du Pays Réel que l’on croyait anéanti à tort, et, sous ses coups de boutoirs, comme un effondrement parallèle du Pays Légal, élargi à toutes les composantes du Système, aujourd’hui décréditées dans leur globalité à un point, semble-il, irréversible. 

Certes, la cible principale de la révolte c’est Emmanuel Macron et, bizarrement, comme si nous étions encore en monarchie, c’est aussi son épouse Brigitte, objet de railleries et d’insultes de tous types. Il faut, pour s’en rendre compte, avoir entendu sur le vif les cris de la rue. D’aucuns se sont rappelé que, comme les Anglais et les Russes, les Français sont au propre ou au figuré un peuple régicide… Mais les sondages montrent aussi la déconfiture généralisée des partis – hormis, il est vrai, celui de Marine Le Pen. Les grands partis traditionnels sont tous autour de 10%, voire très au-dessous. Et les syndicats, donc ! Chaque fois qu’ils ont voulu entrer dans le jeu, ils ont été récusés, toute représentativité leur étant à juste titre déniée. Ils ne font plus illusion. Il n’y a plus vraiment d’organisations ouvrières. Il en est de même des parlementaires. Les nostalgiques doivent s’y faire : le  parlementarisme classique, façon XIXe ou XXe siècle, n’est plus du tout au goût du jour. C’est un archaïsme. Les journalistes, universellement décriés, n’ont pas meilleure presse… Méfiance générale à leur endroit. Finalement, ce n’est qu’avec les forces de l’ordre que, paradoxalement, les manifestants de ces derniers samedis ont eu des moments de fraternisation … 

Que peut donner une révolte populaire de type spontanéiste, sans commune substance, sauf ce qu’il lui reste d’enracinement, sans organisation, sans hiérarchie, sans conscience claire des conditions et des limites du raisonnable et du possible ? C’est une autre question. Elle est principale. 

Qu’il existe toujours un peuple français enraciné, capable de « faire société »,  au moins sous forme embryonnaire, et doué d’une faculté de réaction non-négligeable, au point de faire reculer, tanguer, capituler un État puissant mais sans légitimité vraie, est une bonne nouvelle. 

Sera-ce au point d’avoir réellement contraint – persuasion ou simple rapport de force – le président de la République à un renversement durable et complet de politique – assimilé à celui opéré par Mitterrand en 1983 –  comme le croit Éric Zemmour ? A ce dernier l’on ne peut dénier expérience, culture et flair politiques. On doute toutefois un peu lorsqu’il écrit : « Macron ne jurait que par l’Europe et le libéralisme. Depuis lundi, il s’est rabattu toute honte bue sur le national et le social.  C’est la grande victoire des gilets jaunes et de cette France périphérique qui avait été jusque-là sacrifiée à la mondialisation. C’est la grande défaite des élites qui avaient hissé Emmanuel Macron sur le pavois » Et encore : « il a été obligé de baiser la babouche de ces Gaulois réfractaires qu’il méprisait et de jeter ses armes au pied de son vainqueur. Son quinquennat est fini. En tout cas celui qu’il avait débuté triomphalement en mai 2017. » Les semaines qui viennent confirmeront-elles ou non cette analyse ? En tout cas, il est clair que ces derniers jours, le pouvoir s’en est constamment tenu aux reculades, à la repentance, aux excuses, aux concessions, aux regrets assortis d’une distribution d’espèces sonnantes et trébuchantes. En réponse aux contestataires et aux émeutiers, « Vous avez raison » a été le maître-mot du Chef de l’État et de ses ministres. En ont-ils eu réellement peur ? C’est bien possible.  

Le mouvement contestataire vient de très loin et de très profond même s’il est fait d’un peu n’importe quoi et s’il ne repose sur aucune intelligence politique structurée. Est-il fait pour durer, s’amplifier, se métamorphoser ? Nous le verrons. Dans une chronique alarmiste sur Europe 1, Jean-Michel Apathie, pour une fois lucide, a montré en tremblant comment l’État ne tient plus qu’à un fil. « Et ce fil, c’est la police« . Elle-même en colère et susceptible de retournement. Dans un entretien de haute volée avec Mathieu Bock-Côté, Alain Finkielkraut signale de son côté que le gouvernement français craint un embrasement des banlieues ! 

Emmanuel Todd, enfin, avance une analyse fine, subtile et profonde, à l’encontre d’Emmanuel Macron : son image hier charismatique et forte, s’est transmuée en celle d’un enfant. C’est désormais sous les traits d’un enfant que les Français l’envisagent. L’autorité ayant toujours plus ou moins la figure du père, Emmanuel Macron en a perdu l’apparence et sans doute la réalité. Irrémédiable déchéance ! Décidément, la coupe est pleine. De quoi demain sera-t-il fait ? Mais, en tout temps, les « remises en cause » sont suivies d’une remise en ordre. 

Vers quel type de remise en ordre, au bout du compte, cela peut-il conduire ? C’est, pour l’instant, la grande inconnue. Les nécessités françaises oscillent entre ces deux impératifs. Un peuple et un Etat. 

Il n’y aurait plus de nation française sans un Pays Réel minimum. Mais pas de France non plus sans ordre politique et social, sans autorité reconnue, sans un État rétabli, sans une action politique volontariste et nationale,  en bref, sans une incarnation agissante du Bien Commun. 

Sans-doute, dans cet esprit, comme de nombreux Français le pensent, une période « autoritaire » transitoire de reconstruction du pays serait-elle nécessaire pour affronter la situation présente. A terme, le recours au Prince, le retour au principe dynastique,  demeure la  solution optimale.  

Retrouvez l’ensemble des chroniques En deux mots (109 à ce jour) en cliquant sur le lien suivant … 

En deux mots, réflexion sur l’actualité

http://lafautearousseau.hautetfort.com/

«Le Pacte de Marrakech est un appel à la censure des médias politiquement incorrects»

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par Alexandre del Valle 

Beaucoup d’encre a déjà coulé à propos du fameux Pacte signé à Marrakech ce début de semaine par 148 pays-membres des Nations unies. Ses rédacteurs rappellent que ce texte visant à réguler des migrations plus «sûres» serait «non-contraignant». Mais rien n’empêchera ultérieurement les États signataires et les instances européennes de «judiciariser» des pans entiers dudit Pacte. Le Pacte sous-entend d’ailleurs que les États d’accueil ont le devoir d’octroyer des droits et des aides financières aux migrants «sans discriminations» (réguliers ou illégaux), ce qui revient à supprimer toute différence entre le national et l’étranger, bref, à démanteler moralement les souverainetés pourtant nominalement reconnues par les rédacteurs.

Un appel à la censure

«Encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues»

Objectif 17 du Pacte de Marrakech

Le Pacte de Marrakech incite les médias à combattre et limiter tout discours hostile à l’immigration, sous peine d’être privés de financement public par les gouvernements, eux-mêmes sommés de se soumettre à la doxa diversitaire qui transparaît du début à la fin du texte onusien. C’est ainsi que l’objectif n°17 du Pacte appelle à «éliminer toutes les formes de discrimination et encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues». Il invite ainsi les médias à s’impliquer dans un projet politico-gestionnaire en tant qu’ «acteurs» de la «Migration». Avec eux, «les milieux universitaires», «le secteur privé» ou encore les «institutions nationales de défense des droits de l’homme» (ce qui inclut les ONG qui affrètent des bateaux pro-clandestins comme l’Aquarius), sont tous appelés à combattre les idées qui ne vont pas dans le sens de l’immigrationnisme béat. Cet Objectif n°17 pousse à diaboliser les intellectuels, les journalistes et les politiques qui, dans le cadre du futur débat sur l’immigration annoncé par Emmanuel Macron notamment, afficheraient leur souci de contrôler l’immigration et a fortiori de réduire ou supprimer les aides financières croissantes accordées aux migrants clandestins que le Pacte met sur le plan que les migrants légaux.

Sur Internet aussi

Dans les mesures à mettre en œuvre pour «atteindre cet objectif», les rédacteurs du Pacte entendent «promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet». Intention dont on ne manquera pas de relever l’ironie alors que ces dernières semaines, c’est justement sur le Net qu’a été dénoncé (au départ à partir des États-Unis) ce Pacte migratoire controversé. Cette prise de conscience déplorée par les rédacteurs du Pacte a d’ailleurs déclenché une polémique dans de nombreux pays occidentaux: rétractation de l’Italie et de l’Autriche, refus de la quasi-totalité des pays d’Europe centrale et orientale, «gel» de la signature en Suisse après le référendum sur la primauté du droit national ; crise gouvernementale en Belgique (face au refus de la NVA flamande de signer le Pacte), et prudence habile du Président Macron qui a préféré ne pas s’afficher à Marrakech en y envoyant Jean-Baptiste Lemoyne. Les rédacteurs et soutiens du Pacte migratoire se sont ainsi contentés de fustiger les opposants au texte onusien sans jamais en délivrer le contenu lui-même et en s’abritant sur l’ubuesque affirmation du caractère «non-contraignant». Les rédacteurs de l’accord de Marrakech et leurs soutiens politiques sont d’ailleurs déterminés à «sensibiliser les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente». On observera que la contradiction flagrante d’un débat prétendument «objectif» sur l’immigration et d’un corps de métier journalistique «sensibilisé» à une terminologie «positive sur la Migration» ne semble pas heurter outre mesure la «sensibilité» rédactionnelle des Nations unies et des lobbies diversitaires qui soutiennent le Pacte.

Des divergences de perception quant à l’immigration seront considérées comme des manquements éthiques.

Ses rédacteurs comptent ainsi faire respecter cette «terminologie» spécifique «en instituant des normes déontologiques pour le journalisme» (et la publicité). Le mot est lâché: en parlant de «déontologie» – au mépris de celle déjà instituée en France et ailleurs – les rédacteurs entendent par conséquent mettre toute divergence de «perception» à l’égard des migrants du côté du manquement éthique et professionnel, ce qui induit la logique de sanctions corrélatives. Si en principe ces sanctions sont le fait d’une commission paritaire, le Pacte appelle officiellement les États à sanctionner les non-immigrationnistes en supprimant les subsides étatiques des médias qui «dévieraient» du message nécessairement positif sur «le Migrant»… une menace qui a d’ailleurs déjà plané sur l’hebdomadaire Valeurs actuelles à la suite d’une couverture choc montrant une femme musulmane voilée. Le petit ajout dans le texte du Pacte: «dans le plein respect de la liberté de la presse» ne trompera d’ailleurs personne, car ce droit repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression, droits soumis à des limites. La Cour européenne des droits de l’homme rend d’ailleurs régulièrement des verdicts dans des affaires où il est question de savoir si l’interférence du gouvernement – prévue par la loi – avec le droit à la liberté d’expression d’un individu est légitime ou non. Or ce que fait le Pacte, tout non-contraignant qu’il soit, c’est bien élargir les conditions de légitimité de cette interférence. La boucle est bouclée.

L’auteur, Alexandre del Valle, géopolitologue, docteur en histoire contemporaine, consultant et essayiste, est professeur de géopolitique et de relations internationales. Il vient de publier La Stratégie de l’intimidation, du terrorisme jihadiste à l’islamiquement correct (éd. L’Artilleur, mars 2018).
– Source : Le Figarovox

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/12/14/le-pacte-de-marrakech-est-un-appel-a-la-censure-des-medias-politiquement-i.html

Drame présidentiel : Revoilà Benalla ! – Journal du mercredi 26 décembre 2018

https://chaine.tvlibertes.com/widget/drame-presidentiel-revoila-benalla-journal-du-mercredi-26-decembre-2018

Politique / Drame présidentiel : revoilà Benalla !

Alexandre Benalla revient sur le devant de la scène. Après avoir secoué l’exécutif cet été, l’ancien chargé de mission
s’est rendu au Tchad quelques jours avant Emmanuel Macron. Une visite loin d’être anodine alors que la lumière n’a toujours pas été faite autour de son réel rôle auprès du chef de l’Etat.

Économie / Consommation : un Noël de la revente

Alors que la fête de Noël a résolument pris un virage consumériste depuis plusieurs décennies, de nombreux français n’hésite plus à revendre les cadeaux dont ils ne sont pas satisfait et cela dès le lendemain du 25 décembre.

Patrimoine / Mauviel : l’art de la casserole

L’actualité en bref

https://www.tvlibertes.com/drame-presidentiel-revoila-benalla-journal-du-mercredi-26-decembre-2018

Du brillant avenir d’une classe politique moribonde

par Bernis

 C’est le grand paradoxe qui va marquer l’année 2019 (voire les suivantes) lors des élections européennes, à savoir la victoire probable et écrasante du Rassemblement national (ex-Front national). Un surprenant paradoxe parce que Marine Le Pen n’est en rien la figure marquante d’une possible gouvernance aux yeux des Français et que son parti manque par ailleurs de cadres compétents pour espérer un jour exercer un quelconque pouvoir. La faute, il est vrai, en incombe à Jean-Marie Le Pen lorsqu’il a viré Bruno Mégret, suivi de tous les cadres compétents du Front national puis de sa fille Marine qui, autour du pivot de l’inverti Philippot, s’est entourée d’une bande de gitons tous plus incompétents les uns que les autres (sortie de l’Europe, retour au franc, etc.).

De sorte que le Rassemblement national bénéficie d’une réelle force de frappe militante et d’une grande faiblesse managériale. Ce qui n’est pas sans rappeler le parti communiste qui était un gueuloir maléfique – ses attitudes anti-françaises durant la guerre d’Indochine puis d’Algérie entre autres -,  et qui n’a jamais eu la moindre chance d’accéder au pouvoir. Il existe néanmoins une grande différence entre ces deux partis : les communistes étaient des staliniens intransigeants peu portés sur la démocratie quand le Rassemblement national n’a rien à emprunter d’un quelconque modèle mussolinien. Cette brave Marine Le Pen est démocrate et libérale dans l’âme. Il n’y a que le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) pour agiter cet épouvantail, mais on sait très bien que c’est pour faire mousser sa cause. Car le danger du RN est nul !

Il y a en revanche au sein des gilets jaunes qui représentent l’essence même du peuple français, une certaine humeur anti-juive (pour être antisémite, il faut être juif, dixit Bernard Franck) qui ne date pas d’aujourd’hui et qui n’a jamais débouché sur le moindre pogrom,  et un authentique ras-le-bol d’une diversité raciale exagérément mise en valeur par des élites corrompues. Car l’irritation est grande dans la France profonde, qu’ignore depuis trop longtemps nos gouvernants de droite comme de gauche, de voir ceux-ci baisser leur froc devant un CRIF qui réclame toujours plus de mesures répressives – au point de légiférer ce qui en histoire peu ou non être dit – au nom d’un antisémitisme largement fantasmé et qui trouve d’ailleurs refuge parmi les populations d’obédience islamique. Car l’extrême droite est aujourd’hui tellement éparpillée qu’elle en est devenue fantomatique.

Sauf qu’il est toujours loisible pour un Manuel Valls, hier, et un Castaner aujourd’hui, d’agiter ce chiffon rouge face à une gauche exsangue et un CRIF haletant. Le résultat des courses, c’est qu’aujourd’hui le Rassemblement national fait office de gueuloir et qu’aux prochaines élections les gilets jaunes s’y engouffreront. Ces franchouillards que la gauche bobo et insoumise, ce centre macronien stérile et cette droite émasculée prennent pour des cons.  Les cons se rebiffent !

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2018/12/26/du-brillant-avenir-d-une-classe-politique-moribonde-6115949.html

Zoom – Aristide Leucate : « L’ennemi, c’est l’islamisme »

L’essayiste Aristide Leucate nous présente son dernier ouvrage « Dictionnaire du grand épuisement français et européen ». L’auteur revient sur tous les aspects du déclin de la civilisation européenne et dénonce l’inaction de l’Union européenne face à la montée de l’islam.

Gérard Larcher faiseur de roi à droite : et si la déroute de Macron lui donnait des idées ?

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L’état de grâce médiatique de François-Xavier Bellamy aura été de courte durée. Alors qu’il était pressenti pour conduire la liste LR pour les européennes, le président du Sénat, Gérard Larcher, vient de siffler la fin de la récréation. Trop conservateur. Trop à droite. Logique : Gérard Larcher, par son parcours et son âge, est par excellence le baron de cette droite LR qui a depuis longtemps oublié ce que peut être la jeunesse, les convictions et pour qui les mots « peuple », « identité » et « conservatisme » sont des gros mots.

Que François-Xavier Bellamy se rassure. Gérard Larcher lui a rendu service. Le cadeau de Laurent Wauquiez, à la recherche d’un responsable pour la défaite de sa liste en mai, était empoisonné. Une personnalité de son envergure se serait abîmée dans cette aventure. Le président du Sénat a aussi rendu service à la recomposition à droite : la liste LR sera donc conduite par un Larcher-compatible, consensuel, transparent. Nicolas Dupont-Aignan et le Rassemblement national n’en demandent pas mieux.

Mais le président du Sénat, avec ce nouvel arbitrage, s’impose de plus en plus, au sein d’une droite où Laurent Wauquiez peine à imprimer sa marque et son autorité, comme le nouvel homme fort. Dans un parti qui est siphonné d’un côté par Emmanuel Macron, de l’autre par Nicolas Dupont-Aignan, il pourrait apparaître comme la solution, le recours. Faute de mieux, bien sûr. Pas pour conduire la liste aux européennes. Il n’a plus l’âge et le CV de concourir dans la catégorie des poids légers.

Larcher candidat de la droite aux présidentielles… Vous haussez les épaules ? Comment une telle idée ne ferait-elle pas son chemin dans certaines têtes, et peut-être la sienne ? Au moment où tout le monde s’accorde à dire que le quinquennat d’Emmanuel Macron est terminé et que, dans la gestion désastreuse de la crise des gilets jaunes, les carences de sa personnalité (sa jeunesse, son absence d’expérience d’élu local, de « rondeur ») ont pesé lourd, au moment où le Président n’ose sortir de l’Élysée et où la crise est devenue politique, comment ceux qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir, le « parti de la raison », ne songeraient-ils pas à y installer, à la place du « gamin » actuel – pour reprendre la formule de Luc Ferry -, une bonne figure paternaliste et consensuelle ? Le centre mou conserverait le pouvoir. Gérard Larcher, filloniste ayant appelé à voter Emmanuel Macron en 2017, a donné tous les gages.

Le scénario prendrait quelque consistance si Emmanuel Macron, plus ou moins contraint par les événements, venait à démissionner. Conformément à la Constitution, Gérard Larcher deviendrait président de la République par intérim. L’image rassurerait une opinion de nouveau mise sous tension avec la perspective de l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. Quant à Gérard Larcher, il pourrait vouloir réussir là où Alain Poher, il y a presque cinquante ans, avait échoué. Après tout, on ne devient jamais président du Sénat par hasard. Le printemps 2019 prendra-t-il des airs d’avril 1969 ?

Frédéric Sirgant

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